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Kevin MacDonald : Culture de la Critique – L’implication juive dans le mouvement psychanalytique (5)

La psychanalyse en tant que mouvement politique (suite et fin)

La psychanalyse servait à Freud non seulement à contrôler ses vassaux masculins, mais aussi à pathologiser la résistance des femmes aux avances sexuelles des hommes. La chose est évidente quand on examine le cas fameux de l’adolescente Dora, qui avait repoussé les avances d’un homme d’âge mûr et marié. C’est le père de Dora qui l’avait envoyée chez Freud pour qu’il la persuadât de céder aux avances de cet homme, car il s’agissait pour le père, qui avait eu une aventure avec la femme de cet homme, de lui offrir un dédommagement. Freud, complaisant, attribua le refus de Dora à la répression d’un désir amoureux envers cet homme. Le message consiste à dire que les jeunes filles de 14 ans qui ne cèdent pas aux propositions d’hommes mûrs et mariés ont un comportement hystérique. Un évolutionniste interpréterait ce même comportement comme une conséquence compréhensible (et adaptée) de sa psychologie évoluée.

Donald Kaplan, un psychanalyste non-professionnel, refléta bien le sentiment favorable à l’égard de Freud dans les médias populaires des années 1950, quand il écrivit dans le magazine Harper’s que Freud avait « mis en œuvre la plus grand ingéniosité » dans l’examen du cas Dora : « Ces trois mois avec Freud ont dû être la seule expérience d’irrécusable honnêteté de sa longue et pauvre existence » (‘Freud and his own patients’, déc. 1967). Lakoff et Coyne concluent leur étude du cas Dora en établissant que la psychanalyse se caractérisait en général par le contrôle mental, la manipulation et l’avilissement de l’analysant [*]. De même, Crew décrit le cas « à peine croyable » de la manipulation d’un certain Horace Frink, président de la Société de Psychanalyse de New York. Freud l’avait poussé à faire un divorce désastreux et à se remarier avec une riche héritière, qui apporterait en dot une contribution financière non-négligeable au mouvement psychanalytique. La seconde femme de Frink demanda ensuite le divorce. Ces deux divorces s’accompagnèrent d’épisodes maniaco-dépressifs.

Ces découvertes ont pour corollaire important d’exhiber nombre de traits communs entre psychanalyse et lavage de cerveau. Toute objection que ferait l’apprenti psychanalyste pendant son analyse de formation est considérée comme une résistance à dépasser. Beaucoup d’analysants contemporains estiment que leurs analystes les ont traités avec agressivité, en les assujettissant à « l’autorité incontestée » de l’analyste idolâtré qui faisait d’eux des suiveurs passifs et dévoués. Masson décrit son analyse de formation comme une « éducation prise en main par un parent despotique », étant donné que les qualités attendues du futur analyste sont la douceur dans la soumission et la servilité dans l’obéissance.

Je prétends que ce travail d’inculcation imposé à des disciples passifs et dévoués, par le truchement de l’agression et du contrôle mental, a toujours fait partie intégrante du projet psychanalytique. Au niveau des principes, la structure essentiellement pseudo-scientifique de la psychanalyse implique l’impossibilité de résoudre les désaccords d’une manière scientifique, ce qui fait que le seul moyen d’y parvenir est de passer par la contrainte personnelle, comme le fait remarquer Kerr. En conséquence, le mouvement devait de toute nécessité déboucher sur une orthodoxie, affectée ici et là de déviations sectaires issues d’individus expulsés du mouvement. Ces rameaux dissidents répliquèrent la structure fondamentale de tous les mouvements de type psychanalytique :

Chaque désaccord majeur portant sur la théorie ou la thérapie devait s’adosser à un nouveau groupe social susceptible de l’accréditer, tradition psychanalytique encore confirmée par les dernières scissions dans les instituts freudiens (Hale, The Rise and Crisis of Psychoanalysis in the United States : Freud and the Americans, 1917-1985, p. 26).

Si la science véritable est individualiste dans son noyau, la psychanalyse est, dans toutes ses manifestations, un ensemble de groupes autoritairement soudés autour d’un chef charismatique.

