Articles de fond Décadence

F. Roger Devlin : L’utopie sexuelle au pouvoir (2)

Présentation et sommaire de l’essai sur cette page.


De l’anarchie sexuelle à la terreur sexuelle

C’est un lieu commun de la philosophie politique de dire que moins les citoyens s’avèrent capables de se dominer eux-mêmes, plus il faut les y contraindre de l’extérieur. La nécessité pratique d’un tel transfert se voit avec évidence dans les soulèvements extraordinaires que furent la Révolution française et la Révolution russe. Dans un premier temps, les modèles et les normes habituels se voient rejetés, au nom de la liberté. Puis, lorsque le chaos devient intolérable, un groupe suffisamment déterminé, ayant une ferme confiance en ses membres, et prêt à agir sans merci, parvient à imposer par la force sa conception de l’ordre sur une société affaiblie. C’est également ce qui s’est produit dans le cas de la révolution sexuelle, de manière graduelle, avec le rôle des jacobins/bolcheviks assumé par les féministes.

Les êtres humains ne peuvent agir sans normes sociales qui les guident dans leurs relations intersubjectives. Les jeunes femmes ne peuvent s’attendre à réaliser un système personnel d’éthique sexuelle à la manière de Descartes reconstruisant l’univers dans son esprit. Si vous cessez de les préparer au mariage, elles iront chercher une orientation là où elles pourront bien la trouver. Durant ces trente dernières années, elle l’ont trouvée dans le féminisme, uniquement parce que les féministes dénigraient tout autre option que la leur.

Après avoir encouragé l’expérimentation sexuelle chez les jeunes femmes, le féminisme s’est trouvé en position de pouvoir capitaliser sur la désolation qui en a résulté. Leur programme de ré-écriture des règles du comportement sexuel humain est d’une certaine manière la continuation du programme libertaire utopique et, d’une autre, une réaction contre ce même programme. Les féministes approuvent toujours la notion d’un droit d’agir, en ce domaine, en toute liberté sans responsabilité aucune envers autrui ; seulement, elles insistent dorénavant sur le fait que seules les femmes bénéficient de ce droit.

À la recherche d’une base légale et morale afin d’étayer cette nouvelle revendication, elles s’accrochent à l’ancestrale prohibition du viol, mais pour comprendre le viol non comme un crime contre la chasteté de la femme ou au détriment de la fidélité impliquée dans le mariage, mais exclusivement comme un attentat contre les propres désirs de la femme. Elles exploitent ainsi l’ancienne prohibition du viol non pour garantir le respect dû à la modestie féminine mais pour imposer une obéissance inconditionnelle aux caprices féminins. Leur idéal n’est point l’homme dont la maîtrise de soi permet à la femme d’exercer la sienne, mais celui d’un homme asservi au bon plaisir de la femme — un homme se comportant non comme un gentleman mais fonctionnant à la manière d’un jouet sexuel.

Pourtant le dédain supposé envers les désirs féminins n’a manifestement jamais été la raison pour laquelle des hommes sont tombés en disgrâce, furent emprisonnés, et même mis à mort, dans certaines sociétés, à titre de violeurs. Selon la nouvelle perspective, où le consentement plutôt que le lien marital est en jeu, le même comportement sexuel peut être un crime le lundi ou le vendredi et un droit le jeudi ou le mardi, selon les variations d’humeur d’une femme. Les féministes protestent du fait que le viol ne serait pas pris suffisamment au sérieux ; sans doute vaudrait-il mieux se demander comment il pourrait-il être pris au sérieux si d’emblée on le définit à leur manière. Si les femmes veulent faire ce qu’elles veulent des hommes, après tout, pourquoi ceux-ci ne pourraient-il en faire autant avec elles ?

En réalité, la campagne contre le viol ne doit son succès qu’à la persistance d’anciennes croyances. Les féministes elles-mêmes ne s’en trouvent pas autrement troublées, appelant même explicitement à une « redéfinition du viol ». Bien sûr, pour ceux d’entre nous qui parlent encore dans un anglais tel qu’il s’est pratiqué durant des siècles, cela revient ni plus ni moins à reconnaître qu’elles accusent faussement les hommes.

On pourrait éprouver de l’empathie pour les victimes de « viols par fréquentation », si elles désiraient que les hommes les marient, craignant alors s’être discréditées pour d’éventuels futurs compagnons ; si, par conséquent, elles étaient préparées à leurs obligations en tant qu’épouses et mères. Mais ce n’est pas du tout le cas. Les propagandistes du « viol sur rendez-vous », quand ce ne sont pas les victimes elles-mêmes, sont hostiles à la seule idée du mariage et jamais il ne leur viendrait à l’esprit de le proposer comme une solution. Elles entendent emprisonner les hommes, et non en faire des époux responsables et fidèles. Cela semble bien plus grave qu’un mariage forcé, lequel permet au moins à l’homme d’agir en père vis-à-vis de l’enfant qu’il a conçu.

Et quel bénéfice peuvent bien tirer ces femmes en faisant emprisonner des hommes pour avoir été des « violeurs par fréquentation », sinon la satisfaction d’un désir de vengeance ? Voir de tels hommes être punis par la loi, confirme ces femmes dans l’idée abusive qu’elle se font de leur calvaire — ainsi leur ressentiment tend-il à s’auto-alimenter, comme une plaie qui empire lorsqu’on l’irrite. Ainsi se trouvent-elles renforcées dans la croyance que c’est bien leur droit que les hommes agissent comme elles l’entendent. Elles deviennent alors d’autant moins enclines à les considérer avec respect ou encore à apprendre à les comprendre et à s’accorder avec eux. En un mot comme en cent, elles s’obstinent à penser et à agir à la façon d’enfants gâtés, attendant tout d’autrui et déterminées à ne céder sur rien.

