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Édouard Drumont : Le peuple juif (1900)

MESDAMES ET MESSIEURS MES CHERS CAMARADES,

Permettez-moi de vous remercier une fois de plus de l’accueil chaleureux et cordial que vous me faites et d’adresser l’expression de notre affection à tous, à Guérin, à l’ami qui est le prisonnier des Juifs à Clairvaux. En traitant le sujet dont je viens vous entretenir, je cède au désir de notre cher et vaillant ami Guérin.

Guérin, dans les loisirs que lui font les juges prévaricateurs et cyniques de la Haute Cour, étudie, vous le savez, les questions économiques et sociales, et parfois il s’en entretient avec moi. C’est ainsi qu’il a été amené à me dire: « Je suis sûr que vous intéresseriez beaucoup nos camarades en montrant les développements successifs de ce mouvement antijuif dont vous avez été l’initiateur. »

J’ai accepté, d’abord pour faire plaisir à Guérin, que j’aime de tout mon coeur, vous le savez, et aussi dans la pensée de me retrouver une fois de plus au milieu de vous. J’ai été séduit ensuite par le sujet qui est d’un considérable intérêt. Je n’ai pas tardé cependant à être effrayé par les proportions qu’il faudrait donner à cette étude. Je crains donc que cette conférence ne réponde pas tout à fait à ce que vous en attendez.

La question juive, en effet, c’est l’Histoire de France tout entière depuis cinquante ans tout au moins, et il est malaisé de faire tenir dans le cadre d’une conférence un tableau aussi vaste, d’y faire rentrer des actions si multiples et des éléments si complexes. Nous sommes heureusement gens de revue et vous me permettrez de ne m’arrêter aujourd’hui qu’à certains points qui me semblent mériter particulièrement votre attention.

Comment nos adversaires expliquent le mouvement antisémite

Qu’est-ce que le mouvement antisémite actuel ? D’où vient-il ? Sur quelles bases repose t-il? À quels sentiments de l’âme française répond-il ? Interrogez tout d’abord là-dessus nos adversaires, non point ceux qui ne procèdent que par l’injure ou la calomnie, mais ceux mêmes qui se piquent de revêtir leurs idées d’une forme à peu près décente. Ils vous donneront des explications qui ressemblent au commencement des contes de fées: « Il était une fois un Roi et une Reine … »

Il était une fois un écrivain qui s’appelait Drumont. Ce Drumont, qui avait été élevé comme externe libre dans les lycées de l’État, et qui était le plus indépendant des hommes, n’en obéissait pas moins aux Jésuites : Perinde ac cadaver et baculus in manu [« à la manière d’un cadavre et du bâton dans la main » – images de l’obéissance parfaite et aveugle qui est exigée des Jésuites]. Pourquoi Drumont obéissait-il ainsi aux Jésuites ? On n’en sait rien ; mais, dans les contes de fées, on ne nous explique pas davantage pourquoi l’Ogre avait des bottes de sept lieues et pourquoi Peau d’Ane portait une robe couleur du soleil ? …

Quoi qu’il en soit, le Père Du Lac dit un jour à Drumont : « Vous devriez faire un livre sur les Juifs ».

Veuillez remarquer, Mesdames et Messieurs, que ce sont les libres penseurs d’autrefois, c’est-à-dire des hommes qui étaient libres et qui pensaient, qui ont, les premiers, dénoncé le péril juif et signalé, les premiers, les méfaits de la bande cosmopolite. Toussenel, l’auteur des Juifs rois de l’Époque, était phalanstérien et libre-penseur. Chirac, l’auteur des Juiveries et des Rois de la République est un socialiste révolutionnaire. Tridon, qui a écrit le Molochisme juif, était membre de la Commune, hébertiste et athée. C’est lui qui a dit :

Les Sémites sont l’ombre dans le tableau de la civilisation, le mauvais génie de la Terre. Tous leurs cadeaux sont des pestes. Combattre l’esprit et les idées sémitiques est la tâche de la race aryenne.


Ces idées ont été reprises par le docteur Regnard dans son beau livre: Aryens et Sémites.

– Celui-là était un calotin, me direz vous. Détrompez-vous ! C’était un blanquiste qui fut, pendant la Commune, le secrétaire de Raoul Rigault. Si le pauvre peuple savait tout cela, il se dirait évidemment : « La question juive n’a absolument rien à faire avec les questions confessionnelles, puisque ce sont des libres-penseurs déterminés qui ont les premiers flétri l’exploitation éhontée et l’envahissement des Juifs. »

– Seulement le peuple qui travaille n’a pas toujours le temps de lire les Juifs rois de l’époque de Toussenel, ou les Juiveries de Chirac. Il croit donc les bourdes que lui racontent les Jaurès et les Rouanet, qui lui affirment que le mouvement antijuif a été organisé dans les sacristies.

Reprenons la suite de notre conte de fées. Quelque temps après ce Drumont, pour faire plaisir au P. Du Lac, publiait donc chez Marpon, qui d’ailleurs était Franc-Maçon, un ouvrage en deux volumes contenant six cents pages chacun. Or, ce Drumont avait un tel talent, un tel génie, que dès qu’il eut publié ces deux volumes de six cents pages chacun, tout le monde se mit à crier: « À bas les Juifs ! ».

Les Juifs, interrogerez-vous, n’avaient rien fait pour qu’on crie : « A bas les Juifs ! » Ils n’avaient pas révolté le pays par leurs méfaits ?

