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Que savaient les services secrets britanniques au sujet de l’Holocauste ?

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Article de Christoph M. Wieland publié par Inconvenient History, puis par Tabou # 23, p. 51-64. 

Dans son livre The Ultra Secret, publié en 1974 [trad. fr. Ultra, R. Laffont, Paris, 1976], Frederick W. Winterbotham a révélé pour la première fois que, très peu de temps après le début de la Seconde Guerre mondiale, les services de renseignement britanniques avaient été en mesure d’écouter quasiment toutes les communications radio de l’armée allemande.

En sa qualité de capitaine de la Royal Air Force et d’officier du renseignement militaire, Winterbotham supervisait les activités de la Government Code & Cypher School (École gouvernementale du chiffre et du code) de Bletchley Park, où des cryptanalystes déchiffrèrent le code « Enigma » qu’utilisaient les cryptographes allemands afin de brouiller les messages émis par l’armée de terre, la marine et les forces aériennes allemandes.

Sept années devaient encore s’écouler avant que le public apprenne que le personnel de Bletchley Park était capable de faire bien mieux que de simplement lire les messages militaires que rédigeaient les Allemands. En 1981, le cryptanalyste Francis H. Hinsley a publié le deuxième volume de son ouvrage British intelligence in the Second World War. Le livre d’Hinsley a révélé que les services de renseignement britanniques écoutaient également les signaux radio émis par la police allemande, le SD et la SS. Cela permettait aux Britanniques d’obtenir non seulement des informations fiables sur ce qui se passait sur les arrières du front russe, mais aussi sur les événements qui se déroulaient dans les camps de concentration.

Le 19 mai 1997, le gouvernement britannique a remis les documents décodés à Bletchley Park au Public Records Office [service des archives] de Londres, les rendant ainsi accessibles au public et aux chercheurs. Curieusement, seuls quelques historiens de l’Holocauste se sont intéressés aux informations relatives aux camps de concentration. La raison de cet étonnant manque de curiosité s’explique probablement par la remarque suivante d’Hinsley :

Les messages en provenance d’Auschwitz, le plus grand des camps, avec 20.000 détenus, mentionnent la maladie comme cause principale de mort, mais font également référence à des exécutions par pendaison et fusillade. Les messages décodés ne font aucune allusion à des gazages. (F. H. Hinsley, op. cit. p. 673)

Le présent article a pour objet de résumer les informations obtenues par le centre de Bletchley Park sur ce qui se passait au camp de concentration d’Auschwitz. En dépit de la déclaration sans équivoque d’Hinsley, les informations des services de renseignement britanniques continuent, comme précédemment, de susciter de multiples interprétations et spéculations. Dans le même temps, la question qui prime sur tout le reste porte toujours sur ce que les Britannique « savaient de l’Holocauste ».

Ainsi que le montrent les documents de Bletchley Park, le commandant d’Auschwitz devait rédiger un rapport quotidien. A l’exception du dimanche, ces messages consistaient en des comptes-rendus sur les arrivées (Zugänge) et les sorties (Abgänge) de détenus des camps. Durant plus de treize mois, de janvier 1942 à janvier 1943, les services de renseignement britanniques ont suivi et décodé ces rapports provenant du camp de concentration d’Auschwitz et destinés à la direction de l’administration économique de la SS [SS-Wirtschafts-Verwaltungshauptamt] basée à Orianenburg.

Les messages décodés ont permis de recueillir des statistiques très précises. Les messages radio du 28 octobre 1942 – pour prendre un jour au hasard – révèlent par exemple que le camp de concentration d’Auschwitz hébergeait un total, tout compris, de 25.298 détenus : 18.754 hommes et 6.544 femmes ; dont 10.755 Juifs, 8.822 Polonais, 1.369 Russes et 1.578 Allemands. On apprend également que, le 28 juillet 1942, il y eut exactement 787 Zugänge et 168 Abgänge. Zugänge faisait référence à l’arrivée de nouveaux détenus ; Abgänge aux décès, aux exécutions,aux libérations et aux détenus transférés vers d’autres camps.

Ces messages radio quotidiens comportaient aussi des informations complémentaires sur Auschwitz. On y signalait par exemple que les horlogers juifs étaient transférés au camp de concentration de Sachsenhausen ; que les ouvriers polonais ne pourraient être envoyés ailleurs (verschickt) que lorsqu’ils sortiraient de quarantaine ; que les prisonniers de guerre britanniques étaient très demandés comme kapos ; et que l’on faisait tout, en septembre 1942, pour trouver un successeur à l’actuel médecin de la garnison.