La réaction des hommes à telle conjoncture n’est guère difficile à prévoir. Ils ne se priveront pas (d’abord) d’entretenir des relations sexuelles avec ces femmes, car les lacunes de ces dernières, sur le plan moral, n’ont que peu d’incidence sur l’acte charnel comme tel. Pourtant, et de manière réfléchie, ils éviteront tout engagement sérieux avec elles. Ainsi, ces femmes connaissent-elles de moins en moins de « relations » avec les hommes, et toujours plus brèves, et des mariages toujours plus calamiteux. Mais elles n’en blâment pas pour autant la situation dans laquelle elles se sont mises, refusant d’établir quelque lien que ce soit entre leur comportement et la solitude ou la désolation qu’elles éprouvent. Ainsi avons-nous toujours plus de descriptions d’hommes enclins au viol et à la prédation sexuelle que, mystérieusement, ils refusent de commettre.

En fin de compte, les seules à profiter de l’imposition de ces nouvelles normes sont les féministes qui les ont inventées. La survie de leur mouvement dépend d’une demande continue de femmes rancunières, persuadées que leurs droits sont droits violés… Il faut reconnaître que les principes sur lesquels reposent les campagnes contre le viol sont admirablement conçus pour garantir un tel approvisionnement. Le féminisme est un mouvement qui prospère sur ses propres échecs ; par conséquent, il est très difficile de le renverser.

La première occurrence du « viol par fréquentation » (dating-rape) apparaît dans la onzième édition du Merriam-Webster’s Collegiate Dictionary, en 1975. Peu d’années après, nous trouvons Thomas Fleming des Chronicles, par exemple, qui emploie cette expression d’une manière aussi peu critique que n’importe quel zélote féministe. Un second instrument du règne féministe de la terreur sexuelle, le « harcèlement sexuel », fait lui aussi sa première apparition en 1975. En moins d’une génération cette entreprise est devenue une industrie nationale offrant une vie confortable à beaucoup de gens. Encore une fois, nous trouvons ce concept révolutionnaire,accepté allègrement par beaucoup d’hommes aux convictions traditionnelles, se satisfaisant d’accepter sans autre argument qu’il existerait un problème universel d’hommes “harcelant” les femmes, et que “quelque chose doit être fait à ce sujet.” Ma première pensée serait plutôt : Qu’ont fait les Romains à cet effet ? Qu’a fait l’Église ? Comment réagirent les Chinois ou les Aztèques ? La réponse évidente est qu’aucun de ces peuples ou instance n’ont entrepris quoi que ce soit à ce sujet, parce que ce concept n’a été développé que tout récemment dans le contexte du mouvement féministe. N’est-ce pas là une cause suffisante de soupçon légitime ? Et pourquoi les hommes se montrent-ils si prompts à adopter la langue de leurs ennemis déclarés ?

La notion qui sous-tend le mouvement contre le harcèlement sexuel est que les femmes ont droit à « un environnement libre d’avances sexuelles non désirées ». Quelle sortes d’avances non désirées ? En clair, celles qui proviennent d’hommes peu attirants. Quiconque a été forcé d’endurer une vidéo anti-harcèlement d’entreprise peut voir que ce qui est condamné est simplement le flirt masculin traditionnel.

L’introduction d’une loi sur le harcèlement s’est accompagnée d’une campagne visant à informer les jeunes femmes de leur nouveau droit. Les universités, par exemple, ont institué des comités contre le harcèlement ; comités dont l’un des buts est « d’encourager les victimes à se manifester ». (J’ai vu voir cela de près). Les agitateurs voulaient autant de jeunes filles que possible, prêtes à accuser de méfaits leurs prétendants malheureux. Ces campagnes connurent un succès considérable ; beaucoup de filles n’hésitant pas un instant à profiter de ce nouvel avantage. Les jeunes hommes, pour leur part, découvrirent qu’ils risquaient des visites de la police pour avoir flirté avec des filles ou les avoir ou invitées à un rendez-vous.

Telle intimidation de la part des femmes vaut d’être confronté à l’esprit de la chevalerie traditionnelle. Au moins dans la civilisation occidentale, les hommes ont été éduqués socialement à une extrême réticence dans le recours à la force envers les femmes. Ce n’est pas un principe absolu : personne ne nie qu’un homme ait le droit de se défendre contre une femme qui tenterait de le tuer. Mais beaucoup d’hommes refuseront de riposter contre une femme pour toute moindre menace. Cette attitude est fort éloignée du principe féministe de l’égalité entre les sexes. En effet, il implique une vision des hommes comme naturellement dominant… C’est une forme de noblesse oblige. Et en dernière analyse elle n’est pas réductible, pour autant que je le sache, au seul intérêt masculin ; en d’autres mots, c’est une question d’honneur. Le code de la chevalerie soutient qu’un homme n’a aucun droit moral à utiliser la force contre les femmes, simplement parce que sa constitution, dans la grande majorité des cas, lui permettrait d’agir ainsi.

Une difficulté évidente avec un tel code est qu’il est vulnérable aux abus de la part de ses bénéficiaires. J’ai eu une camarade de classe à l’école primaire, par exemple, qui avait entendu dire que “les garçons ne doivent pas frapper les filles ». Malheureusement, elle en déduisit qu’il était acceptable pour les filles de frapper les garçons, ce qu’elle ne manquait point de faire. Quelle ne fut pas son indignation lorsqu’elle découvrit qu’ils la frappaient en retour !