– Les Juifs n’avaient absolument rien fait, vous répondront vos interlocuteurs; c’étaient de très braves gens, très honnêtes et très respectueux du bien d’autrui.
– Et c’est ce Drumont qui, avec du noir mis sur du blanc, a déterminé un pareil mouvement ?
– C’est ce Drumont qui, il est vrai, a été vigoureusement secondé un peu plus tard par Morès et par Guérin.
– Ce Drumont est donc une espèce de sorcier. Un enchanteur doué d’une extraordinaire puissance ?
– Comme vous le dites, c’est un sorcier.

Voilà, Mesdames et Messieurs, les histoires invraisemblables, les histoires qu’on n’oserait pas raconter à des enfants pour les endormir, les histoires moins naïves et moins jolies que les contes de fées, que racontent gravement dans des journaux, dans des revues, des hommes qui posent pour des Pontifes de la Science, qui emploient volontiers le vocabulaire des savants. Voilà ce qu’on ose dire dans ce Paris. où les salles sont trop petites pour abriter les Congrès plus ou moins scientifiques qui doivent se tenir pendant l’Exposition. Si je n’écoutais que la vanité inhérente à l’homme, je pourrais, je devrais accepter cette version ridicule, car ces contes à dormir debout font vraiment de moi un personnage en quelque sorte prodigieux.

J’avoue que je trouve cette légende vraiment trop bête et que je souffre à penser que, dans les faubourgs, des ouvriers confiants, qui d’ailleurs deviennent rares, aient pu ajouter foi une minute à de pareilles billevesées. Vous savez à quoi vous en tenir, Mesdames et Messieurs ; vous savez qu’il ne s’est jamais trouvé un être humain, eût-il l’éloquence de Mirabeau ou de Berryer, l’esprit de Voltaire ou de Paul-Louis Courier, le style magique d’un Rousseau, d’un Chateaubriand ou d’un Victor Hugo, qui ait pu créer ou déterminer à lui seul un courant d’idées.

Quand un écrivain exerce une influence quelconque sur son temps, c’est qu’il représente les idées, les souffrances, les désirs, les aspirations, les indignations, les colères et les intérêts des hommes de son temps.

Les faux savants et leur prétendue méthode expérimentale

Cette étrange façon d’expliquer le mouvement antisémite mérite de votre part plus qu’une attention momentanée; elle vaut que vous preniez la peine de l’étudier et de regarder bien en face tous ces gens qui parlent au nom d’une certaine science. Armés uniquement de votre bon sens, vous ne tarderez pas à vous convaincre que là encore, nous sommes victimes d’une véritable fantasmagorie. Le monde juif et judaïsant a fait pour les idées ce qu’il a fait pour les valeurs : il a mis en circulation des faux papiers, il a créé des apparences d’idées qui ressemblent à ces sociétés financières dont les bilans ne résistent pas à l’examen dès qu’on les regarde de près. Quel est le programme de ces hommes, leur base d’études, leur déterminatif de jugement, leur critérium en un mot ? Ils vous disent:

« Les faibles mortels d’autrefois étaient des mystiques, des illusionnaires et des naïfs qui vivaient dans les chimères, qui étaient en plein surnaturel; nous, nous sommes des positifs, nous ne croyons qu’à la méthode expérimentale; nous n’admettons que les faits démontrés. »

C’est là une méthode de travail qui est excellente en elle-même. Allons donc voir un de ces savants qui ne se soit pas trop sali dans l’affaire Dreyfus et avec lequel on puisse conserver quelques rapports. Il vous expliquera qu’il travaille à un livre sur l’Hérédité, qu’il a réuni des observations précieuses sur cette question très passionnante et qui a été déjà admirablement traitée dans des ouvrages de très haute valeur. Il vous montrera, non seulement des tares physiologiques, mais des tics, des gestes, se reproduisant avec une précision implacable de génération en génération, des enfants naturels qui n’ont jamais connu leur père et qui se suicident comme leur père s’est suicidé et de la même façon que leur père. C’est de ces bribes, de ces copeaux scientifiques recueillis de-ci et de-là que Zola a fait la charpente d’une œuvre qu’il avait rêvée de donner comme pendant à la Comédie Humaine de Balzac.

Dans les Rougon-Macquart, il a prétendu écrire l’histoire d’une famille suivie dans ses branches différentes. Les obscénités, les saletés, les descriptions de latrines et de lupanars qu’il a mises dans chaque volume n’étaient qu’un moyen de chauffer la vente, mais le fond était dans sa pensée une thèse scientifique et philosophique. Dans cette voie, on en est arrivé à discuter sérieusement, dans l’intérêt social, la nécessité de voter des mesures légales pour interdire le mariage entre conjoints atteints de maladies héréditaires. Vous prenez plaisir à causer avec un de ces hommes qui souvent sont intéressants, car derrière les observations sèches et arides qu’ils ont pu faire et qu’ils vous transmettent, vous apercevez des drames où la vie réelle saigne, crie et pleure. En terminant, vous dites à votre interlocuteur: « Alors vous êtes Antisémite ? » Votre homme proteste, s’indigne:

« Moi Antisémite ! Les idées antisémites sont des réminiscences de la barbarie. La glorieuse Révolution de 89 a supprimé à jamais les différences entre les hommes. Tous les hommes sont frères, égaux, semblables.