En ce qui concerne l’Holocauste, les Abgänge étaient naturellement d’un intérêt tout particulier. En réalité, au cours de l’année 1942, le nombre mensuel des Abgänge a varié de façon inhabituelle. Alors que, normalement, le nombre des Abgänge concernait à peu près 2.000 détenus par mois, il y eut une très nette augmentation de ce chiffre en juillet, août, septembre et octobre. Ce sont par exemple 8.352 Abgänge qui furent signalés pour le mois d’août 1942.

Ainsi qu’il ressort clairement des messages, le nombre anormalement haut des Abgänge était dû à une épidémie de typhus dans le camp d’Auschwitz. (Bletchley Park Summary Reports ZIP/OS1 du 21 août 1942) Connu parfois sous le nom de « fièvre des camps », le typhus est, comme on sait, transmis par les puces et les poux. Lorsque les conditions d’hygiène sont dégradées, il apparaît inévitablement dans quasiment tous les camps de ce genre. Selon les messages radio décodés, il fallut environ quatre mois aux autorités d’Auschwitz pour venir à bout de l’épidémie. Ce n’est qu’en novembre et décembre 1942 que les chiffres revinrent à la moyenne d’environ 2.000 Abgänge par mois.

Ainsi que nous l’avons signalé plus haut, le camp de concentration d’Auschwitz avait réclamé, en août 1942, que l’on désigne un successeur à son médecin de garnison d’alors. Ce successeur, qui entra en fonction le 6 septembre 1942, était le Dr Eduard Wirths. Dans ses notes, Wirths a tracé un tableau saisissant des conditions qui régnaient alors à Auschwitz :

J’ai découvert des conditions carcérales inimaginables. Il n’y avait pas d’eau courante, pas de latrines utilisables, aucun moyen de se laver. Les baraques hébergeant les prisonniers étaient surpeuplées et manquaient de châlits. Les poux grouillaient sur les planchers, les corps et les vêtements des détenus. Les murs étaient noirs de puces. L’état dans lequel se trouvaient les détenus était tout simplement incroyable : ils étaient émaciés jusqu’aux os, dévorés par les parasites, et des cadavres gisaient au milieu des vivants. Des centaines de détenus mourants étaient éloignés, mais parfois ils gisaient parmi les vivants des jours durant. (Ulrich Völklein, Dr. Med. Eduard Wirths. Ein Arzt in Auschwitz, p. 40)

Il était évident que l’épidémie allait s’étendre aux gardiens également. Les interceptions de Bletchley Park signalent par exemple que, le 4 septembre, « le camp tout entier a été placé en quarantaine » (Bletchley Park Summary Reports ZIP/OS2 du 27 octobre 1942) et que, « en octobre, onze SS ont été hospitalisés pour des cas présumés de typhus ». (BPSR ZIP/OS3 du 29 octobre 1942)

Le Dr Wirths est le grand personnage au milieu du premier rang

Wirths parvint temporairement à contrôler l’épidémie en faisant construire des baraques supplémentaires, des infirmeries, en faisant installer de nouveaux égouts et de nouvelles canalisations ainsi que des latrines;il prit d’autre part des mesures pour juguler l’infection.

Par l’intermédiaire du Conseil de l’Ordre des médecins [Ärztekammer], nous avons demandé l’autorisation de distribuer du pain blanc et du lait. En lieu et place de l’eau potable polluée, j’ai veillé à faire distribuer des boissons telles que du café ou du thé. J’ai ordonné la mise en place de cuisines roulantes pour les détenus astreints au travail, car en raison des grandes distances séparant les chantiers de leurs quartiers d’habitations et cantines, il arrivait que les travailleurs n’aient aucun repas chaud de toute la journée. Lorsque l’usage de roulantes n’était pas possible, j’envoyais des camions livrer des repas chauds sur les chantiers. J’ai demandé la permission d’autoriser les prisonniers en voie de guérison à ramasser des légumes sauvages et des herbes médicinales. Dans le même temps, j’ai voulu que les femmes juives confinées par l’administration du camp soient autorisées à prendre l’air. J’ai demandé que du repos soit accordé aux détenus physiquement épuisés, et même que l’on construise des bâtiments intégralement destinés au repos. (U. Völklein, op.cit. p. 42)

Le combat du Dr Wirths contre les épidémies dut être un véritable rocher de Sisyphe. En effet, il y avait de nouveaux cas de typhus dans chaque nouveau convoi ferroviaire qui arrivait au camp. Ainsi, le 28 janvier 1943, Bletchley Park remit un rapport d’où il ressortait « qu’il y avait 36 cas de typhus parmi les détenus arrivés le 22 janvier » (BPSR ZIP/OS6 du 28 janvier 1943).

