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Culture de la Critique : L’École de Francfort et la pathologisation des loyautés non-juives (4)

Compte-rendu de la Personnalité autoritaire (suite)

De même, concernant l’affiliation religieuse, R. Nevitt Sanford nous informe au sixième chapitre que l’appartenance aux différentes églises chrétiennes va de pair avec l’ethnocentrisme et que les individus qui se sont révoltés contre leurs parents, qui ont embrassé une autre religion ou qui ont quitté toute religion, réalisent des scores d’ethnocentrisme relativement bas. Ceci s’explique par le fait que l’adhésion à la religion chrétienne est positivement corrélée « au conformisme, au manque d’originalité, à la soumission à l’autorité, à la disposition à accepter la contrainte, à la disposition à penser en termes d’endogroupes et d’exogroupes et autres dispositions semblables ; et négativement corrélée à l’anti-conformisme, à l’indépendance, à l’intériorisation morale, et ainsi de suite » (p. 220). Encore une fois, les individus qui s’identifient fortement à l’idéologie du groupe majoritaire sont décrits comme atteints de maladie mentale, bien que le judaïsme doive forcément s’accompagner, en tant que religion viable, de semblables traits psychologiques. Sirkin et Grellong ont montré que lorsque les rapports entre parents et enfants étaient dégradés dans les familles juives et que les adolescents se révoltaient, les jeunes juifs tendaient à abandonner le judaïsme et à adhérer à des sectes religieuses. La dégradation des rapports entre parents et enfants permet de prédire un faible niveau d’acceptation à l’affiliation religieuse des parents, quelle que soit la religion en question.

La deuxième partie de la Personnalité autoritaire consiste en cinq chapitres écrits par Else Frenkel-Brunswik qui présentent des résultats d’entretiens liés aux thèmes examinés dans la première partie. Bien que ces résultats soient très problématiques du point de vue de la méthode, ils mettent en évidence de façon cohérente et compréhensible les différences de vies familiales entre les individus qui se situent au bas de l’échelle de l’ethnocentrisme et ceux qui réalisent les plus hauts scores sur la même échelle. Cependant, le tableau que nous découvrons est assez différent de celui que les auteurs de la Personnalité autoritaire voulaient nous présenter. Comme le confirment les réponses aux questions ouvertes du quinzième chapitre, les données recueillies tendent fortement à montrer que ceux qui se situent en haut de l’échelle de l’ethnocentrisme sont issus de familles très fonctionnelles, adaptatives, compétentes et attentionnées. Ces individus se reconnaissent dans leurs familles en tant qu’endogroupe prototypique et semblent disposés à reproduire ce modèle familial dans leurs propres vies. Au contraire, ceux qui ont réalisé des petits scores sur cette échelle semblent avoir eu avec leurs familles des rapports marqués par l’ambivalence ou la rébellion et reconnaissent peu leur propre famille en tant qu’endogroupe.

Frenkel-Brunswik commence par examiner les différences d’attitude à l’égard des parents et les différences dans les conceptions de la famille. Les individus à préjugés « glorifient » leurs parents et voient leur famille comme un endogroupe. Les individus qui se situent au bas de l’échelle, de leur côté, sont décrits comme ayant une vision « objective » de leurs parents, accompagnée d’une affection sincère. Pour que ces interprétations fussent crédibles, Frenkel-Brunswik devait montrer que les attitudes très positives manifestée par les individus du haut de l’échelle ne consistaient pas en une affection sincère, mais n’étaient que des façades masquant une hostilité refoulée. Toutefois, comme le fait remarquer Altemeyer :

Il est au minimum possible que les parents [des individus du haut de l’échelle] aient été un peu meilleurs que la moyenne et que les rapports étroits qui sont décrits aient une explication qui repose tout simplement sur des faits et non pas sur des dynamiques psychiques » (Right-Wing Authoritarianism, p. 43).

J’irais plus loin que cet auteur en disant que les parents et les familles des individus en question étaient certainement « meilleurs » que les parents et familles des sujets du bas de l’échelle.