– Voyons, causons tranquillement, dites-vous à votre faux savant. On ne nous écoute pas et vous serez tout de même décoré ou promu au 14 Juillet prochain. Vous venez de démontrer la mystérieuse puissance de l’hérédité, vous venez de commenter devant nous la parole de Montaigne : « Quel monstre est-ce, que cette goutte de semence, de quoy nous sommes produicts, porte en soy les impressions, non de la forme corporelle seulement, mais des pensements et inclinations de nos pères ? »

« Contesterez-vous que la race juive, par les conditions mêmes dans lesquelles elle a été placée, ait conservé presque partout l’intégralité du type premier ? Admettez-vous qu’un Juif, dont le père habitait, il y a quelques années encore, un ghetto de Francfort, de Prague ou de Wilna, ait la même conception de la Patrie que des Français qui ont derrière eux d’innombrables générations de Français, qui ont partagé toutes les joies, tous les revers, toutes les émotions de la France ? Vous affirmez que chez beaucoup de Français, les croyances ne sont que des survivances d’impressions ataviques ! Contestez-vous que le cerveau du Juif n’ait pas été façonné et pétri par ce Talmud qui fut la constante et unique lecture du Juif pendant des siècles ?

Que vous dit en substance ce Talmud ? Un goy, une goy, un chrétien, une chrétienne, sont des bêtes, des chiens et des chiennes. S’ils ont des figures humaines, c’est parce que, ainsi que le Talmud vous l’enseigne, il ne serait pas convenable que les Juifs fussent servis par des animaux.

Vous dire ceci, Mesdames et Messieurs, c’est vous faire saisir d’une façon en quelque sorte tangible et matérielle, l’indigence mentale, la débilité d’esprit, l’absence de logique et le manque de caractère de tous ces Mandarins intellectuels que vous avez vus à l’oeuvre dans l’affaire Dreyfus. Sur ce terrain-là, pas plus que sur tant d’autres, vous ne trouverez un homme qui soit capable de discuter, d’argumenter, de raisonner. Je ne suis pas un éclectique, car ce mot implique une certaine indifférence, mais je suis un esprit ouvert et les idées des autres ne m’effrayent pas. J’ai cherché bien souvent, de très bonne foi, ce qu’il pouvait y avoir dans le cerveau de Jaurès ; je n’ai jamais trouvé dans tout ce qui sortait de lui que des périodes, plus ou moins bien rythmées, des phrases, des mots, de la mousse.

En réalité, ces hommes qui se donnent comme des scientifiques sont des lyriques d’un genre inférieur, des déclamateurs et des exaltés à froid. Ils ont de vilaines extases, mais ce sont des extatiques à leur façon. Dans la montagne d’articles publiés à propos de l’affaire Dreyfus, vous ne trouverez jamais que des exclamations : « Justice ! Vérité ! Civilisation ! Lumière ! » Vous ne rencontrerez jamais un fait laissant même supposer l’innocence de Dreyfus.

Il ne faut pas imiter les êtres de ce genre qui, en toute occasion, se réclament contre des officiers français du témoignage de nos ennemis, mais en ce temps d’Exposition, il est bien difficile de ne pas se heurter à un étranger désireux de s’entretenir avec vous. On ne peut se douter du mépris qu’ont les vrais intellectuels du dehors, les professeurs patriotes et lettrés des Universités allemandes, pour ces malheureux universitaires français qui n’osent pas dire des Juifs ce que l’on dit partout, ce qui est l’évidence même pour les plus calmes et les moins passionnés. Si les étrangers n’ont que du respect pour les Syveton, pour les Dausset, pour les Vaugeois, qui n’ont pas hésité à briser leur carrière pour défendre la France et l’armée, ils ont éprouvé au contraire, une sorte de stupéfaction à voir les autres renier leur haute mission d’instituteurs de la jeunesse et insulter nos généraux pour défendre un millionnaire juif dont la culpabilité ne fait doute pour personne.

Les nouvelles couches sociales

Ce que je viens de vous indiquer à grands traits vous fait comprendre le travail qui s’accomplit partout en France. Nous aussi, pour employer un mot célèbre, nous annonçons, nous saluons la venue de nouvelles couches humaines qui remplacent les générations qui ont disparu ou qui vont disparaître dans la tombe. Ces nouvelles couches se composent de tous ceux qui, dans notre démocratie française, peuvent raisonner, penser, rassembler des idées. Vous trouverez parmi les représentants de cette démocratie pensante des jeunes gens et des étudiants qui ne sont point de simples arrivistes et qui interrogent anxieusement l’horizon pour y découvrir la lueur qui annonce l’avenir. Vous y trouverez les ouvriers des champs et des villes assez émancipés pour ne pas subir le joug des Comités, pour pouvoir consacrer une heure à lire et à réfléchir, vous y trouverez les petits négociants, les petits employés de commerce qui, en voyageant à travers la France, ont vu le Juif à l’oeuvre et ont pu constater ses méfaits. Ces hommes, qui ont tous des représentants dans cette salle, ne sont pas venus à nous par une sorte d’élan mystique, d’enthousiasme irréfléchi et aveugle ; ils ne se sont pas mis tout à coup et sans savoir pourquoi à crier : « A bas les Juifs ! »