Malgré le fait qu’aucune espèce de corpus de recherches scientifique ne vient la soutenir et en dépit de l’atmosphère autoritaire et fortement politisée du mouvement, la psychanalyse a pu jusqu’à une date récente « se tailler une place très honorable à l’intérieur du monde de la pratique et de l’enseignement de la médecine ». L’Association Psychiatrique Américaine (APA) « a été dirigée pendant de nombreuses années par des psychanalystes cliniciens, que ce soit en qualité de médecin-chef comme le Dr. Melvin Sabshin, ou de président comme l’illustre toute une succession de présidents psychanalystes » (Cooper, ‘The future of psychoanalysis : Challenges and opportunities’, p. 82). L’APA a directement et indirectement soutenu la Société Américaine de Psychanalyse. Le crédit intellectuel accordé à la psychanalyse dans le monde de la psychiatrie au sens large, et une part considérable des ressources financières qu’elle a pu obtenir, n’ont donc pas été le fruit du développement d’un corpus de recherches scientifiques ou de l’expérimentation d’autres types de recherches, mais d’un jeu d’influence politique au sein de l’APA.

La psychanalyse a trouvé une autre source de financement au sein de la communauté juive, bien disposée en sa faveur. La sur-représentation juive parmi les patients désireux d’un traitement psychanalytique est flagrante : dans les années 1960, il y avait 60 % de Juifs parmi les clients des cliniques psychanalytiques. Glazer & Monihan ont fait le portrait de cette sous-culture juive new-yorkaise du milieu du XXe siècle, où la psychanalyse était une institution culturelle centrale qui remplissait peu ou prou les mêmes fonctions que l’appartenance à la religion traditionnelle :

En Amérique, la psychanalyse est un produit spécifiquement juif (…) C’était une façon scientifique de réformer son âme, pour la rendre complète et robuste, qui se séparait, au moins en surface, du mysticisme, du libre-arbitre, de la religion et autres obscures conceptions romantiques que leurs esprits rationnels rejetaient (Beyond the Melting Pot, p. 175).

Patients et analystes participaient à un même mouvement laïc qui conservait les traits psychologiques du judaïsme en tant que mouvement séparatiste, autoritaire et collectiviste à tendance sectaire.

Pour finir, on peut conclure raisonnablement que le véritable analysant de Freud était la gentilité elle-même et que la psychanalyse était essentiellement un acte d’agression contre cette culture. On peut considérer la méthodologie et la structure institutionnelle de la psychanalyse comme des essais de lavage de cerveau de la gentilité visant à obtenir l’acceptation passive de la critique radicale de sa culture, telle qu’elle est contenue dans les prémisses fondamentales de la psychanalyse. Sous le manteau de son jargon scientifique, l’autorité de l’analyste dépendait en dernier ressort d’un mouvement fortement autoritaire dans lequel le désaccord conduisait à l’expulsion et à la confection de rationalisations qui pathologisaient son expression.

Dans une lettre à Karl Abraham, Freud montre qu’il croyait que les Gentils devaient dépasser leurs « résistances intimes » pour accepter la psychanalyse. Comparant son destinataire à Jung, Freud écrivait :

Vous êtes plus proche de ma constitution intellectuelle pour des raisons de parenté raciale [rassenverwandschaft], alors que lui en tant que chrétien et fils de pasteur ne peut cheminer vers moi qu’en rencontrant de grandes résistances intimes (in Yerushalmi, Freud’s Moses : Judaism Terminable and Unterminable, p. 42).

Dans ces conditions, l’acceptation de la psychanalyse par les Gentils représente en un sens la victoire des Juifs sur les tendances « intimes » des chrétiens – autrement dit, la victoire du général sémite sur son adversaire tant haï, la gentilité. Kurzweil a montré que la tendance à la pathologisation du désaccord ne se manifestait pas seulement à l’encontre des dissidents du mouvement, mais aussi à l’encontre de l’ensemble des pays où la psychanalyse n’arrivait pas à prendre racine. Ainsi, le peu de chaleur que la psychanalyse commença par rencontrer en France fut expliqué par la présence de « défenses irrationnelles » (The Freudians : A Comparative Perspective, p. 30) et la situation semblable de l’Autriche par « une résistance générale » à la psychanalyse (ibidem p. 245), expression où le mot « résistance » est à prendre avec tous ses échos psychanalytiques.