Le seul exemple d’affection sincère de la part d’un sujet situé au bas de l’échelle que mentionne Frenkel-Brunswik est celui d’une femme qui fait état de son désespoir d’avoir été abandonnée par son père. (Il semble que les données que nous examinerons ci-après montrent que ces situations d’abandon et d’ambivalence se retrouvent souvent chez les individus du bas de l’échelle). Ce sujet, F63, fait la remarque suivante : « Je me souviens que lorsque mon père est parti, ma mère est venue dans ma chambre et m’a dit : ‘Tu ne verras plus jamais papa’. Elle me l’a dit comme ça. J’étais folle de tristesse, je me disais que c’était de la faute de ma mère. J’ai jeté des trucs, j’ai ouvert l’armoire et j’ai tout balancé par la fenêtre, j’ai arraché les draps du lit et j’ai tout jeté contre le mur’ » (p. 346). Cet exemple montre certes un fort attachement entre père et fille, mais l’idée à retenir est que le rapport en question s’appelle abandon et non pas affection. Qui plus est, Frenkel-Brunswik affirme que certains sujets du bas de l’échelle « inhibent leur affects » à l’égard de leurs parents ; autrement dit, ils ne donnent aucune réponse émotionnelle quand il s’agit d’eux. Ceci posé, on se demande bien comment l’auteur peut prétendre que ces individus du bas de l’échelle auraient des rapports émotionnels sincèrement positifs vis-à-vis de leurs parents. Comme nous allons le voir, les données prises dans leur ensemble indiquent de très hauts niveaux d’hostilité et d’ambivalence chez les sujets du bas de l’échelle.

Else Frenkel-Brunswik

À l’opposé, les femmes situées en haut de l’échelle sont décrites comme se sentant « maltraitées » par leurs parents. Ce terme a des échos négatifs, mais ma lecture des matériaux publiés m’invite à croire que ces sujets expriment des sentiments négatifs à l’égard des punitions parentales ou de certaines injustices, mais dans le contexte d’une vie de famille globalement positive. Les rapports entre parents et enfants, comme tous les autres, peuvent être vus du point de vue de l’enfant comme contenant des éléments aussi bien positifs que négatifs, comme dans un livre de comptes en partie double. Les rapports humains en général ne sont pas susceptibles d’atteindre une perfection pour toutes les parties, à cause des divergences d’intérêts. Il s’ensuit qu’une relation parfaite du point de vue de l’un peut être vue comme étant de l’exploitation du point de vue de l’autre. Il n’en va pas autrement des relations entre parents et enfants. La définition d’une relation parfaite du point de vue de l’enfant serait déséquilibrée et ferait incontestablement pencher la balance au détriment des parents – c’est ce qu’on appelle habituellement une relation parent-enfant permissive ou laxiste.

Mon interprétation des études menées sur le terrain des interactions parents-enfants (ce point de vue est dominant) est que les enfants acceptent toujours un haut niveau de contrôle parental si leur rapport aux parents est globalement positif. La psychologie du développement emploie le terme de « style parental autoritaire » pour désigner une éducation dans laquelle l’enfant accepte le contrôle des parents dans le contexte d’un rapport aux parents positif en général. Bien que ces enfants ne se réjouissent pas toujours de cette discipline et de ces restrictions, ce style parental produit des enfants bien ajustés.

Dans ces conditions, un enfant peut très bien se plaindre de certains actes de ses parents dans le contexte de rapports familiaux globalement satisfaisants et psychologiquement, il n’y a aucun problème à supposer que l’enfant accepte d’avoir fait des besognes pénibles ou même d’avoir été rabaissée en tant que fille, sans que cela ne change son opinion de ses rapports avec ses parents, très favorable en général. Les exemples que prend Frenkel-Brunswik, décrivant des filles qui avaient une opinion très positive de leurs parents mais qui se plaignaient de certaines situations où on les forçait à faire des tâches ménagères, ou d’avoir été moins bien traitées que leurs frères, n’ont pas besoin d’être interprétés comme exprimant une hostilité refoulée.

Frenkel-Brunswik déclare qu’un tel ressentiment n’est pas « accepté par l’ego » de ces filles, remarque qui signifie à mon avis que ces filles ne considéraient pas que ce ressentiment remettait complètement en cause leur rapport à leurs parents. Voici l’exemple de ressentiment non-accepté par l’ego. F39 : Ma mère était « terriblement stricte avec moi pour tout ce qui concerne la tenue de la maison (…) J’en suis heureuse aujourd’hui, mais à l’époque je lui en voulais ». Ces femmes ne peuvent être qualifiées de malades que si l’on accepte l’interprétation psychodynamique qui veut que les rancunes normales liées au fait d’avoir été forcé de travailler sont des signes d’hostilité refoulée et de mécanismes rigides. Au bout du processus, cette hypothétique hostilité refoulée engendrée par la discipline parentale se mue en antisémitisme :

Le déplacement de l’antagonisme refoulé envers l’autorité pourrait être une source, ou peut-être la source principale, de l’antagonisme envers les exogroupes (p. 482).