Ce sont des Saint Thomas qui ont voulu voir avant de croire, et qui n’ont cru que lorsque la vie elle-même leur a fait toucher la plaie et qu’ils ont pu y enfoncer leur doigt. Parmi ceux-là, beaucoup avaient travaillé de tout leur cœur et de toute leur intelligence, et ils ont vu les Juifs, qui ne travaillent pas et qui sont arrivés chez nous en haillons, réaliser subitement de mondiales fortunes. Quand ce ne sont pas eux-mêmes qui ont perdu leurs modestes économies dans quelque krach, ils ont vu leurs parents ou leurs amis victimes de ces criminelles opérations que la Justice n’atteint jamais. Ils n’ont rien dit encore, car la faculté de résignation du Français n’a d’égale que l’intensité de fureur qui lui prend quand il en a assez. Indifférents sur leurs propres intérêts et résignés à se laisser dépouiller, ils n’ont été remués au plus profond de leur être que lorsque les Juifs, après avoir volé les habitants du pays qui leur avait donné une si généreuse et si naïve hospitalité, ont affiché cyniquement l’intention de livrer ce pays lui-même à l’étranger. Selon la magnifique expression du général Mercier, que vous acclamiez l’autre soir salle Wagram, « la pieuvre juive nous avait sucé notre or, elle voulait sucer notre honneur.»

Tout ce qui chez nous a encore un cœur français, a été soulevé d’indignation par cet attentat. Tous les Français ont été saisis d’un même frisson de colère en voyant une bande de cosmopolites outrager nos officiers et traîner notre Drapeau dans la boue. C’est alors que les Français ont commencé à entrevoir l’importance de cette question que nous avons posée si souvent parce qu’elle est comme la question initiale qui explique l’Antisémitisme, Pourquoi les Juifs, à toutes les époques, sous toutes les latitudes, au milieu des civilisations les plus différentes et des religions les plus diverses, ont-ils été toujours considérés comme le fléau du genre humain ? Pourquoi les Mahométans, qui invoquent Allah et les Chrétiens, qui invoquent Jésus-Christ, se sont-ils trouvés d’accord pour maudire le Juif ? Pourquoi ce cri d’ « À bas les Juifs ! », après avoir retenti dans la Rome des Césars, dans la Grenade des Kalifes et dans les rues tortueuses du Paris du Moyen Age, retentit-il maintenant sur nos boulevards modernes éclairés à l’électricité ? A cette interrogation, les scientifiques et les intellectuels de l’école de Jaurès et de Rouanet répondent avec désinvolture :

« Cette haine de l’univers entier contre le Juif, cette haine qui s’est perpétuée à travers les siècles s’explique très bien. C’est la faute de Drumont qui, à l’instigation du Père Du Lac, qui, par parenthèse, est l’ami intime du Dreyfus des guanos, a publié chez Marpon un livre en deux volumes de six cents pages chacun, qui s’appelle la France Juive ». C’est ainsi que ces intellectuels faciles à contenter expliquent cinq mille ans d’histoires. Les hommes des nouvelles couches qui poussent l’indépendance jusqu’à vouloir se taire une conviction par eux-mêmes ont été unanimes à trouver que cette explication d’un fait historique, d’une signification si considérable, était légèrement insuffisante ; ils ont jugé même que cette explication n’était vraiment pas scientifique. Je suis un peu de leur avis.

Les Juifs sont un peuple

La raison qui a toujours fait des Juifs des être antisociaux, elle est tout entière dans quelques lignes qui figurent dans un mémoire soumis par Portalis au Conseil d’Etat en 1806, au moment où l’on discutait les moyens de faire entrer les Juifs dans la société française.

L’Assemblée constituante, disait Portalis, avait cru que pour rendre les Juifs bons citoyens il suffisait de les faire participer indistinctement et sans condition à tout les droits dont jouissent les citoyens français ; mais l’expérience a malheureusement prouvé que si on n’avait pas manqué de philosophie, on avait manqué de prévoyance, et que dans certains milieux on ne peut se permettre de promulguer utilement de nouvelles lois qu’autant que l’on a travaillé avant tout à préparer, à former de nouveaux hommes. L’erreur vient de ce qu’on n’a voulu voir qu’une question de tolérance religieuse dans le problème à résoudre sur l’état-civil des Juifs de France. Les Juifs ne sont pas simplement une secte, mais un peuple. Ce peuple avait autrefois sont territoire, son gouvernement ; il a été dispersé sans être dissous, il erre sur tout le globe pour y chercher une retraite et non une patrie, il existe chez toutes les nation sans se confondre avec elles, il ne croit vivre que sur une terre étrangère.

Cette vérité, les Juifs d’une certaine envergure, comme le docteur Herzl, le fondateur du Sionisme, la constatent aujourd’hui :

« Nous sommes un peuple, nous sommes un peuple un », dit le docteur Herzl. Il ajoute : « Je crois comprendre l’Antisémitisme qui est un mouvement très complexe. J’envisage ce mouvement en ma qualité de Juif, mais sans haine et sans peur. Je crois reconnaître ce qui, dans l’Antisémitisme est, plaisanterie grossière, vulgaire jalousie de métier, préjugé héréditaire, mais aussi ce qui peut être considéré comme un effet de la légitime défense. Je ne considère la question juive ni comme une question sociale, ni comme une question religieuse, quelque soit d’ailleurs l’aspect particulier sous lequel elle se présente, suivant les temps et les lieux. C’est une question nationale et, pour la résoudre il nous faut, avant tout, en faire une question de politique universelle, qui devra être réglée dans les conseils des peuples civilisés. »