Le caractère particulier de l’éthique fondée sur ce que noblesse oblige est qu’elle n’implique pas sa translittération exacte à la faveur son bénéficiaire. Selon le point de vue traditionnel, un homme se doit en effet d’être réticent à utiliser la force contre les femmes, mais les femmes n’ont guère un droit absolu de présumer de cela. Cette réticence est suscitée par la reconnaissance de la faiblesse des femmes, et non pas imposée comme une reconnaissance de leurs droits.

Peut-être parce que les femmes sont le sexe faible, elles n’ont jamais développé des inhibitions similaires sur l’usage de la force contre des hommes. Dans l’ordre traditionnel de la vie sociale, cela ne portait guère à conséquences, parce que les obligations d’une femme à l’endroit de son mari étaient clairement comprises et socialement respectées. Mais la situation changea, lorsque des millions de jeunes femmes gâtées et impressionnables se convainquirent que les hommes les « harcelaient » et que la réponse appropriée était de faire appel à la force du droit et aux pouvoirs de police de l’État. Les hommes se voient alors refuser l’application de la loi commune, se retrouvent ruinés sur le plan professionnel et menacés de sanctions particulièrement sévères pour toute velléité de représailles contre des femmes les accusant à tort, sur la base de la lettre d’un crime délibérément mal défini. Ils peuvent bien, par prudence, se conformer à la nouvelle réglementation, mais il est peut probable, alors, qu’en leur for intérieur, les réticences traditionnelles contre l’usage de la force à l’endroit des formes survivent longtemps encore au modèle actuel de comportement féminin. Les femmes feraient bien de méditer là-dessus.

Le retour du primitif

Le débat public sur la révolution sexuelle a tendance à se focaliser sur le viol et, ce faisant, il « se cramponne » à ce qui a lieu plutôt que sur la formation de familles stables, lesquelles n’ont plus droit de cité. Cela donne l’impression qu’il y aurait vraiment « plus de sexe » pour les hommes aujourd’hui qu’avant, lorsque des filles malavisées se comportaient encore, il y a quarante ans, de manière inadéquate. Ainsi les gens parlent comme si l’utopie d’un harem pour chaque homme était devenue réalité.

Démontrer que cela n’est aucunement vrai est un jeu d’enfant. Il naît approximativement le même nombre filles que de garçons (en réalité, comme il naît cinq pour cent plus de garçons que de filles, il n’y a pas une fille pour chaque garçon). La libération du désir féminin n’entraîne pas une augmentation des opportunités sexuelles pour les hommes, mais une redistribution des opportunités réellement disponibles. La société devient polygame. Une situation apparaît dans laquelle bien des hommes désespèrent de rencontrer une femme, et où de nombreuses femmes, souffrant d’une misère sexuelle semblable, se tournent vers le peu d’hommes exceptionnellement attirants. De tels hommes, qui n’eurent jamais aucune peine à se trouver une compagne, en obtiennent de multiples.

Un trait caractéristique des sociétés décadentes est la recrudescence de formes culturelles primitives, d’avant toute civilisation. Et c’est bien ce qui arrive dans nos sociétés, la libération sexuelle signifiant, en réalité, que le modèle d’accouplement, tel que Darwin l’a décrit chez les babouins, réapparaît chez les humains.

Une fois abolie la monogamie, aucune restriction n’est placée en matière de choix pour les femmes. Par conséquent, toutes les femmes tentent de conquérir les mêmes hommes d’exception. Si Casanova eut cent trente-deux maîtresses, c’est parce que cent trente-deux femmes différentes le choisirent. De tels hommes possèdent un harem, non pas parce qu’ils sont des prédateurs, mais parce qu’il apparaissent comme les plus attirants. Le problème ne relève pas tant de l’immoralité masculine que de la simple arithmétique, puisqu’il est impossible pour chaque femme de jouir de la possession exclusive de l’homme le plus séduisant à leur portée. Si les femmes désirent simplement s’accoupler avec celui vers lequel les poussent leurs inclinations naturelles, elles doivent être prêtes, en toute logique, à partager leur partenaire avec d’autres.

Mais, bien sûr, l’attitude des femmes face à cette situation n’est pas particulièrement rationnelle. Elles s’attendent à ce que leur mâle alpha « s’engage ». La récrimination d’une femme quant à l’échec des hommes à s’engager, on le soupçonne aisément, signifie simplement qu’elle n’est pas à même d’obtenir d’un homme très attirant qu’il s’engage avec elle, comme si un homme ordinaire se proposait à Hélène de Troie et, devant le refus de celle-ci, se plaignait de ce que « les femmes ne veulent pas se marier ».

En outre, de nombreuses femmes sont sexuellement attirés par des séducteurs accomplis en raison et non en dépit de la promiscuité sexuelle dont ils jouissent. Ceci peut être expliqué en référence à une meute de primates. Le « mâle alpha » est identifiable justement par ses accouplements avec un grand nombre de femelles. Et c’est probablement à cela que tient l’argument des « deux poids, deux mesures » à propos des traînées et des coureurs — pas du tout du fait de l’approbation sociale de la promiscuité masculine, mais bien plutôt de la fascination des femmes pour ce genre d’hommes. L’immoralité des mâles (dans la langue traditionnelle) s’avère attirante pour les femelles. Ainsi, une fois le mode d’accouplement polygame initié, il tend à se renforcer de manière parfaitement autonome.