Tandis que les sentiments négatifs à l’égard des parents de ceux qui sont en haut de l’échelle du préjugé s’enracinent le plus souvent dans la discipline ou les corvées qui leur avaient été imposées à la maison, ces mêmes sentiments chez ceux du bas de l’échelle du préjugé s’enracinent dans des sentiments d’abandon et de perte d’affection (p. 349). Mais à propos de ces derniers, Frenkel-Brunswik insiste sur le fait que les abandons et les pertes affectives ont été franchement acceptés, acceptation qui selon elle rend impossible la maladie mentale. J’ai déjà parlé du sujet F63, qui avait été abandonnée par son père ; écoutons M55, situé lui aussi en bas de l’échelle : « Par exemple, il prenait des friandises comme des bonbons, faisait comme s’il allait nous en donner, puis les mangeait toutes en éclatant de rire (…) On aurait dit un monstre, bien que ce ne soit pas le cas en réalité » (p. 350). Il n’est pas surprenant que des exemples si clairs d’insensibilité du côté des parents soient restés gravés dans la mémoire du sujet. Toutefois, dans le monde renversé de la Personnalité autoritaire, le ressouvenir de tels épisodes est perçu comme un signe de bonne santé mentale chez les sujets, alors que l’évaluation franchement positive de la vie de famille de ceux du haut de l’échelle est considérée comme l’expression de couches profondes et inconscientes de maladie mentale.

La recherche contemporaine en psychologie du développement sur la parentalité autoritaire et les rapports parents-enfants chaleureux indiquent que les parents autoritaires réussissent mieux à transmettre leurs valeurs culturelles à leurs enfants. À la lecture des entretiens recueillis dans la Personnalité autoritaire, on ne manque pas d’être frappé par l’amertume de ceux du bas de l’échelle vis-à-vis de leurs parents, contrairement à ceux du haut de l’échelle qui expriment des opinions tout à fait favorables. Il est raisonnable de penser que ceux du bas de l’échelle tendent à la rébellion contre les valeurs de leurs parents, ce qui de fait est le cas.

Toutefois, la tromperie de la Personnalité autoritaire repose en partie sur le fait que le ressentiment exprimé par ceux du bas de l’échelle envers leurs parents est interprété comme le signe de l’absence de toute-puissance de la discipline parentale. « Comme le sujet typique du bas de l’échelle ne voit pas ses parents comme tout-puissants ou effrayants, il peut se permettre de donner libre cours à l’expression de son ressentiment sans trop de gêne » (p. 346). Dans ces conditions, les signes d’affection les plus ténus et les signes évidents de ressentiment chez les sujets de cette catégorie, sont interprétés par Frenkel-Brunswik comme exprimant une affection sincère, tandis que les opinions très favorables à l’égard de leurs parents exprimées par les sujets du haut de l’échelle, sont attribuées en dernière analyse à un autoritarisme parental extrême, ayant produit refoulements et dénis des fautes parentales.

Ces résultats illustrent excellemment les partis pris idéologiques de toute cette série d’études. Un psychologue du développement qui se pencherait sur ces données serait impressionné par le fait que les parents de ceux qui sont en haut de l’échelle ont réussi à inculquer à leurs enfants une notion très positive de la vie de famille, tout en les disciplinant. Comme nous l’avons indiqué plus haut, les spécialistes contemporains qualifient ce genre de parents d’autoritaires et leurs recherches confirment la thèse selon laquelle les enfants de ce type de parents acceptent bien les valeurs des adultes. Les enfants élevés dans ce type de familles ont des rapports étroits avec leurs parents et acceptent les valeurs parentales et les identifications de groupe. Par conséquent, si les parents acceptent des identifications confessionnelles, les enfants élevés dans ces familles sont davantage susceptibles de les accepter à leur tour. Et si ces parents tiennent l’instruction en haute estime, leurs enfants seront enclins à accepter l’idée que la réussite scolaire est une chose qui compte. Ces parents autoritaires donnent des modèles de comportement à leurs enfants et veillent à leur bonne application. La chaleur des rapports entre parents et enfants procure à ces derniers une motivation pour se conformer à ces modèles et veiller à ne commettre aucun débordement qui violerait ces normes de comportements de l’endogroupe (familial).