C’est de ce malentendu, c’est de la méconnaissance de cette vérité ethnique qu’est né l’Antisémitisme. Il suffit d’une faute de calcul pour qu’un vaisseau aille donner sur des récifs, d’une erreur dans un dosage de la poudre ou dans une manipulation chimique pour faire sauter tout un quartier. Les faits de l’ordre politique sont soumis à des lois aussi rigoureuses et aussi précises que les lois de la nature. Les hommes de la Révolution étaient emportés par un si bel élan d’enthousiasme et de foi dans l’avenir qu’ils n’ont tenu aucun compte des renseignements du passé, qu’ils n’ont contrôlé aucun des principes qu’ils faisaient passer dans les lois. C’est parce qu’ils n’ont pas vu ce que les Juifs de bonne foi, comme Herzl, reconnaissent aujourd’hui, que la Révolution a avorté, que la République que l’on rêvait comme un idéal de fraternité et d’égalité a abouti à cette République de Carthage que nous avons aujourd’hui et où, en réalité, les vrais maîtres sont les financiers et les manieurs d’argent.

L’affaire Dreyfus n’a rien appris à ceux qui savaient, mais elle a eu l’immense avantage de faire apparaître comme dans un grossissement soudain et monstrueux, cette vérité, qu’il y avait un peuple juif dont tous les membres étaient solidaires entre eux d’un bout à l’autre de l’univers et qui n’hésitait pas, quand les intérêts de la nation française étaient en antagonisme avec les intérêts de la nation d’Israël, à choisir les intérêts d’Israël. Oui, il y a un peuple Juif. Ce peuple n’a jamais pu être un peuple-chef, parce qu’il lui manquait l’énergie virile et la grandeur d’âme collective qui font les peuples-chefs. En revanche partout où, en lui donnant l’hospitalité, on lui a permis de développer ses instincts envahisseurs, il a été un peuple tyran parce qu’à la ténacité, à la ruse, à l’absence de scrupules, il joignait ce mépris des autres, cet exclusivisme, cet inexorable égoïsme dont a parlé Renan.

Au début de ce siècle, cette idée que les Juifs étaient un peuple n’est très probablement pas apparue aux Juifs eux-mêmes ainsi distinctement qu’elle apparaît à tous aujourd’hui. La chanson n’est qu’une ébauche et qu’un essai d’histoire. Les vers que récitaient les Rhapsodes ont été la première forme de l’Iliade, et l’Iliade est en réalité le premier livre d’histoire profane que l’Humanité ait connu.

Dans cette Marche des Youpins, que vous savez tous par coeur, un de nos camarades, Goudezki, nous a tracé, en une esquisse qui sera précieuse pour l’avenir, le premier chapitre d’une Histoire de l’invasion juive. La Marche des Youpins c’est la Chanson de geste de la conquête sémitique :

Quand ils sont arrivés de tous les coins du monde,
En nombreuses tribus, pour s’implanter chez nous,
Ils étaient si crasseux pleins de vermine immonde,
Qu’en leur touchant la tête, on leur tâtait le pou.
C’étaient les Youpins,
Les petits Youpins.
Les Youpins venus pour faire du « gommerze» ;
C’étaient les Youpins,
Les petits Youpins
Qui ne faisaient pas encore les malins.

À ce moment, les Juifs ne se doutaient pas qu’ils auraient un ministère à eux, un ministère exclusivement constitué pour réhabiliter un traître : le ministère Dreyfus. Ils ne se doutaient pas qu’ils donneraient des ordres à cette armée française qui, jadis, avait conquis l’Europe, et qu’ils chasseraient successivement tous les chefs de l’État-Major général qui refuseraient d’être leurs valets. Il y a quarante ans seulement, ils n’aspiraient encore qu’à se faire une place parmi nous, la meilleure,naturellement. Le fait que les Juifs constituaient un peuple et que ce peuple devait être notre maître, ne se dégagea que par la force même des choses.

Sur ce point, nous avons le témoignage d’un savant, d’un vrai savant celui-là, d’un homme qui serait depuis longtemps membre de toutes les Académies s’il avait voulu mentir et, comme tant d’autres,prostituer la science au service des idées juives. M. Vacher de Lapouge qui d’ailleurs, est aussi libre-penseur, pour le moins, que Toussenel, que Chirac, que Tridon, que Regnard, a indiqué ce qu’il y avait eu de fatal, d’irrésistible en quelque sorte dans ce fait des Juifs, une fois émancipés, se constituant comme peuple à part et bientôt comme peuple dominateur au milieu des Patries qui s’étaient ouvertes trop facilement devant lui:

Il est assez curieux, dit M. Vacher de Lapouge dans son livre l’Aryen, de voir que les Juifs ne paraissent pas avoir compris d’abord le rôle politique assigné à leur race par la destinée. C’est d’une manière automatique et, probablement tout à fait inconsciente, que la conquête du pouvoir dans l’Europe centrale et occidentale a commencé. Dès que les Juifs ont été livrés en toute liberté à l’exercice de leurs instincts, dans une société où les intérêts économiques sont considérés en première ligne, leurs aptitudes majeures à l’accumulation des capitaux les ont désignés comme les hauts barons de l’aristocratie du capital. C’est par l’acquisition des richesses que commencent toutes les aristocraties, mais la leur a cela de particulier qu’elle s’est fondée sur une acquisition pacifique et dépourvue de risque. Ils se sont emparés de l’argent par la force des instincts ataviques, et l’argent leur donnera bientôt, sans doute, la suprême puissance, parce qu’il est aujourd’hui seul Dieu et seul roi.