Ceux qui étudient le comportement animal ont appris que la présence d’une ou deux femelles-leurres qu’on place à proximité d’un mâle rend les femelles réelles plus susceptibles de s’accoupler avec lui en particulier. Chez les femelles aussi, rien ne réussit mieux que le succès. Nous entendons maintes fois de la part de femmes, qui se refusent à sortir avec des célibataires dans la trentaine, que c’est parce que, « s’il n’a jamais été marié, c’est qu’il doit avoir un problème ». J’ai pu souvent observer des hommes décents, menant une existence exemplaire, délaissés, alors que des hommes au comportement adultérin notoire n’avaient aucune difficulté à passer d’une maîtresse à l’autre.

Les observateurs des mœurs contemporaines se sont rarement montrés conscients de ce comportement irrationnel des femmes dans le choix de leurs compagnons. Je me souviens avoir lu un article, il y a quelques années, où il était question d’une université, promise à une ouverture prochaine, qui se vantait de représenter une aubaine pour de jeunes femmes à la recherche d’un « mari chrétien ». L’article se fondait sur l’hypothèse naïve que c’était ce qu’elles recherchaient avant tout. Bien sûr, il n’était nullement question d’aider de jeunes hommes à se trouver une compagne fidèle.

La chevalerie contemporaine

Les hommes et les femmes trouvent plus facile de sympathiser avec de jeunes femmes qu’avec de jeunes hommes. Dans le cas des hommes faisant cette observation, joue probablement une sorte de fantasme du sauveur. La littérature et le folklore du monde entier sont remplis d’histoires de héros sauvant des jeunes filles innocentes des griffes des méchants ; ce ne saurait être qu’un jeu de coïncidences. La fable figurant une demoiselle en détresse est quelque chose de profondément enraciné dans l’esprit des hommes, quelque chose de probablement naturel. Tout se passe comme s’il s’agissait d’une interprétation auto-congratulante de la compétition que se livrent les hommes, lesquels projettent leurs instincts sexuels indisciplinés sur les autres, qui sont donc exclus du fait de leur condition de prédateurs.

Dans le monde contemporain, cet instinct masculin de protection s’exprime souvent de manière perverse dans le soutien accordé aux causes féministes : par exemple, crier avec les louves pour dénoncer le « harcèlement sexuel » et des « viols par fréquentation ». Voilà bien une forme de galanterie parfaitement adaptée au mode de vie sédentaire du mâle de notre temps; un mode de vie n’impliquant ni risque, ni sacrifice. Des exemple de ce genre abondent dans la presse conservatrice. Des professeurs de gymnases sont régulièrement décrits comme des prédateurs envers les femmes, lesquels sont assez âgés pour être mariés et soutenir une famille. John Farah du World Net Daily félicitait une femme du meurtre de son mari infidèle. Il y a des appels pour instituer à nouveau la castration forcée et la peine de mort pour les violeurs. Le raisonnement semble aller de soi : si seulement des châtiments draconiens pouvaient être infligés à des hommes mauvais, tout irait bien à nouveau. L’erreur fondamentale de telles pensées réside dans l’incapacité à reconnaître que la femme contrôle en grande partie l’accouplement.

Astucieuses, les femmes savent depuis longtemps comment manipuler à leurs propres fins la propension masculine à les protéger. L’assaut féministe contre l’hétérosexualité et la famille est dirigée contre les maris et les pères pour des raisons de relations publiques. Personne ne signerait pour une campagne visant des femmes et des enfants, mais bien des hommes peuvent facilement acquiescer à la condamnation d’autres hommes. Il en résulte que les jeunes hommes, aujourd’hui, se voient contraints à une situation impossible.

S’ils recherchent une compagne, ils encourent le soupçon d’être des prédateurs; s’ils en trouvent une, les voilà accusé de « viol par fréquentation », s’ils tentent d’échapper à cette double peine, voilà qu’on les taxe d’immatures et d’irresponsables pour n’être pas à même de s’engager dans une relation. Nous sommes donc passés d’une situation où tout était permis à une situation où rien n’est plus possible. Le mariage en tant que contrat juridique contraignant a été aboli, et les jeunes hommes sont toujours censés croire qu’il est mauvais pour eux de chercher des opportunités sexuelles en dehors du mariage. Il n’est guère prudent de mettre une telle pression sur la nature humaine.

Pendant ce temps, l’illusion qu’il y aurait “trop de sexe” a conduit à des initiatives d’« éducation à l’abstinence », proposées par les établissements scolaires publics et payées avec l’argent du contribuable. Il conviendrait plutôt de rappeler gentiment à ces génies de l’establishment conservateur que l’espèce humaine ne s’est pas perpétuée par l’abstinence sexuelle. Ne feraient-ils pas bien mieux de se demander combien de familles ne se sont pas formées et combien d’enfants ne sont pas nés en raison de tentatives trop zélées pour protéger les jeunes femmes de jeunes hommes qui eussent fait de bons maris et de bons pères ?

15 Replies to “F. Roger Devlin : L’utopie sexuelle au pouvoir (2)

  1. Pas un mot sur le plaisir sexuel et la jouissance. Plus ça avance et plus ça ressemble à un plaidoyer pour le retour mariage chrétien … condition même de l’abolition du plaisir sexuel, et, origine véritable de la guerre des sexes.
    J’attends la suite avant de juger.

