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Wilbur Smith : Rage – chapitre XVI

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À chaque fois que Moses Gama revenait à Drake’s Farm, c’était comme un roi rentrant en son royaume après une croisade victorieuse. Dans les minutes qui suivirent son arrivée, la nouvelle s’était répandue en un éclair, comme par télépathie, dans le grand township noir et tentaculaire ; les attentes qui s’en dégageaient étaient aussi palpables que des fumées issues de dix mille marmites.

Moses avait l’habitude d’arriver avec Hendrick Tabaka, son demi-frère, dans la camionnette de livraison de sa boucherie. Comme il possédait une douzaine d’étals dans les townships noirs le long des collines du Witwatersrand, le nom de la marque sur les flancs du camionnette était authentique. En lettres bleu ciel et pourpres, il était écrit :

PHUZA MUHLE BOUCHERIES

MEILLEURES VIANDES, MEILLEURS PRIX

Avec son slogan « Phuza Muhle », signifiant « Bien Manger » en langue vernaculaire, la camionnette procurait à Hendrick Tabaka une couverture parfaite partout où il allait. Que ce fût pour livrer les carcasses à ses boucheries et les morceaux découpés à ses boutiques, ou pour traiter des affaires moins conventionnelles, comme la distribution d’un breuvage brassé illégalement, la fameuse skokiaan – la dynamite des townships -, ou bien l’acheminement de ses filles sur leur lieu de travail, près des bâtiments où logeaient les milliers de contractuels noirs qui travaillaient dans les mines d’or, de façon à leur faire oublier un moment leur existence monastique, ou encore lorsqu’il faisait des courses pour l’African Mineworkers Union, puissante fraternité très soudée dont l’existence était niée par le gouvernement blanc, la camionnette bleue et rouge faisait toujours l’affaire. Quand il était au volant, Hendrick Tabaka portait une casquette de pilote à visière et une tunique kaki aux boutons de laiton bon marché. Il conduisait calmement et respectait scrupuleusement le code de la route, à telle enseigne qu’en vingt ans, il n’avait jamais été arrêté par la police.

Pour lui, entrer dans Drake’s Farm en compagnie de Moses Gama sur le siège passager, c’était rejoindre leur bastion. C’était là qu’ils s’étaient fixés lorsqu’ils arrivèrent des terres désolées du Kalahari, vingt ans auparavant. Bien qu’ils fussent de même père, ils différaient du tout au tout. Moses était jeune, grand et merveilleusement beau, tandis qu’Hendrick, bien plus âgé, avait l’allure d’un grand taureau avec son crâne chauve tailladé de cicatrices et les trous dans sa denture.

Vif et perspicace, autodidacte de haut niveau, Moses était un meneur d’hommes charismatique, alors qu’Hendrick était l’aide de camp fidèle, qui acceptait l’autorité de son cadet et exécutait ses ordres sans retard et sans pitié. Si Moses Gama avait conçu l’idée de construire un empire commercial, c’est Hendrick qui l’avait fait passer du rêve à la réalité. Une fois qu’on lui avait montré quoi faire, Hendrick Tabaka était un véritable bulldog, autant par la ténacité que par la mine.

Pour Hendrick, ce qu’ils avaient construit ensemble, leurs entreprises commerciales licites et illicites, le syndicat et son armée de cogneurs connus, dans les bâtiments des mineurs et les townships noirs, sous le nom de « buffles » – toutes ces choses étaient des fins en soi. Mais il n’en allait pas de même pour Moses Gama. Ce qu’ils avaient réalisé jusque-là n’était que la première étape de sa quête de quelque chose de si grand que, bien qu’il l’eût expliquée maintes fois à Heindrick, celui-ci ne parvenait pas vraiment à saisir l’énormité de la vision de Moses Gama.

Depuis qu’ils étaient arrivés là, il y avait vingt ans, Drake’s Farm avait entièrement changé. Au début, ce n’était qu’un petit campement de squatters, suspendu comme une tique parasite sur le corps de l’immense complexe de mines d’or qui occupaient la partie centrale du Witwatersrand. C’était, au beau milieu de l’austère savane, un regroupement de taudis misérables, faits avec des retailles de bois, des poteaux d’acacia et de vieilles plaques de tôle, de la toile cirée et du papier goudronné ; un endroit traversé d’égouts à ciel ouvert et troué de fosses d’aisance, sans eau courante ni d’électricité, sans école, ni clinique, ni protection policière, pas même reconnu comme étant un lieu d’habitation humaine par les maires blancs de Johannesbourg.