Sigmund Freud, par Lug

La psychanalyse, instrument de la critique radicale de la culture occidentale : l’influence culturelle du freudisme

Étant donné que l’idéologie de Freud était délibérément subversive et cherchait en particulier à saper les institutions occidentales touchant au sexe et au mariage, il n’est pas inutile d’examiner ses effets d’un point de vue évolutionnaire. En Occident, le mariage est depuis longtemps monogame et exogame, caractères qui tranchent avec ce qui a cours dans d’autres sociétés stratifiées, en particulier celles du Proche-Orient, tel l’Israël antique.

Les opinions de Freud qui sont font jour dans Totem et Tabou et Malaise dans la Civilisation ne saisissent pas le caractère unique des institutions romaines puis chrétiennes qui ont produit les systèmes d’accouplement, uniques dans leur égalitarisme, de l’Europe de l’Ouest. En Europe de l’Ouest, la répression du comportement sexuel a servi fondamentalement de soutien à la norme sociale de la monogamie, système d’accouplement où les différences de richesses sont beaucoup moins reliées à l’accès aux femmes et au succès reproductif que dans les civilisations traditionnelles non-occidentales, où la polygamie a été la norme. Comme nous l’avons expliqué dans A People That Shall Dwell Alone, la polygamie implique une compétition sexuelle entre mâles, les mâles riches ayant accès à un nombre disproportionné de femmes et les hommes de plus basse condition étant souvent privés de la possibilité de se reproduire. Ce genre de système matrimonial est très commun dans les sociétés stratifiées traditionnelles ; on l’observe dans la Chine et l’Inde anciennes, dans les sociétés musulmanes et dans l’Israël ancien. Tandis que les hommes pauvres ne peuvent pas trouver une femme, celles-ci sont réduites au statut de bien meuble et sont achetées en qualité de concubines par les mâles riches. La norme sociale de la monogamie représente donc un système reproductif relativement égalitaire pour les hommes.

En outre, à cause des niveaux plus élevés de compétition sexuelle entre mâles, le statut de la femme dans les sociétés non-occidentales est incommensurablement plus bas que dans les sociétés occidentales où la monogamie s’est développée. Ce n’est pas un hasard si le mouvement récent pour les droits des femmes s’est développé dans les sociétés occidentales plutôt que dans les autres sociétés stratifiées. La confusion massive caractéristique de la psychanalyse se retrouve chez le proche collaborateur de Freud, Fritz Wittels. Ce dernier attendait qu’une poignée de psychanalystes juifs messianiques inaugurassent une ère de libération et de liberté sexuelle, mais cette attente se fondait sur une incompréhension profonde du sexe et de la psychologie humaine. Wittels condamnait « notre satanée culture contemporaine » qui forçait les femmes à rentrer dans « la cage de la monogamie » (in Gay, Freud : A Life for Our Time, p. 512), remarque qui manifeste une incompréhension complète des effets de la compétition inter-masculine telle qu’elle se manifeste dans la polygamie.

Il y a de bonnes raisons de supposer que la monogamie a été un élément nécessaire du profil démographique particulier, à « pression faible », des Européens, tel que décrit par Wrigley et Schofield. Ce profil démographique découle des mariages tardifs et du taux élevé de célibat féminin pendant les périodes de disette économique. La connexion théorique avec la monogamie est que le mariage monogame aboutit à une situation où les pauvres des deux sexes sont incapables de se reproduire, alors que dans les systèmes polygames, un excédent de femmes pauvres ne fait qu’abaisser le prix des concubines pour les mâles riches. À la fin du XVIIe siècle par exemple, environ 23 % des individus des deux sexes restaient célibataires entre 40 et 44 ans, mais à la faveur d’un changement de conjoncture économique, ce taux chuta à 9 % au début du XVIIIe siècle et l’âge moyen du mariage s’abaissa corrélativement. Tout comme la monogamie, ce schéma était unique en son genre dans les sociétés stratifiées de l’Eurasie.

Ce profil démographique à pression faible semble avoir produit à son tour des effets d’ordre économique. Non seulement les taux de mariage étaient le frein principal à la surpopulation, mais, en Angleterre surtout, cette réponse a fourni l’arrière-plan à des changements économiques favorables, puisque l’accumulation du capital pouvait avoir lieu pendant les périodes fastes au lieu d’être sous la pression constante des bouches à nourrir.