    1. La comparaison avec les babouins qui est vue comme une « régression » est typiquement chrétienne : nous sommes des grands singes nous aussi. Je ne vois pas ou est le problème de se comporter comme tel ! lol
      La encore on est dans les mythes chrétiens qui veulent sortir l’humain du règne animal et qui ont fortement imprégné notre culture. Tout ça est balayé par la science moderne qui, plus elle cherche le propre de l’homme, moins elle le trouve : les animaux rient, font de la politique, de l’élevage, sont altruistes, souffrent, sont emphatiques, ont conscience d’eux, fabriquent des outils et des outils pour fabriquer des outils, certains oiseaux savent mieux compter que nous, etc…
      En tant qu’ESPECE oui c’est vrai qu’on va plus loin, mais, il s’agit d’un saut quantitatif et non qualitatif, jusqu’à preuve du contraire.
      (il y a bien, semble-t-il une différence dans la méta-circularité-récursive de notre mental)
      Et même s’il y a quelque chose de différent en nous, ça n’enlève rien au fait qu’on a un socle animal.
      Quand on se débarrasse de toute la pollution mentale sémito-chrétienne, alors, beaucoup de choses s’expliquent enfin très bien : les relations homme femme, les relation inter et intra-groupe, etc…

      1. Chère camarade, je suis totalement d’accord avec vous !
        Nos aïeux païens étaient, eux, en harmonie avec la nature, et assumaient parfaitement nos liens avec les autres espèces animales. Leurs dieux allaient même jusqu’à s’incarner dans des animaux qui symbolisaient l’excellence même d’une aptitude ou d’une vertu.
        C’est le christianisme qui nous a coupé de la nature, allant jusqu’à faire oublier à ses croyants les plus fanatiques la nécessité de satisfaire tous nos besoins naturels, de connaître et de prendre soin de notre corps. Un cul-béni est ascétique ; il ne baise pas, ne fait pas ripaille, ne s’amuse pas, ne plaisante pas, ne se détend pas, et le temps qu’il devrait passer à admirer et à profiter des merveilles de la nature, il le passe à prier son dieu pour névrosé sadomasochiste. Car il est complètement maso et la seule chose qui le fait jouir à part se faire ainsi du mal en se privant de tous les plaisirs de la vie et en tourmentant son propre corps, c’est d’infliger cette souffrance aux autres. Ces chrétins sont en plus d’une méchanceté inouïe au nom de leur prétendue pureté qui est en fait la pire souillure qu’on ait jamais fait à la nature. Et il n’est pas anodin que ce soit une religion créée par des gens du désert, ou plus exactement des gens qui ont fait de leurs terres jadis verdoyantes un désert en pratiquant la culture sur brûlis, qui soient à l’origine d’une religion qui glorifie le dénuement et la purification par le feu. Ca se tient.
        Nos ancêtres païens qui vénéraient les arbres et rendaient hommage aux animaux qu’ils allaient chasser en les peignant ou en les sculptant, avaient au contraire élaboré une religion rendant hommage à la richesse de la nature et aux plaisirs qu’elle nous offre.
        Le christianisme est l’antithèse de cela ; il invite ses fidèles à pourrir leur vie et celle des autres pour accéder après leur mort à un hypothétique paradis…où, d’après sa description, ils se feront encore plus chier !
        Non, revenir au mariage chrétien et à cette énorme hypocrisie n’est pas la solution. Ceci dit, permettre des comportements qui détruisent notre race et l’avenir de ses enfants, ce n’est certes pas ce qu’il faut.

    2. Détrompez-vous, le propos de F. Roger Devlin s’attache à définir les conditions d’une mutation anthropologique (ou d’une tentative de transformation profonde) des rapports entre les sexes, dans le monde occidental d’après-guerre ; tentative accélérée et pour ainsi dire « massifiée » par les « révoltes étudiantines » des années 60 aux USA et en Europe de l’ouest. Selon cette perspective, la question du plaisir et de la jouissance est secondaire tant la réalité de ce plaisir et de cette jouissances est par ailleurs évidente comme palpable à tous ceux qui ont l’heur de les éprouver dans une cadre bénéfique à chacun des partenaires, et synonyme d’épanouissement et d’avenir commun. L’analyse de M. Devlin s’attache principalement à des états de fait, dans ces sociétés, laissant de côté les aspects que vous évoquez, si ce n’est pour dénoncer l’extrême subjectivité dont ils font l’objet dans les définitions, les stratégies discursives et des pratiques des partisans de la dite révolution sexuelle, puis du féminisme, etc. Pour, en fin de compte, ruiner toute idée comme tout projet de communauté, et cela d’autant plus, si telle communauté devait déboucher, comme nous le souhaitons, sur une homogénéité raciale et culturelle affirmée.
      La réserve que vous exprimez dans votre communication est fort intéressante, car c’est précisément au nom du plaisir et de la jouissance que la génération des baby-boomers, intellectuels sophistiqués, psychanalystes marxisants, émules de l’Ecole de Frankfort ont attaqué, avec un succès certain, les fondements de nos communautés, en assimilant l’amour à la sexualité (ce qui revient à renoncer autant à la fidélité qu’au sens tragique de la vie) et en réduisant la sexualité au plaisir (ce qui revient à nier notre fonction reproductrice et parentale, autrement dit ce que chacun d’entre-nous recèle de transcendance raciale)… Pour créer des êtres esseulés, ne bénéficiant plus d’aucune solidarité, voués à des plaisirs futiles et des jouissances dangereuses. Et c’est dans ces conditions mêmes que sont apparues nos sociétés purement légalistes, ennemies acharnées de la famille (Kinderfeindlich, dit-on en allemand), promouvant toutes sortes de déviances; ce qui s’avère pour les individus à quoi nous sommes réduits, par les « droits de l’homme » et la répression policière et juridique, une impasse redoutable.
      Quant au mariage chrétien, il n’a pas toujours été, loin de là, ce à quoi il fut réduit, de manière hypocrite et puritaine, dans la société bourgeoise du XIXème s. Aujourd’hui-même en Russie, par exemple, le mariage orthodoxe n’a rien à voir avec un étouffoir des plaisirs humains comme charnels. Sa pratique ressortit encore, pour l’essentiel d’un fort ancienne tradition paysanne… Femmes et hommes ne se prennent point pour des saints, mais les fondamentaux demeurent : la protection inconditionnelle des enfants et de la filiation avec le fait de ne pas introduire de maladie au sein de la famille. Après quoi les adultes s’arrangent comme ils peuvent, étant des adultes malgré tout. À l’image, je crois, de ce qui se pratiquait partout chez les Celtes, avant leur christianisation. Toutefois, je ne vous cacherai pas que la société russe contemporaine se retrouve aujourd’hui dans une crise manifeste elle aussi, sur ce plan… Mais l’origine de cette crise en est ici-même, et de manière irréfutable, le libéralisme, et non le renouveau de la foi orthodoxe, dont on pensera ce que l’on voudra.
      Sensible et parfaitement réceptif aux critiques fondées et intelligentes du christianisme qui apparaissent sur ce site, je considère toutefois qu’il serait une erreur de nous diviser sur cette question. Mais cela fera peut-être l’objet d’une autre intervention de ma part, une autre fois.