Les Juifs clairvoyants ont pris conscience de ce rôle. L’idée d’une conquête possible du pouvoir, et de son exploitation raisonnée, devient peu à peu courante dans Israël. Il se constitue, par la force des choses, une puissance gouvernementale qui ne connaît pas de frontières, et qui peut conduire, s’il n’arrive point d’accident, à la constitution de ces États-Unis d’Europe, subordonnés à une oligarchie juive, dont j’ai parlé déjà comme d’une hypothèse admissible. Le mouvement qui s’opère ainsi devient plus volontaire, plus raisonné. Il se révèle aux yeux perspicaces par une infinité de faits, et je suis étonné que peu de contemporains le comprennent. À part les livres de Drumont et de quelques Antisémites, à part un petit nombre de mémoires et de brochures allemandes et un petit livre bleu inconnu sur les États-Unis d’Europe et la domination juive écrit en français par un auteur dont j’ai oublié le nom, presque rien n’a été publié sur cette question importante. Je serais presque tenté d’ajouter, puisque ici nous sommes réunis pour nous livrer à une étude historique et psychologique à la fois, que beaucoup de Juifs ont dû recevoir de la manifestation de la puissance de leur race plus d’inquiétude que de satisfaction.

Il y a une scène très pathétique et très belle dans le Daniel Deronda de Mme Elliot, qui a inspiré la Femme de Claude, de Dumas fils, la scène où Mordecaï, Mardochée, révèle à Daniel qui avait été élevé jusqu’alors en dehors du Judaïsme, qu’il est Juif, qu’il a des devoirs envers sa race, qu’il se doit à sa race. Daniel Deronda accepte. Les Juifs aussi ont accepté quand, au moment de l’affaire Dreyfus la dissociation s’est faite entre le peuple français et le peuple juif, quand il a été prouvé qu’il y avait un peuple français et un peuple juif. Mais à la joie de la nationalité juive reconquise, affirmée et brutalement triomphante de tous les éléments français, s’est mêlée malgré tout la préoccupation de l’avenir et le pressentiment des revanches.

À l’esprit de plus d’un est revenu le douloureux souvenir de la façon dont les nations livrées à l’étranger par les Juifs, comme l’Espagne fut livrée aux Arabes, reconquièrent leur indépendance après un temps plus ou moins long et châtient alors effroyablement ceux qui se sont entendus avec l’ennemi pour les livrer. Ce n’est pas sans angoisse, soyez-en sûrs, que le Juif errant qui se croyait enfin arrêté pour longtemps et tranquille sous les lambris dorés de quelque demeure quasi-royale, a entendu le terrible cri : « Marche ! Marche! Marche vers la domination, vers l’oppression des Goym, vers la réalisation de ce rêve que les Juifs ont espéré si souvent avoir atteint et qui s’est toujours terminé pour eux par les catastrophes et les châtiments ! »

Le mouvement sioniste

A ce peuple qui est un peuple, le docteur Herzl veut redonner une Patrie ; et je n’y vois pas d’inconvénient, pourvu que cette Patrie ne soit pas la mienne ; il propose la création d’un état juif en Palestine ou dans l’Argentine. L’idée paraît chimérique ; en réalité elle l’est moins que celle d’assujettir un peuple qui a comme la France quatorze siècles d’existence et de gloire à une poignée d’hommes qui, il y a cent vingt ans, n’avaient pas même le droit de séjourner chez nous.

Pour moi je ne vous cache pas que j’ai vu avec grand plaisir au mois d’avril 1899, dans un certain nombre de journaux, et notamment dans les Archives Israélites, la grande annonce de la Compagnie nationale Juive au capital de 200.000 livres sterlings, 50 millions de francs, dont le secrétaire général est M. Loewe. J’ignore si ce Loewe est parent du président de la Chambre criminelle de la Cour de cassation, qui avait tant de tendresse pour Dreyfus.

La Compagnie coloniale juive, dit le prospectus, est constituée en Société anonyme à responsabilité limitée en vertu du vote des Congrès sionistes de Bâle, de 1897 et 1898. Son siège social est en Angleterre. La Compagnie n’a pas pour but exclusif l’acquisition de bénéfice est la distribution de dividendes. Elle sera aussi l’instrument financier appelé à réaliser les visées pratiques du Sionisme. La Compagnie les favorisera par la concentration et la combinaison commerciale du capital et de l’industrie – de préférence juifs – dans les contrées dont la colonisation est projetée, notamment la Syrie et la Palestine. Toutefois, les opérations de la Compagnie ne s’y localiseront, pas nécessairement. Elle a la faculté de fonder, d’étendre et d’exploiter des industries et entreprises de colonisation aussi bien que de se livrer aux opérations ordinaires de Banque dans toute autre région du globe, selon que l’exigera l’intérêt du peuple juif, conformément à l’opinion du Conseil d’administration. Afin de placer la Compagnie à la portée de toutes les classes, le taux nominal des actions est fixé à une livre sterling.