Le fait que l’ajustement mutuel ait pu se faire si librement entre les fluctuations économiques et démographiques a conduit à une augmentation du revenu réel, graduelle, mais importante. Ceci donna l’occasion de sortir du piège des bas revenus, qu’on voit parfois comme le grand inhibiteur de toutes les nations pré-industrielles. Une longue période de hausse des revenus réels, en changeant la structure de la demande, donne normalement un fort coup de fouet à la demande de marchandises qui ne sont pas des biens de première nécessité, et donc aux secteurs économiques dont la croissance est particulièrement importante en cas d’irruption d’une révolution industrielle. (Wrigley & Schofield, The Population History of England, 1541-1871, p. 439)

Il n’est pas absurde donc de supposer que la monogamie, déterminant ce profil démographique à pression faible, était une condition nécessaire de l’industrialisation. L’argument suggère que la norme sociale de la monogamie – encadrée religieusement et culturellement dans les sociétés occidentales – est bel et bien un aspect central de l’architecture de la modernisation occidentale.

Les institutions occidentales touchant au sexe et au mariage ont produit une autre conséquence importante, qui est de favoriser un haut degré d’investissement parental. Comme nous l’avons souligné, une des pires erreurs de Freud a été d’absorber l’amour dans le sexe. C’était aussi son erreur la plus subversive, et on ne saurait surestimer le caractère désastreux des effets produits par l’acceptation de l’idée freudienne selon laquelle la libération sexuelle aurait des effets socialement salutaires.

Contrairement au point de vue psychanalytique, la théorie évolutionnaire est compatible avec une perspective qui distinguerait au moins deux systèmes indépendants influençant le comportement reproductif. Le premier système est celui de la liaison d’une paire d’individus de façon à favoriser la stabilité de la paire et un haut degré d’investissement parental. Ce système place le père dans la famille en position de pourvoyeur de ressources pour les enfants, pourvoyant ainsi une base à des liens d’affection étroits (amour romantique) entre l’homme et la femme. Les recherches en psychologie de l’attachement et de la personnalité donnent assez de preuves de l’existence de ce système.

Le deuxième système est celui de l’attirance sexuelle qui favorise l’accouplement et les rapports sexuels à court terme. Ce système est associé du point de vue psychométrique à l’extraversion, à la recherche de sensations, à l’agression et à d’autres systèmes appétitifs. La recherche en psychologie confirme l’hypothèse que les individus fortement inscrits dans ce deuxième système ont en moyenne davantage de partenaires sexuels et un comportement sexuel moins inhibé. Touchant particulièrement les jeunes hommes adultes, ce système sert de base à un comportement d’accouplement où le rôle des hommes revient à inséminer les femmes plutôt que de procurer un investissement continu aux enfants. Beaucoup de sociétés humaines ont été caractérisées par une intense compétition sexuelle entre hommes pour le contrôle d’un maximum de femmes. Cette recherche masculine d’un grand nombre de partenaires et de rapports sexuels n’a rien à voir avec l’amour. C’est un trait distinctif de la culture occidentale que d’avoir significativement inhibé cette tendance masculine, tout en procurant un soutien culturel à l’établissement de couples et aux mariages d’amour. Il s’en est suivi un système d’accouplement à haut investissement parental et relativement égalitaire.

Par conséquent, la mise en valeur par la psychanalyse de la sexualité et du sexe avant le mariage est en son fond un projet qui promeut un style de vie à faible investissement parental. Le faible investissement parental est associé à la sexualité précoce, à la reproduction prématurée, à l’intempérance et à l’instabilité des couples. Écologiquement, le fort investissement parental est associé au besoin d’une progéniture compétitive. Or, nous avons vu que l’un des aspects du judaïsme en tant que stratégie évolutionnaire de groupe était son insistance sur le fort investissement parental (A People That Shall Dwell Alone, chap. 7). Appliqué à la gentilité, le projet subversif de la psychanalyse devrait avoir pour effet de produire une progéniture moins compétitive ; à long terme, la gentilité devrait se caractériser par un faible investissement parental, et comme nous allons le voir ci-après, les preuves ne manquent pas pour affirmer que la révolution sexuelle inaugurée ou au moins grandement favorisée par la psychanalyse, a produit exactement ce genre d’effets.

À cet égard, il est intéressant de remarquer que la norme sociale monogame en Occident s’est accompagnée du développement du mariage d’amour. Un des traits particuliers du mariage occidental est qu’il connaît un courant qui tend vers le mariage d’amour fondé sur l’affection et le consentement entre partenaires. Bien que la datation de cette révolution affective au sein des diverses couches sociales soit l’objet de controverses, plusieurs historiens ont remarqué combien l’affection dans les rapports entre parent et enfant et entre époux était chose fréquente et importante psychologiquement en Occident depuis le Moyen Âge, ou au moins depuis le dix-septième siècle. Stone fait remarquer qu’à la fin du dix-huitième siècle, « même dans les grandes maisons de la noblesse, l’affection mutuelle était considérée comme un prérequis matrimonial essentiel » (The Road to Divorce, p. 60).