      1. Merci Alexandre pour la clarification, et aussi pour la traduction. Si ce n’est pas un hasard, il me semble que c’est vous qui nous avez transmis le texte il y a de cela quelques mois ?

        J’ai envoyé un mail sur l’adresse de l’époque, pour remerciements. Je ne sais si elle est encore active… Si ce n’est pas vous, et que vous êtes un simple commentateur : laissez de côté ce que je viens de dire, mis à part les remerciements pour la clarification du texte et de la pensée de l’auteur !

        1. Bien vu, Nico White; depuis j’ai connu des déboires (ordinateur planté, peu de moyens financiers, contenu provisoirement inaccessible avec mots de passe, etc.) ; cela se remet en train, et pour le mieux. J’apprécie toujours autant vos travaux et les textes fondamentaux que vous mettez régulièrement en ligne comme, au reste, vos commentaires d’actualité toujours fort pertinents à mes yeux. Vous avez connu, vous aussi, pas mal de difficultés… À bientôt pour d’autres interventions et, peut-être, collaborations. Le texte de F. Roger Devlin devrait susciter d’intéressantes discussions et nourrir la réflexion. Que vos lecteurs plus habiles que je ne le suis via les moyens de communications actuels n’hésitent point à le partager sur d’autres plateformes, tout en référant votre site, lorsque cela n’ai pas peine perdue, de toute évidence. Il est tout de même incroyable que, publié il y a plus de dix ans déjà, si je ne m’abuse, ce texte a pu être passé complètement sous silence, et tout particulièrement dans les milieux qui préltendent s’occuper de ces questions. Je vous transmettrai bientôt ma nouvelle adresse électronique via votre adresse via protonmail.

    3. Le mariage chrétien est semblable au mariage grec et romain antique, à celui des celtes et des germains (à l’exception de le très haute noblesse qui pouvait prendre plusieurs femmes). En soi ce mariage permet de mettre en place un foyer sein, moteur de la grandeur de la civilisation blanche. La polygamie entraine un conflit de jalousie entre les femmes qui rejailli sur les enfants et empêche des liens familiaux forts. L’adultère à toujours existé et existera toujours, la question est faut il le prôner dans notre société comme une valeur morale ?
      Ce marier à 20-25 ans offre à une majorité de jeunes hommes plus de sexe qu’ils n’en ont actuellement. Avoir une relation sexuelle avec une femme différente chaque semaine fait toujours moins que tous les jours avec la même femme.

  2. Et cet article ne fait nullement la promotion du mariage chrétien. Il fait simplement la critique du comportement des féministes qui se plaignent de ne pas trouver d’homme mais refusent que ceux-ci puissent leur faire la cour, qui crient au viol après avoir écarté les cuisses parce qu’elles ne sont pas contentes de la prestation, qui voudraient que l’individu sur lequel elles ont jeté leur dévolu s’engage à leur être fidèle alors qu’elles l’ont précisément choisi parce qu’il s’agit d’un coureur aux innombrables conquêtes, ne veulent pas d’enfants et préfèrent soutenir les pédés que les familles traditionnelles et se plaignent ensuite de rester seules après leur ménopause, bref qui exigent que les hommes leur donnent tout quand elles ne leur concèdent rien. Et j’approuve en l’espèce chaque mot de cet article.
    Les femmes ont bien évidemment les mêmes droits que les hommes mais elles ont aussi les mêmes devoirs. Elles ne peuvent pas adopter la position de la petite fleur fragile qu’il convient de protéger, de la faible créature dont il faut porter les paquets, faire les corvées pénibles, transporter là et où elle en a envie, et de ne laisser à leur dévoué serviteur que la possibilité de leur servir de sex-toy quand elles en ont envie, ne lui laissant même pas le choix des vacances ou de la tapisserie du salon. Des couples comme ça, j’en connais et je préfère ne pas les fréquenter. Mais je ne plains pas les types qui se laissent tyranniser par ce genre de salopes ; ce sont juste des lopettes qui ne méritent aucun respect.
    Une relation, ça doit être équilibré. Si on veut recevoir, il faut donner. Et chacun, homme ou femme, doit avoir le sens des responsabilités. Chacun et chacune a le droit de jouir mais prendre son pied n’est pas l’objectif ultime d’un être humain.
    Le monde n’est pas une gigantesque partouze, sauf à Hollywood.
    Fonder une famille, faire des gosses de sa race et leur assurer un avenir, c’est un devoir pour toute personne digne du nom d’humain. Ça suppose une certaine régulation du comportement, un attachement sincères à l’autre, et, du coup, une certaine fidélité.
    On n’a pas besoin de mariage chrétien pour ça, ni d’une quelconque église.
    Il suffit d’avoir de la morale et la compréhension de ce que signifie s’engager avec quelqu’un pour fonder ensemble un foyer.
    Sinon, on n’est qu’une merde qui ne pense qu’à son cul ou à sa bite.