Ce mot, le PEUPLE JUIF, arboré fièrement dans les journaux, m’a ravi. Chacun voit les choses à sa façon. Cet appel de fonds, qui semble n’avoir qu’une importance secondaire, en a une très grande à nos yeux, et nous pensons qu’il sera peut être un des documents les plus importants de l’Histoire. C’est pour nous un fait social plus gros de conséquences que beaucoup de batailles. Jusqu’ici le Juif n’a agi, chez nous, que sous le masque ; il n’a jamais fondé de Sociétés qui s’intitulassent loyalement Société Juive ; il a fondé des Sociétés qui n’avaient pas d’étiquette déterminée, et grâce auxquelles il a pu rafler, sous prétexte de mines fantastiques, ou de chemins de fer dans la Lune, les économies de malheureux Français qui avaient travaillé toute leur vie. Au bout d’un certain temps, le Français, le goy, c’est-à-dire le gogo, était réduit à aller mourir à l’hôpital ou à se supprimer lui même par le suicide.

Quant au Juif, qui n’avait rien auparavant, il s’installait dans les demeures princières de l’ancienne France ; il chassait à Fontainebleau comme François Ier, ou à Marly comme Louis XIV ; il portait la rosette ou la cravate de commandeur de la Légion d’honneur qu’on lui donnait pour le récompenser d’avoir dépouillé le pauvre monde. Aujourd’hui le cas est différent ; le Juif est sorti de l’équivoque ; il entre dans la voie des aveux, il reconnaît qu’il y a un peuple juif ; il fait appel à ses coreligionnaires pour une oeuvre franchement juive, et, encore une fois, je trouve cela très bien, je trouve cela très intéressant et, jusqu’à un certain point très louable.

Vous remarquerez encore, Mesdames et Messieurs, combien toutes ces choses, qui seront les questions passionnantes et brûlantes de ce vingtième siècle qui commence, sont peu dans la discussion courante. La Presse, les Revues, les Académies, tout ce qui prétend représenter le mouvement intellectuel les ignore absolument. On interviewe longuement un farceur quelconque, on analyse subtilement un roman scandaleux, on consacre des articles à une comédienne qui a perdu son chien. Qui donc s’occupe de ce mouvement sioniste qui compte déjà cinq cent mille adhérents qui, dans la souscription ouverte à Londres, a réuni 250.000 souscripteurs, presque tous recrutés dans le peuple, qui a organisé trois Congrès qui ont présenté un considérable intérêt et dans lesquels figuraient des délégués de toutes les nations

Il faut savoir

Vous dire ceci, Mesdames et Messieurs, c’est vous faire constater combien notre ami Guérin a été heureusement inspiré, cette fois encore, en organisant ces conférences hebdomadaires où nous nous instruisons réciproquement, puisque chacun traite la question qu’il connaît bien. En présence des événements qui se préparent, il est nécessaire avant tout d’être instruits, d’être prévenus, de savoir. En 1871, les soldats de la Commune ont massacré quelques pauvres prêtres qui ne leur avaient jamais fait de mal, et ils ont installé une barricade devant l’hôtel de Rothschild sans avoir jamais eu l’idée d’y entrer. Ils ne savaient pas. Les soldats de Versailles ont fusillé trente mille Français. Ils ont fait à la France une saignée qui l’a appauvrie et épuisée pour de longues années, qui explique la torpeur et l’anémie de notre temps. Ils n’ont pas songé une minute à s’en prendre à ceux qui dans l’ombre avaient préparé les pièges dans lesquels nous sommes tombés au moment de la guerre. Ils ne savaient pas. Il faut savoir. C’est à cette préoccupation très urgente et très juste, je le répète, qu’a obéi Guérin en organisant ces conférences, que vous suivez avec tant d’attention.

Dès à présent, vous pouvez vous rendre compte qu’il y a une double action juive. Les grands Juifs, les barons, ceux qui tiennent le monde politique dans leurs mains, ont tiré de la malheureuse France tout ce qu’ils en pouvaient tirer par les emprunts et les sociétés financières ; ils sentent qu’ils vont avoir des comptes à rendre et ils disent à l’Angleterre et à l’Allemagne :

Nous avons désorganisé complètement le service des informations militaires, nous l’avons enlevé aux officiers pour le donner à des agents comme Grumbach, parent de Dreyfus, ami de Weill et de Triponé. L’État-Major de l’armée n’existe plus, et, au moment d’une guerre, nous y mettrions, à défaut de Picquart, l’homme que désignerait Dreyfus. Dans ces conditions vous êtes sûrs, dans la prochaine guerre, d’écraser la France trahie et livrée partout.

En échange du service que nous vous rendons et qui est plus important pour vous que celui que vous rendrait une puissance disposant de quatre ou cinq corps d’armée, nous vous demandons : d’abord de nous garantir les fortunes énormes que nous avons réalisées aux dépens des Français : ensuite de faire de nous vos argentiers, vos intermédiaires, vos agents fiscaux, vos percepteurs et vos collecteurs d’impôts pour les opérations que nécessitera la fabuleuse rançon que vous exigerez de la France vaincue.

En fait, si ce plan réussissait, les Juifs auraient rétabli à leur profit un régime féodal analogue à celui qui suivit la conquête germaine et franque et l’écrasement des Gallo-Romains. Ceci ne changerait rien en réalité à ce qui est, puisque les Juifs ont déjà dans leurs mains tous les ressorts de la vie sociale : les ministères, le Parlement, les Tribunaux, les Académies, les agences, les journaux. Ce serait en tout cas la consécration officielle et légale d’an état de choses qui n’existe encore que d’une façon, somme toute, précaire, et qui pourrait être modifié par un réveil du suffrage universel.