Considérant l’animosité de Freud envers la culture occidentale en général et l’Église catholique en particulier, il est intéressant de voir que la politique ecclésiastique concernant le mariage a comporté un effort largement couronné de succès en vue d’instituer le consentement et l’affection entre partenaires comme des traits normatifs du mariage. L’opposition à l’hédonisme et l’idéalisation de l’amour romantique comme base du mariage monogame ont aussi périodiquement été portées par des mouvements intellectuels occidentaux non-religieux comme le stoïcisme de l’antiquité tardive et le romantisme du dix-neuvième siècle.

D’un point de vue évolutionnaire, le consentement libère les individus pour la recherche de leurs intérêts matrimoniaux, dont font partie la compatibilité et l’affection conjugale. Bien que l’affection puisse tout à fait exister dans des mariages arrangés (aspect mis en avant par certains historiens de la Rome républicaine, comme Dixon), toutes choses étant égales par ailleurs, le libre consentement au mariage est davantage susceptible de faire que l’affection soit un critère important.

Ces constats montrent de manière frappante la différence qui existe entre le judaïsme en tant que stratégie de groupe collectiviste, dans laquelle les décisions individuelles sont submergées par les intérêts du groupe, et les institutions occidentales fondées sur l’individualisme. Au chapitre 7 de notre ouvrage sus-mentionné, nous avons montré des preuves que même après la Première Guerre mondiale, les mariages arrangés étaient la règle chez les Juifs, parce que la base économique du mariage était trop importante pour laisser faire les caprices de l’amour romantique. Bien que le fort investissement parental fût un aspect important du judaïsme en tant que stratégie évolutionnaire de groupe, l’affection entre époux n’était pas considérée comme centrale dans le mariage, à telle enseigne que Cuddihy a pu faire remarquer que toute une lignée d’intellectuels juifs la tenaient pour le produit fort suspect d’une culture étrangère. Les Juifs on continué à pratiquer le mariage consanguin – pratique qui met en évidence le caractère fondamentalement biologique du projet judaïque – bien après 1900, alors que l’Église s’est opposée à la consanguinité comme fondement du mariage depuis le Moyen-Âge. Le judaïsme ne cessa pas de mettre l’accent sur les mécanismes collectivistes de contrôle social du comportement individuel, conformément aux intérêts des familles et du groupe, des siècles après que le contrôle du mariage passa en Occident des familles et du clan aux individus. Contrairement à l’importance donnée par les Juifs aux mécanismes de groupe, la culture occidentale a mis en valeur les mécanismes individuels de l’attirance personnelle et du libre consentement.

Pour conclure, les institutions laïques et religieuses de l’Occident ont produit un système d’accouplement très égalitaire associé à un fort investissement parental. Ces institutions ont donné un rôle central au caractère heureux de l’assortiment et à la bonne entente dans la vie de couple, comme base du mariage. Cependant, quand ces institutions furent l’objet de la critique radicale de la psychanalyse, elles en vinrent à être vues comme porteuses de névroses et la société occidentale elle-même se vit comme malsaine. Les écrits de Freud qui portent sur ces sujet sont pleins de remarques faisant étant du besoin d’une plus grande liberté sexuelle pour dépasser les névroses débilitantes. Comme nous allons le voir, les critiques psychanalytiques plus tardives de la gentilité allaient considérer que la répression de la sexualité menait à l’antisémitisme et portait en germe d’autres maladies modernes.