Ce ne fut qu’après la guerre que les autorités régionales du Transvaal reconnurent l’état de fait et exproprièrent les propriétaires absentéistes de ces terrains. Elles avaient fait de ces mille-deux-cents hectares de terrain un township officiel réservé aux occupants noirs, sous l’égide de la loi d’habitation séparée. Elles lui avaient conservé son nom d’origine, Drake’s Farm, pour ses connotations rappelant le vieux Johannesbourg, contrairement aux origines plus banales du nom de son voisin Soweto, qui n’était que l’acronyme de South Western Townships. Soweto logeait déjà plus d’un demi-million de noirs, soit deux fois plus que Drake’s Farm.

Les autorités, ayant ceinturé le nouveau township, avaient disposé à sa frontière des rangées monotones de petites maisons de trois pièces, toutes identiques, à l’exception d’un numéro peint au pochoir sur leur façade en parpaing. Serrées les unes et autres et séparées par d’étroites ruelles en terre battue, leurs toits plats en tôle ondulée galvanisée se reflétaient au soleil comme dix mille miroirs dans la vive lumière de la savane.

Au centre du township se tenaient les bâtiments administratifs, où, sous les ordres d’une poignée de responsables blancs, les employés noirs collectaient les loyers et réglaient les problèmes de distribution d’eau et de traitement des déchets. À côté de cette vision orwellienne d’un ordre morne et sans âme, existait toujours la Drake’s Farm des origines, avec ses taudis, des débits de boisson clandestins et ses bordels. C’était là que vivait Hendrick Tabaka.

Tandis que la camionnette roulait lentement dans la partie neuve du township, les habitants sortaient de leurs maisons pour les regarder passer. C’étaient surtout des femmes et des enfants, car les hommes partaient de bonne heure au travail en ville et n’en revenaient qu’à la nuit tombée. Dès qu’elles reconnaissaient Moses, les femmes claquaient des mains en poussant des hululements stridents, salutation réservée aux chefs de tribu, tandis que les enfants couraient à côté de la camionnette, dansant et riant, tout à leur joie d’être si près du grand homme.

Il longèrent lentement le cimetière que ses monticules de terre en désordre faisaient ressembler à une gigantesque taupinière. Sur certains monticules avaient été fichées des croix rudimentaires, sur d’autres, des drapeaux dépenaillés s’agitaient dans le vent et des offrandes sous forme de nourriture, d’ustensiles ménagers cassés et de totems étrangement sculptés, étaient déposées pour apaiser les esprits, les symboles chrétiens côtoyant ceux des animistes et des adeptes de la sorcellerie. Ils s’engouffrèrent dans le pêle-mêle de petites rues où les échoppes de féticheurs jouxtaient les étals de nourriture, de vêtements d’occasion et de radios volées. Les poules et les cochons s’étaient installés dans les ornières boueuses de la chaussée et des bambins nus, à l’exception d’un filet de perles de verroterie autour de leurs petit ventres gras, déféquaient entre les étals, tandis que de jeunes prostituées faisaient pavaner leur marchandise, dans une puanteur et un vacarme inouïs.

C’était un monde où aucun Blanc ne pénétrait jamais ; la police municipale noire y était seulement tolérée et n’y entrait pas sans invitation. Mais c’était le monde d’Hendrick Tabaka, où il possédait à l’usage de ses épouses neuf maisons de brique rouge, dont elles maintenaient délibérément l’allure miteuse et négligée pour ne pas se distinguer de la crasse environnante. Hendrick avait appris depuis longtemps à ne pas attirer l’attention sur lui et sur ses possessions matérielles. Ses neuf épouses habitaient chacune leurs propres maisons, disposées en cercle autour de celle d’Hendrick, un peu plus massive. Il ne s’était pas limité aux femmes de sa propre tribu, les Ovambos. Il en avait pris chez les Pandas, les Xhosas, les Fingos et les Basutos, mais pas chez les Zoulous. Hendrick n’aurait jamais mis une Zoulou dans son lit.

Pendant qu’il garait sa camionnette dans l’allée derrière sa maison personnelle, toutes ses épouses vinrent au devant de lui et de son célèbre frère. Leurs prosternations et leurs légers claquements de mains respectueux accompagnèrent les hommes jusqu’au salon où deux fauteuils luxueux couverts de peaux de léopard tannées étaient placés comme des trônes, au fond de la pièce. Lorsque les deux frères furent installés, les deux plus jeunes épouses leur apportèrent des pichets de bière de millet récemment brassée, épaisse comme un gruau, mais astringente, effervescente et fraîche car elle sortait du réfrigérateur à la paraffine. Quand ils se furent rafraîchis, les fils d’Hendrick vinrent saluer leur père et présenter leurs respects à leur oncle.