Cette conception est celle de la Juiverie aristocratique, de la Juiverie milliardaire. Le mouvement sioniste représente plutôt l’élément démocratique de la Juiverie. C’est la continuation de la lutte entre les Pharisiens et les Esseniens. Les Juifs qui adhèrent aux idées du docteur Herzl disent :

Il y a des milliers d’années que ces histoires durent et qu’elles finissent toujours mal pour nous. Quoi qu’en prétendent les scribes payés par la Haute Banque, l’Antisémitisme n’a jamais été une question religieuse. Malgré le concours de l’étranger, il nous faudra au moins cent ans pour soumettre la France à un esclavage absolu. Ces cent années seront remplies de luttes, de révoltes, de soulèvements. Profitons de la puissance que nous possédons actuellement pour nous constituer en nation, pour nous faire accorder un territoire et y fonder un État juif.

Très probablement, les Juifs des deux partis se réuniront contre nous, mais il n’était pas inutile cependant de noter les divergences de vues et aussi la différence d’objectif qui existent entre eux. Après avoir décrit le mouvement Juif, il serait nécessaire de décrire le développement du mouvement antijuif, le chemin parcouru depuis 1886, époque à laquelle fut publiée la France Juive, la pénétration de plus en plus profonde de nos idées dans les intelligences et dans les âmes françaises. Ce sera l’objet d’une seconde conférence. Ce qu’il convient de bien souligner dès à présent, c’est que les progrès de notre cause ont correspondu logiquement à l’envahissement de plus en plus évident du Juif. Après s’être attaqué à notre argent, les juifs se sont attaqués à notre honneur militaire, après le Panama, ils nous ont donné l’affaire Dreyfus et c’est l’affaire Dreyfus qui a dessillé les yeux des moins clairvoyants et arraché aux plus hésitants et aux plus réservés le le cri d’ « À bas les Juifs ! ».

C’est très logiquement aussi, et par une loi en quelque sorte naturelle, que I’Antisémitisme a trouvé les hommes qu’il lui fallait. Morès, mort héroïquement pour la France, Guérin supportant avec une stoïque fermeté une dure captivité à Clairvaux, ont attesté qu’une cause qui avait de tels champions était vraiment une cause noble et généreuse, une cause à laquelle appartenait l’Avenir.

L’Antisémitisme, a dit très justement Georges Thiébaud, sera la Révolution de demain.

Cette Révolution traverse les phases par lesquelles doit nécessairement passer toute Révolution. La France Juive a représenté l’apostolat de l’Idée. Morès et Guérin représentent l’Idée passé dans les faits, prenant une réalité et un corps, entrant dans la période d’organisation.

Max Régis, avec son courage et son ardeur parfois un peu trop impétueuse, nous montre la jeune Algérie débordant d’énergie et de vitalité, résolue à s’affranchir du joug ignominieux du Juif pour venir donner la main à la France et l’aider à s’affranchir à son tour. C’est à vous, mes chers amis, qu’ils appartient de hâter l’heure du triomphe définitif. Ce triomphe, en effet, sera pour cette France que nous aimons d’un amour plus ardent à mesure qu’on l’outrage et qu’on la menace davantage, le signal de la résurrection et le commencement d’une ère de justice, de prospérité et de gloire.

3 Replies to “Édouard Drumont : Le peuple juif (1900)

  1. Aucun des journalistes fameux qui bouleversèrent avec lui la France à la fin du dernier siècle n’est lisible. Drumont est non seulement lisible, mais on le relit avec une admiration toujours neuve. Son écriture est infiniment plus solide, plus proche de nos vraies traditions que celle des naturalistes et des impressionnistes, ses contemporains, un Maupassant, un Zola, le Goncourt des romans. II est exact que par sa puissance d’observation, sa véracité de portraitiste, il a eu en lui du Saint-Simon et du Balzac (il ne cessait d’ailleurs de relire l’un et l’autre). Je voudrais citer quelques-unes de ses splendides formules. Je renonce à choisir parmi ces éclairs incessants. Et Drumont possède encore en propre un humour, une bonhomie de géant rabelaisien qui, liés à sa faculté constante d’indignation donnent a tous ses pamphlets ce poids humain dont nous n’avons retrouvé depuis l’équivalent que chez Céline. Car un pamphlétaire qui n’est que spirituel, qui est mû surtout par le fiel de sa nature, perd vite de sa force. Tout grand pamphlétaire a un fond de vaste bonté. S’il se jette avec cette fureur dans la bagarre, c’est par altruisme, parce qu’il aime ses semblables, sa patrie, et qu’il ne peut vraiment les voir s’abîmer, périr, sans crier gare, sans bondir au collet de leurs détrousseurs et de leurs assassins. Nous ne sommes pas surpris d’apprendre qu’au témoignage de tous ceux qui l’ont réellement connu, Drumont ait été « un brave type », comme l’est aujourd’hui notre Céline, le médecin si doux des petits moutards de Bezons.

    Lucien Rebatet, Je Suis Partout du 28 avril 1944

    1. Oui, ils étaient des hommes justes et bons, et on les a diffamés et souvent traités comme des criminels, simplement parce qu’ils voulaient le bonheur des gens et dénonçaient ceux qui ne voulaient que leur malheur.
      Les porteurs de vérité ont été étouffés et les (((menteurs))) ont pu mener nos peuples vers la décadence et l’extinction sans rencontrer pour l’instant de résistance appréciable.
      Mais ça ne va pas durer.
      N’ayant aucune retenue, ils sont allés trop loin et beaucoup de Blancs sont en train d’ouvrir les yeux. Ils ne les refermeront plus.

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