Le projet profondément subversif de la Personnalité autoritaire est de pathologiser ce genre de famille chez les Gentils. Mais comme l’affection parentale est considérée positivement dans leur théorie, il fallait que les preuves de l’affection envers les parents chez les sujets du haut de l’échelle fussent interprétées comme masquant une sourde hostilité aux parents ; tandis que ceux du bas de l’échelle devaient être considérés comme ayant des parents affectueux malgré les apparences superficielles du contraire. La rébellion contre les parents chez ceux du bas de l’échelle est donc comprise comme l’aboutissement naturel d’une éducation empreinte d’affection – notion ridicule pour dire le moins.

En somme, l’arrière-pensée de la Personnalité autoritaire est non seulement de saper la structure familiale chez les Gentils, mais aussi de subvertir les catégories fondamentales qui sous-tendent la société des Gentils. Les rédacteurs de la Personnalité autoritaire étudient la société pour saisir les variations entre familles : à un pôle celles qui répliquent les structures sociales en vigueur, à l’autre pôle celles qui produisent de la rébellion et du changement dans la structure sociale. Les premières sont très soudées, les enfants qui en sont issus ont un fort attachement d’endogroupe envers leur famille. Ces enfants acceptent fondamentalement les structures de catégorisation sociale de leurs parents, s’étendant à l’église, à la communauté et à la nation.

Cet attachement relativement fort à l’endogroupe tend, comme le laissait présager la recherche sur l’identité sociale, à produire des attitudes négatives à l’égard des individus qui appartiennent à d’autres religions, communautés et nations. Du point de vue des rédacteurs de la Personnalité autoritaire, ce genre de familles doit être logée à l’enseigne de la pathologie, nonobstant le fait que c’est exactement le genre de familles qui est nécessaire à la perpétuation d’une forte identité juive ; les enfants juifs doivent accepter le système de catégorisation sociale de leurs parents. Ils doivent voir leurs familles comme des endogroupes et en dernière instance accepter l’endogroupe représenté par le judaïsme. Encore une fois, la difficulté intellectuelle fondamentale qui affleure dans l’ouvrage tout entier est que son projet pathologise inévitablement, chez les Gentils, ce qui est de toute première importance pour la conservation du judaïsme.

Le succès des familles de ceux qui sont en haut de l’échelle, ayant réussi à transmettre les valeurs parentales, s’illustre par le fait que ces sujets se sentent obligés envers leurs parents. Remarquons ici la réponse du sujet F78, dont il est dit que « ses parents approuvent complètement ses fiançailles. Le sujet ne sortirait jamais avec un garçon que ses parents n’approuveraient pas » (p. 351). Nous sommes donc en présence d’une jeune femme qui va se marier avec un homme que ses parents approuvent et qui tient compte des avis de ses parents sur ces sujets : elle est considérée comme atteinte d’une maladie mentale. On se demande vraiment si Frenkel-Brunswik ferait le même diagnostic s’il s’agissait d’un sujet juif.

Une autre indication du caractère franchement positif des expériences familiales chez ceux du haut de l’échelle est qu’ils font souvent remarquer que leurs parents se préoccupent beaucoup de leur sort. Dans la vision du monde de Frenkel-Brunswik, c’est un nouvel indice de pathologie chez ceux du haut de l’échelle, lequel est étiqueté « dépendance aliénante de l’ego » (p. 353) et « opportunisme flagrant » (p. 354).

Considérons par exemple cette réponse faite par un sujet du haut de l’échelle, F79 : « Je dis toujours que ma mère continue à s’occuper de moi. Vous devriez voir ce qu’il y a dans mes placards : des fruits, des jambons, des conserves (…) Elle adore rendre service aux gens » (p. 354). Ranger de telles expressions de sollicitude parentale dans la catégorie d’un syndrome pathologique est tout à fait sidérant. De même, Frenkel-Brunswik considère la remarque suivante d’une femme du haut de l’échelle comme caractéristique de l’opportunisme flagrant propre aux gens de sa catégorie : « Mon père se consacrait entièrement à sa famille – il suait sang et eau pour nous – il n’a jamais cédé à la boisson » (p. 365). Un autre sujet du haut de l’échelle (F24) affirme que son père est « merveilleux » en se justifiant ainsi : « Il ne vous refusera jamais un seul service » (p. 365).