    1. J’ajoute qu’en matière de baise, si on aime vraiment l’autre, c’est sa jouissance qui devient notre priorité. Au passage, on prend son pied aussi car rien n’est plus jouissif que de sentir l’autre exploser de plaisir. Si on recherche sa propre jouissance en baisant, c’est comme si l’autre nous servait de main. Ce n’est plus baiser mais se branler et alors autant ne pas se mettre en couple. Mieux vaut dans ces conditions s’acheter une poupée en latex ou un gode vibrant selon l’équipement dont notre bas-ventre est doté. Car ce que je viens de dire est naturellement valable pour un homme comme pour une femme.
      Le connard qui cherche juste à se vider les couilles sans se préoccuper du plaisir de la femme et la salope qui se fout royalement de donner du plaisir à l’homme sont à mettre dans la même poubelle.

      1. Évidemment, Rho 2 complète aussi très bien l’article. Yoananda, je ne vois pas non plus pourquoi l’article de Roger Devlin serait mauvais, ou ferait la promotion du mariage chrétien.

    2. Il y a un autre aspect de la question que M. Devlin ne traite qu’en creux ; l’objet principal de son analyse étant les répercussion de la « révolution sexuelle » sur la condition féminine et ses suites dans un féminisme de plus en plus agressif et halluciné (découplé de la réalité comme des aspirations mêmes des femmes qui s’y adonnent). Alors qu’on avait pu espérer, l’expérience aidant, un retour à la santé. Il s’agit de l’aspect irresponsable et démissionnaire des mâles dès l’origine de cette involution dans les rapports humains comme dans le rapport général à la vie. L’avènement de la contraception me semble avoir grandement infantilisé les hommes (mâles) dans leur rapport au temps et donc à leur destinée. L’expérience charnelle, du jour au lendemain, ne revêtit plus aucun sens initiatique avec la responsabilité que cela implique ; non ! tout juste une source de plaisir comme le vélomoteur ou le cinoche à deux balles. C’est aux jeunes femmes qu’il incomba donc, pour l’essentiel et le principal, d’assumer les conséquence de la frivolité masculine, à vrai dire de leur infantilisation complaisante, dans un climat d’irresponsabilité retrouvé avec une bite de marin en sus… (Encore que je ne veuille point généraliser ; pas mal d’hommes de ma génération savent pertinemment que la tragédie ce n’est point que du théâtre, et particulièrement dans leur rapport aux femmes et à la famille) Souvent ces jeunes femmes se voyaient même engagées par leurs mères, lesquelles étaient surtout animées par la crainte du pire, une grossesse indésirée, une mésalliance, etc. Ce qui ne fit que multiplier la confusion ambiante.
      Comme de tels comportements touchent à l’élément principiel du sang et de la race, et donc du caractère aussi et de notre logiciel profond, il est intéressant de constater que, dans ce domaine, il incombe aux enfants de payer pour les fautes de leurs parents… L’illusion des droits individuels venant à se dérober, à la première alerte, comme un fin tapis de soie mal assuré sur un sol de béton. Voilà un argument de fait pour aider autour de soi à la prise de conscience quant à l’importance du facteur communautaire et racial ; le temps long rattrapant l’individu quel que puissent être chatoyantes et irisées les parois de sa bulle étrécie.
      À ce propos, le texte de Devlin deviendra de plus en plus percutant au fil de ses partie. Mais une remarque de ma part en ce qui concerne la frivolité (soit l’infantilisation programmée du mâle d’après-guerre, quoique je ne suis pas si ancien…). Discutant avec les jeunes gens de mon âge, j’étais sidéré, à l’adolescence, de constater que le quatre-vingt-dix pour cent d’entre eux envisageaient sous le nom (et le désir) d’une femme, une sorte d’éternel féminin entre seize et vingt-six ans ! La chose me semblait d’autant plus troublante que, dans mon milieu, nous avions tous au moins une mère-grand, laquelle n’avait rien d’une pin-up et qui, pourtant, nous avait été infiniment précieuse, consolatrice et pourvoyeuse de beauté et d’étonnement, par le biais du récit de leur passé, de contes, d’attention désintéressée, etc. Aussi, je trouvai malheureux de ne savoir projeter la beauté d’une femme, en l’occurrence, au-delà de son printemps… Alors que chaque saison a ses beautés, auxquelles, nous-mêmes, autochtones de contrées tempérées, sommes particulièrement sensibles.
      Sur le plan psychologique, Arthur Schopenhauer expose fort bien ce paradoxe dans les chapitres de son livre, « Le Monde comme volonté et comme représentation », consacrés à la métaphysique de l’amour ; mais Schopenhauer, en dépit de sa profonde intelligence est un penseur hostile à la vie, qui ne voit dans la nature qu’instincts trompeurs et voraces, et qui penche résolument vers un ascétisme suicidaire.
      Les jeunes gens doivent impérativement comprendre que notre existence ne compte que quelques décennies de vie ; ce qui est à la fois fort long et trop bref. Dans notre condition, relativement à la pesanteur de l’ennui et à la brièveté de la vie, en tant qu’expérience existentielle personnelle, perdre ou passer à côté d’un premier amour, par exemple, s’avère toujours être une perte extrêmement importante dont il faut souvent pas moins d’une décennie et plus pour vraiment s’en remettre. Quoi qu’on s’efforcera de faire paraître par ailleurs, par narcissisme ou par conformisme… Aussi faut-il justement envisager cette expérience, qu’elle soit la première ou qu’elle soit une rencontre vraiment sérieuse, dans une durée relativement longue, autrement dit, fertile, et non la réduire à une simple exigence d’hygiène hormonale. Pour la suite, cela s’apprend sur le tas (et non en tas…) sans se départir jamais du sens de l’honneur et de la fidélité, mais sans non plus tomber dans la lourdeur et le masochisme, évidemment.
      Se trouver une compagne ou un homme digne de ce nom, fonder une famille, cela revient à régler le quotidien. Ainsi, pour l’homme comme pour la femme, d’autres dimensions leur deviennent accessibles : l’art, l’éducation, l’action politique, la science, la recherche de la vérité, de fins travaux manuels, agricoles, techniques, que sais-je encore, auxquels vouer pleinement sa personnalité. Car, alors seulement, les fondamentaux sont assurés – du moins, dans nos sociétés, celles qui demeurent les moins insanes et criminelles (ce qui, chaque jour, s’avère plus problématique, il faut bien le reconnaître) – ainsi que notre fonction principale : goûter pleinement à la vie, dans ses qualités, ses défis et ses imperfections, et perpétuer notre race. Vous remarquerez d’ailleurs que, pour nos générations, « régler le quotidien » est devenu quasiment impossible… Ce qui est l’un des maux et pas des moindres de la globalisation ou « mondialisation », auquel le national-socialisme a remédié, durant une brève période, sans se priver, bien au contraire, des progrès de l’industrie, des savoirs et de la science. Or, à mesure que nous ne pouvons régler le quotidien, la société devient toujours plus malsaine ; ces deux maux en vérité se conjuguant. D’où l’utilité de notre combat et la grandeur de nos espérances !