Ils étaient là en grand nombre, car Hendrick Tabaka était vigoureux et se reproduisait tous les ans avec toutes ses femmes. Cependant, certains aînés n’étaient pas là en ce jour. Ceux qu’Hendrick considéraient le moins avaient été renvoyés à la campagne pour s’occuper des bêtes à cornes, élément important de sa richesse. Les plus prometteurs travaillaient dans ses étals de boucherie, ses magasins et ses tavernes, mais deux d’entre eux, particulièrement doués, étaient étudiants à Fort Hare, l’université noire de la petite ville d’Alice, dans le Cap-Oriental.

Seuls les plus jeunes de la fratrie se prosternaient respectueusement devant lui, et parmi eux les deux garçons que Moses Gama voyait avec un plaisir particulier, deux jumeaux qu’Hendrick avait eu de l’une de ses épouses Xhosa, une femme d’un calibre inhabituel. Outre qu’elle était obéissante et génitrice d’enfants mâles, c’était aussi une danseuse et une chanteuse accomplie, une conteuse étonnante, un être plein de bon sens et d’intelligence doublé d’une sangoma remarquable, guérisseuse aux pouvoirs occultes qui manifestait parfois des pouvoirs inquiétants de prescience et de divination. Ses jumeaux avaient hérité de la plupart de ses dons, en plus du physique robuste de leur père et de certains traits fins que l’on retrouvait chez leur oncle Moses.

Quand ils vinrent au monde, Hendrick lui avait demandé de choisir leurs prénoms, qu’il avait trouvés dans son exemplaire gardé précieusement de l’Histoire de l’Angleterre de Macaulay. De tous ses neveux, ces deux-là étaient ses préférés. Il fit un large sourire quand ils s’agenouillèrent devant lui. Ils devaient déjà avoir treize ans, se dit-il.

« Je te vois, Welliington Tabaka », dit-il en guise de salut au premier, avant de s’adresser au suivant. « Je te vois, Raleigh Tabaka. »

Ce n’étaient pas de vrais jumeaux. Wellington était plus grand, son teint était plus clair, couleur caramel, alors que Raleigh était noir comme une mûre. Wellington avaient les mêmes traits nilotiques que ceux de Moses, ceux de Raleigh étant plus négroïdes : le nez plus épaté, la lèvre plus épaisse, le corps plus lourd et trapu.

« Quels livres avez-vous lu depuis la dernière fois que nous nous sommes vus ? » demanda Moses, passant à l’anglais. « Les mots sont des javelots, ce sont des armes pour se défendre et pour attaquer les ennemis. Les mots anglais sont ceux qui ont la lame la plus tranchante, sans eux vous seriez des guerriers désarmés », leur avait-il expliqué naguère. Il écouta attentivement leurs réponses hésitante dans cette langue.

Il remarquait toutefois des améliorations dans leur maîtrise de l’anglais et le leur fit remarquer. « Ce n’est pas fameux, mais vous apprendrez à mieux le parler à Waterford », ce à quoi les deux garçons répondirent d’un regard gêné. Moses les avait aidés à écrire leurs lettres de motivation à cette école multi-raciale d’élite, de l’autre côté de la frontière, dans le royaume noir indépendant du Swaziland. Les jumeaux ayant été admis, ils craignaient le jour prochain où ils seraient arrachés au confort de leur monde familier et envoyés dans l’inconnu. En Afrique du Sud, le système scolaire état strictement ségrégué. La ligne politique du Dr Hendrick Verwoerd, ministre des affaires bantoues, était de ne pas instruire les enfants noirs au point d’en faire des mécontents. Il avait dit avec franchise au parlement que l’instruction des noirs ne devait pas contrecarrer la politique d’apartheid, ni avoir un niveau susceptible d’éveiller chez les élèves noirs des espérances qui ne seraient jamais satisfaites. Pour un élève blanc, l’État dépensait 60 £ par an, contre 9 £ pour un élève noir. Les parents noirs qui en avaient les moyens, chefs de tribu et petits hommes d’affaire, envoyaient leurs enfants hors des frontières du pays pour y être instruits, et Waterford était un établissement couru.

Les jumeaux échappèrent avec soulagement à la présence intimidante de leur père et de leur oncle, mais leur mère les attendait dans le jardin, derrière la camionnette bleue et rouge. D’un brusque hochement de tête, elle leur ordonna de passer dans son salon privatif.

C’était un antre de sorcière où les jumeaux étaient ordinairement interdits d’accès. Ils entrèrent avec encore plus d’appréhension que chez leur père. Sur les murs, ils découvrirent les dieux et déesses de leur mère, sculptés dans le bois et revêtus de plumes, de peaux et de perles ; leurs yeux d’ivoire et de nacre et leurs crocs de chien et de babouin. Cette réunion effroyable les faisait frémir au point qu’ils n’osaient pas les regarder directement.