Un évolutionniste interpréterait ces remarques comme signalant le fort investissement familial des parents des sujets du haut de l’échelle, qui font du bien-être de leur famille une haute priorité. Ils insistent sur le comportement adéquat de leurs enfants et ne rechignent pas à employer des punitions physiques pour contrôler leur comportement. Les données rassemblées par nos soins dans A People That Shall Dwell Alone (chap. 7) montrent que c’est exactement le type de parentalité qu’on retrouve chez les Juifs de l’Est dans les sociétés traditionnelles du shtetl. Dans ces sociétés, le fort investissement parental, la conformité aux pratiques parentales, en particulier la croyance religieuse, étaient de la plus haute importance. Dans ces communautés, les mères juives sont dites manifester une « sollicitude sans relâche » à l’égard de leurs enfants (Zborowski & Herzog, Life Is with People : The Jewish Little-Town of Eastern Europe, p. 193). Ces parents juifs de l’Est « consentent à des souffrances et des sacrifices sans bornes. Ils ‘se tuent’ pour leur progéniture » (ibidem. p. 294). En contrepartie, s’exerce un fort contrôle des parents sur leurs enfants, y compris des gronderies colériques et un emploi massif des punitions physiques sous le coup de la colère (ibid p. 336-337). Ces motifs de parentalité autoritaire, très intrusive, exigeante et créatrice de dépendance se perpétuent chez les juifs hassidiques contemporains. (Mintz, Hasidic People : A Place in the New World, p. 176 sq.)

Ce style parental à fort investissement, où de hauts niveaux de sollicitude se combinent à de puissants contrôles du comportement de l’enfant, aboutit efficacement à l’identification de l’enfant aux valeurs parentales juives traditionnelles. Accepter la religion des parents et la nécessité de choisir un conjoint qui leur sied, en évitant spécifiquement d’en prendre un parmi les Gentils, est la clé de voûte de ces valeurs. Le mariage avec un Gentil est un événement terrible, désastreux, qui indique « qu’il y a quelque chose qui cloche chez les parents » (Zborowski & Herzog, op. cit. p. 231). Pourtant, aux yeux de Frenkel-Brunswik, la sollicitude parentale, l’acceptation des valeurs des parents et leur influence dans les choix matrimoniaux sont des preuves de pathologie – des signes avant-coureurs du fascisme. Pour les Gentils, mais à ce qu’il semble, pas pour les Juifs, la rébellion contre les parents est le zénith de la santé mentale.

Les entretiens relatifs à la famille en tant qu’endogroupe sont particulièrement intéressants à cet égard. Les sujets du haut de l’échelle sont fiers de leurs familles, de leurs réussites et de leurs traditions. Usant d’une chutzpah rhétorique typique, Frenkel-Brunswik considère que ces expressions de fierté familiale « font valoir une famille homogène et totalitaire contre le reste du monde » (p. 356). Par exemple, le sujet F68, situé en haut de l’échelle, parle ainsi de son père : « Ses ancêtres étaient des pionniers – des chercheurs d’or assez riches. Tout le monde connaît les … du comté de … en cette qualité » (p. 357). Les sentiments de fierté personnelle et de fierté familiale sont des indices de maladie psychiatrique.

D’autres preuves que les rapports familiaux sont de meilleure qualité chez les sujets du haut de l’échelle apparaissent à la lecture des données relatives aux disputes entre parents. La remarque suivante a été faite par M41, un homme du haut de l’échelle, à qui l’on demandait comment s’entendaient ses parents : « Fort bien, je ne les entendais jamais se disputer ». À l’opposé, les conflits assez durs entre parents semblent chose commune dans les familles des sujets du bas de l’échelle, d’après leurs témoignages. M59 : « Bon, ce n’étaient que des disputes assez classiques. Peut-être qu’il avait tendance à élever la voix. (Pour quels motifs ?) Eh bien, pendant les dix premières années de mariage, mon père se saoulait assez souvent et frappait ma mère et ensuite, quand les enfants grandissaient, elle résistait à l’influence de mon père, même s’il contribuait financièrement à la famille (…) Il venait nous voir deux fois par semaine, parfois plus » (p. 369).