  3. Merci à Basile pour cet intéressant document et à la personne qui a assuré la traduction, salut aux camarades.

    Un point important à noter : en matière de sexualité, il n’y a aucun « progrès », ni aucune « libération » à attendre car depuis que l’humanité existe, tout a été pratiqué. Chaque relâchement des mœurs publiques – partouzes féminines sous prétextes religieux chez les grecs, pédérastie chez les grecs et les romains, pédophilie au XVIIème siècle en France – a de fait correspondu à une période de décadence menant au chaos. Donc la recherche du plaisir, synthétisée par le « jouir sans entrave », slogan des soixante-huitard, n’a rien d’un progrès. Quand aux féministes, on voit bien à leur méthode : la pleurnicherie agressive, qu’il y a du juif derrière, elles ont été – comme les noirs – instrumentalisées par les juifs.

    D’accord avec Alexandre qui relève un peu le débat, cependant je crois que celui qui voit la vie résumée à : « notre fonction principale : goûter pleinement à la vie, dans ses qualités, ses défis et ses imperfections, et perpétuer notre race. », manque un peu de hauteur de vue, et fait penser à ces bovins qui suivent le troupeau par habitude. Il manque une dimension, disons mystique à tout cela. Par exemple comme ceci :

    « L’Hitlérisme considéré dans son essence, c’est-à-dire dépouillé de tout ce qui le rattache aux contingences politiques et économiques d’une époque, est la religion des Forts de race aryenne, en face d’un monde en déliquescence, d’un monde de chaos ethnique, de mépris de la Nature vivante, de niaise exaltation de “l’homme” dans tout ce qu’il a de faible, de maladif, de bizarrement “individuel”, de différent des autres êtres, d’un monde d’égoïsme humain (individuel et collectif), de laideur et de lâcheté. C’est la réaction de quelques Forts de cette race, originellement noble, devant un tel monde. Et c’est celle qu’ils proposent à tous leurs frères de race. »
    Savitri Devi – Souvenirs et réflexions d’une aryenne 1976 – page 21 2
    http://www.histoireebook.com/index.php?post/2012/03/07/Savitri-Devi-Souvenirs-et-reflexions-d-une-aryenne

    Bien à vous, Belanicar

  4. @Belanicar :
    Vous avez indiqué que :
    « …cependant je crois que celui qui voit la vie résumée à : « notre fonction principale : goûter pleinement à la vie, dans ses qualités, ses défis et ses imperfections, et perpétuer notre race. », manque un peu de hauteur de vue, et fait penser à ces bovins qui suivent le troupeau par habitude. Il manque une dimension, disons mystique à tout cela. »
    À priori, une remarque fort judicieuse sauf que, c’est peut-être la fatigue, mes insomnies interrompent régulièrement mon sommeil avant que celui-ci ait été suffisamment réparateur, je ne trouve l à phrase que vous citez ni dans le texte de l’article ni dans les commentaires précédant le votre. Pourriez-vous nous indiquer d’où et de qui elle est tirée ?

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