Devant les idoles familiales étaient déposées des offrandes de nourriture et de pièces de monnaie et, sur les autre parois, était suspendu le macabre attirail de la profession maternelle : des gourdes et des pots de terre remplis d’onguents et de remèdes ; des bottes d’herbes séchées, des peaux de serpent, des iguanes empaillés, des os et des crânes de babouin ; des bocaux remplis de graisse d’hippopotame et de lion, du musc de crocodile et autres substances sans nom qui suppuraient, bouillonnaient et puaient tant qu’ils en avaient mal aux dents.

« Vous portiez les amulettes que je vous avais données » leur demanda Kuzawa, leur mère. Elle était d’une beauté incongrue au milieu de cette hideuse collection d’ustensiles et de cécoctions impies, avec son visage rond à la peau satinée, éclairé de dents très blanches et de grands yeux de gazelle. Ses membres allongés luisaient d’onguents secrets et magiques et ses seins, sous ses colliers de perles d’ivoire et d’amulettes, étaient lourds et fermes comme des melons sauvage du Kalahari.

Trop émus pour répondre à la question, les jumeaux acquiescèrent vigoureusement de la tête et déboutonnèrent leur chemise. Les amulettes étaient suspendues à leur cou par un mince cordon de cuir. C’était des cornes de céphalophe de Grimm, une antilope naine, dont l’extrémité ouverte avait été bouchée par le la gomme arabique ; Kuzawa avait travaillé douze ans, depuis la naissance des jumeaux, à la potion magique contenue dans ces cornes. Elle était constituée de toutes les excrétions corporelles de leur père Hendrick Tabaka : il y avait des extraits de fèces et d’urine, de salive et de morve, de sueur et de sperme, de cérumen et de sang, de larmes et de vomi. Elle y avait mélangé des peaux mortes de ses plantes de pied, des rognures d’ongles, des poils de barbe, de tête et de pubis, des cils qu’elle lui avait subtilisés pendant son sommeil, ainsi que du pus et des tissus cicatriciels qu’elle avait récupérés de ses blessures. Puis elle avait ajouté des herbes et des graisses d’une efficacité prodigieuse et prononcé les incantations idoine au dessus du mélange. Pour le rendre infaillible, elle avait payé une petite fortune à un profanateur de sépulture spécialisé dans ce genre de commissions, pour qu’il lui procurât le foie d’un bébé noyé à la naissance par sa mère.

Elle avait mis toute cette mixture dans les deux petites cornes de céphalophe et ne laissait pas les jumeaux se présenter à leur père sans porter ces talismans autour du cou. Elle les leur reprit, car ils étaient bien trop précieux pour leur être laissés. Elle les soupesa dans la paume rose de ses mains fines et faites au tour, souriant à la pensée qu’ils valaient largement tout ce qu’elle y avait mis de temps, de patience et de méticuleuse pratique.

« Est-ce que votre père a souri en vous voyant ? » demanda-t-elle.

« Son sourire était comme le lever du soleil », répondit Raleigh. Kuzawa opina joyeusement du chef.

« Ses paroles ont-elles été gentilles ? » insista-t-elle. « A-t-il demandé de vos nouvelles affectueusement ? »

« Quand il nous a parlé, il ronronnait comme le lion en train de manger », murmura Wellington, encore intimidé par cet environnement. « Il nous a demandé si ça marchait bien à l’école et il nous a félicité quand nous le lui avons dit. »

« C’est le charme qui vous a obtenu cette faveur », fit Kuzawa avec un sourire satisfait. « Tant que vous le porterez, votre père vous préférera à tous ses autres enfants. »

Les deux petites cornes dans les mains, elle s’agenouilla devant la sculpture de bois qui trônait au milieu des autres fétiches, idole effrayante à crinière de lion où logeait l’esprit de son feu son grand-père.

« Gardez-les bien, ô vénérable ancêtre », susurra-t-elle en accrochant les cornes au cou de la statuette. « Qu’elles conservent leur pouvoir jusqu’à leur prochaine action ». Les amulettes étaient plus en sécurité dans son antre que dans les coffres les mieux gardés des banques de l’homme blanc. Aucun être humain n’oserait s’emparer des talismans. Seuls les plus puissantes des entités sombres oseraient pareil défi, car l’esprit de son grand-père en était le gardien absolu.

Revenant à ses enfants, elle les prit par la main pour les faire sortir de son antre et les mener dans la cuisine. À la sorcière se substitua la mère aimante quand elle franchit la porte et la referma derrière elle.

Elle leur servit à manger, remplissant leur assiette de bouillie de maïs, de flageolets au beurre et d’un ragoût nageant dans son jus délicieusement gras, mets approprié aux familles riches et puissantes. Tandis qu’ils se rassasiaient, elle les couvrait de sa tendre attention, leur posait des questions, plaisantait avec eux et remplissait à nouveau leurs assiettes, ses yeux sombres brillant d’orgueil. À contre-cœur, elle finit par les laisser partir.

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