Voilà maintenant l’interprétation que Frenkel-Brunswik nous propose de ce tableau des conflits familiaux chez les sujets du bas de l’échelle :

Ces témoignages illustrent leur franchise et leur perspicacité supérieure pour ce qui touche aux conflits entre parents (p. 369).

Le présupposé semble être le suivant : toutes les familles se caractérisent par l’alcoolisme, la démission, la maltraitance, les disputes et la quête narcissique du plaisir personnel en lieu et place de la satisfaction des besoins familiaux. La santé mentale des sujets du bas de l’échelle se mesure à leur conscience de la psychopathologie familiale, alors que les sujets du haut de l’échelle sont frappés d’aveuglement sur ces points et persistent à croire contre toute évidence que leurs parents se sacrifient pour eux, les aiment et leur apportent une discipline.

Nous voyons par cet exemple à quel point la théorie psychodynamique est utile pour créer une « réalité » politique effective. Un comportement qui ne correspondrait pas à cette théorie peut toujours être rattaché à la répression de conflits profonds, et des comportements véritablement pathologiques deviennent l’incarnation même de la sanité, pour la simple raison qu’ils sont consciemment reconnus. Frenkel-Brunswik invente le terme de « dénégation du conflit » pour décrire la « pathologie » des familles des sujets du haut de l’échelle. Ce terme fait écho à « dépendance aliénante du moi » et « maltraitance » que nous avons mentionnés plus haut. Ma propre lecture de ces entretiens me conduirait à qualifier ces rapports de « non-conflictuels », mais dans le monde renversé de la Personnalité autoritaire, l’absence de conflits apparents est le signe certain de la dénégation de conflits extrêmement durs.

6 Replies to “Culture de la Critique : L’École de Francfort et la pathologisation des loyautés non-juives (4)

  1. Pour cette youtrone pourrie ( pléonasme ), les gens normaux qui prodiguent à leurs enfants à la fois de l’affection et du soutien et de saines règles de vie, et perpétuent les traditions familiales et sociales des gens de leur race et de leur pays, sont des malades mentaux. Et les pires tarés, qui abandonnent leurs enfants ou ne leur donnent ni amour ni principes sont les parents idéaux. Ah mais juste pour les goyim, hein ! Parce qu’il s’agit de détruire nos structures familiales et nos valeurs, comme ils le font aussi pour notre race et nos nations. Les juifs, eux, doivent rester soudés et le jeune qui se rebelle contre les traditions hébraïques a droit aux coups de ceinturon. Bon, s’il y adhére, il a de grandes chances de se faire enculer ; c’est la méthode youpine ( le terme est en l’espèce doublement bien choisi ) pour souder les générations…
    Hervé Ryssen a mis en ligne une sympathique vidéo sur ces moeurs sémitiques qu’on retrouve aussi chez LM es bougnoules. Mais ça, les psychanalystes et l’Ecole de Francfort n’y trouvent rien à redire. Je sais bien qu’à Francfort, on enfile beaucoup de saucisses, mais quand même. En tout cas merci pour cet article qui nous permet de compléter notre modeste connaissance de l’oeuvre du grand Kevin MacDonald.
    En revanche, les photos ont failli me faire recracher mon repas. Je ne sais pas ce qui est le plus abominable, les déchets inhumains illustrant la présentation ( Putain ! Un lance-flammes, vite ! ) ou le portrait de cette salope ultime de Frenkel-Brunswik ! En plus ces merdes juives se sont débrouillés pour avoir des patronymes qui devraient être réservés aux Aryens. Le pognon achete tout, même une bite ou un vagin assortis de noms plus gracieux que schlomo, qui me fait penser au bruit de la semelle quand tu glisses sur une merde de chien…

  2. Sur la photo : cette chose ignoble au centre . . . . mais le pire est la seule blanche : que fout-elle là ? Encore une âme noire.

    1. C’est elle qui a le mégaphone et elle doit être à priori la seule à maîtriser le langage articulé. Elle est donc probablement la dresseuse de ces monstres et très probablement une youpine…

      1. Oui, l’image n’étant que trop éloignée, la race de la « blanche » n’est pas sûre.
        Néanmoins, on peut trouver des connasses assez stupides pour défendre des abominations du Tiers-Monde. Des jeunes blanches en manque d’attention… et de cerveau.

      2. Tu as raison .
        Une telle laideur est biologiquement illégale , et cela ne peut être que le reflet huileux d’une immondice âme youpine !

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