3 Replies to “Kevin MacDonald : Culture de la Critique – L’implication juive dans le mouvement psychanalytique (5)

  1. Ce que dit Kevin MacDonald sur le caractère sectaire des groupes psychanalytiques, l’hypocrisie de ces juifs qui s’en servaient pour manipuler leurs patients, voire leurs futurs confrères, pour en tirer un maximum de fric, son rôle comme instrument de subversion de la culture occidentale et des traditions séculaires ( multimillénnaires en fait) de notre race, est d’une extraordinaire pertinence et on ne peut qu’applaudir devant cette analyse – construite avec la plus grande rigueur scientifique et historique, contrairement à la pratique charlatanesque qu’elle dénonce – qui reflète bien le génie de son auteur.
    But nobody is perfect, comme j’ai eu envie de répondre sur un autre fil à Yoananda qui soulignait avec malice que le christianisme de notre camarade Gandalf ne nous faisait pas broncher. En apparence seulement, chère amie…
    On a déjà eu quelques débats à ce sujet.
    Mais quand on est ensemble le dos au mur, les divergences idéologiques s’effacent devant la nécessité de survivre.
    Dans un article reprenant l’oeuvre de Bardamu, il a été rappelé que celui-ci avait formulé certaines critiques à l’égard de quelques aspects des écrits de MacDonald. Et avec raison.
    Ce dernier semble allègrement confondre civilisation occidentale et civilisation chrétienne. Il crédite l’Eglise de certains points particulièrement positifs de notre culture, comme la monogamie, la prédominance de l’affection mutuelle sur l’attirance sexuelle dans le choix des conjoints, le libre choix de son partenaire qu’il oppose aux mariages arrangés des sociétés sémites, l’importance du rôle de la femme qui, contrairement à ce qui se passe chez ces moyen-orientaux, n’est pas réduite à n’être pratiquement qu’un simple bien meuble, moins importante qu’un cheval ou un dromadaire, et l’investissement dans l’éducation des enfants, notamment des pères, l’affection mutuelle étant le ciment de nos familles traditionnelles occidentales.
    Là où on ne peut le suivre, c’est précisément quand il met ces caractéristiques positives au crédit du christianisme, allant jusqu’à prétendre qu’elles seraient apparues au moyen-âge et grâce à l’influence de l’église catholique, ayant été revivifiées à l’époque romantique ; rien n’est plus faux.
    Nos aïeux païens n’étaient pas polygames et l’affection et la fidélité était le ciment de leurs foyers bien avant la naissance du Ieshoua ! Homère nous a conté des millénaires plus tôt l’histoire d’Ulysse et de Pénélope, et nul ne peut douter qu’un tel exemple d’affection et de fidélité ne doit rien au christianisme. La femme n’était pas un objet dans la société antique, et Cléopâtre était non-seulement une souveraine remarquable, même si elle a commis quelques erreurs fatales, mais aussi une des personnes les plus cultivées de son temps. Et les pères s’investissaient énormément dans l’éducation de leurs enfants et pas seulement pour apprendre aux garçons à guider la charrue ou manier l’épée. En fait, c’est précisément le christianisme qui a fait régresser tout cela, comme les autres acquis de nos civilisations païennes. Les femmes n’ont pratiquement plus eu accès à l’éducation et les hommes intelligents ont du se faire moines pour avoir accès au savoir.
    Le droit de cuissage des seigneurs locaux et des hommes d’église qui n’étaient pas pédés est devenu la norme, et les familles relativement cultivées de l’Antiquité ont été remplacées par des clans primitifs qui arrivaient tout juste à satisfaire les besoins élémentaires indispensables à leur survie.
    On est retournés au néolithique !
    Ce n’est qu’avec le relâchement de l’étau de l’Eglise sur la société qu’ont pu réapparaître la réflexion et l’amour courtois, grâce à la persistance de ce que le fanatisme chrétin n’avait pu totalement faire disparaître. Alors, attribuer au christianisme ce qu’il y a de beau et de bon dans la civilisation occidentale, c’est une erreur monstrueuse, que commettent hélas ceux qui n’ont pu défaire le lavage de cerveau qu’on leur a infligé dès leur plus jeune âge, soit une escroquerie.
    MacDonald et « Gandalf » étant sincères, je penche pour la première hypothèse en ce qui les concerne. Même certains savants, pourtant illustres dans leur domaine, croient encore aux « bondieuseries » que les culs-raies et leurs parents leur ont inculqué dans leur enfance. Ça ne part pas facilement. C’est pire qu’une tâche de goudron…

  2. Un grand merci à notre ami Lug qui nous a fait le plaisir de dessiner en exclusivité un portrait à sa façon de l’abominable docteur Freud !

  3. Excellente analyse. Quand Jung l’a trop ramené auprès de Freud, celui-ci l’a dégagé de son cercle!
    Par contre, la psychanalyse Lacanienne s’inspire largement de la philosophie allemande (Hegel, Heidegger).

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