Durant l’été 1942 commencèrent à circuler les premiers rapports polonais et juifs [NOTE : la première mention d’une extermination des Juifs apparaît dans ce que l’on nomme le « télégramme Riegner » du 8 août 1942. Le 8 août 1942, le chef du bureau genevois du Congrès juif mondial écrivit aux gouvernements de Londres et Washington qu’il avait été décidé à Berlin d’«exterminer d’un coup» tous les Juifs déportés.] qui évoquaient la commission, à Auschwitz, d’un crime de masse à l’échelle industrielle. Selon ces rapports, 2000 détenus étaient tués chaque jour dans des chambres à gaz. Étant donné que le nombre signalé des Äbgange s’élevait environ à 2.000 détenus par mois et non par jour, les services de renseignement britanniques rejetèrent ces rapports en les considérant comme de la propagande de guerre. C’est ainsi que le 27 août 1943, Victor Cavendish-Bentinck, président du Comité mixte britannique sur le renseignement, écrivit que les rapports émanant des Polonais et des Juifs étaient en réalité dépourvus de tout fondement :

Les allégations relatives à des exécutions massives dans des chambres à gaz rappellent les histoires d’atrocités de la dernière guerre, lorsqu’on racontait que les Allemands transformaient les cadavres en graisse – un mensonge grotesque qui fut immédiatement démasqué comme de la pure propagande. (Bletchley Park PRO FO 371/34551 du 27 août 1943)

Le premier théoricien jamais autorisé à étudier les messages décodés de Bletchley Park fut Richard Breitman. Dans son livre Official Secrets. What the Nazis Planned. What the British and Americans Knew, publié en 1998, Breitman a formulé de graves accusations contre les Alliés. Ainsi que l’indique la traduction du titre de la version allemande de son livre : « Secrets d’État. Les crimes nazis tolérés par les Alliés » (Staatsgeheimnisse. Die Verbrechen des Nazis – von des Alliierten toleriert), il accuse les Britanniques et les Américains d’avoir tout su, dès le début, de l’Holocauste et d’avoir délibérément caché cette information. Il a notamment accusé Cavendish-Bentinck d’avoir discrédité « les renseignements fournis par les Polonais et les Juifs » (Richard Breitman, Secrets Officiels. Ce que les nazis planifiaient. Ce que les Britanniques et les Américains savaient, Tallandier, Paris, 2014, p. 140). Cette accusation est cependant totalement injustifiée. Pourquoi Cavendish-Bentinck aurait-il dû ajouter foi à des rapports sujets à caution, alors qu’il était en possession de messages radio absolument crédibles et provenant d’Auschwitz même ?

Le fait que Cavendish-Bentinck n’ait pas jugé crédibles les rapports émanant de sources polonaises et juives est d’autant plus compréhensible si l’on prend la peine de lire certains des documents cités par Breitman. Ainsi signale-t-il, par exemple, qu’un « émissaire de la Résistance polonaise qui avait réussi à rejoindre Londres » avait fait les déclarations suivantes sur le camp de concentration d’Auschwitz :

J’ai vécu à Oswiecim [Auschwitz] durant quelques semaines. […] Sur la base des informations que j’ai collectées et [recueillies] sur place, je peux assurer que les Allemands appliquaient les méthodes de mise à mort suivantes : a) chambres à gaz : les victimes étaient nues et introduites dans ces chambres où elles s’asphyxiaient ; b) chambres électriques : ces pièces avaient des murs en métal. Les victimes étaient conduites à l’intérieur et le courant électrique haut tension était alors branché ; c) le système dit Hammerluft. Il s’agit d’un coup de masse provoqué par l’air [sans doute une sorte de mise à mort par pression de l’air] […] (ibidem, p. 137-138)

Est-il vraiment si étonnant que Cavendish-Bentinck ait considéré de tels rapports comme sans valeur ? Bien sûr que non. Tout récit de ce type serait immédiatement tenu pour fantaisiste, même de nos jours.

Mais il y a mieux. Selon des informations fournies par « une Polonaise, nom de code Wanda », « 80 % des nouveaux arrivants [à Auschwitz] avaient été gazés » (ibid. p. 140-41. [L’original en anglais dit « 98 % », p. 120 de l’édition de 1998]). Auschwitz était un camp de travail forcé qui souffrait d’une grave pénurie de main-d’œuvre, comme le savaient très bien les fonctionnaires de Bletchley Park. Pourquoi Cavendish-Bentinck aurait-il accordé le moindre crédit à l’allégation selon laquelle 98 % [80% ?] de tous les détenus y étaient gazés sitôt après leur arrivée ?

Les services de renseignement britanniques avaient toutes les raisons de penser que les messages radio des SS, dûment décodés, constituaient la source la plus fiable sur ce qui se passait à Auschwitz. Compte tenu des données disponibles, on continua donc à estimer que les taux de mortalité s’élevaient approximativement à 2.000 par mois, et non par jour. Selon les chiffres avancés par les SS, il y eut exactement 52.996 Äbgange durant toute l’année 1942. Ce chiffre inhabituellement élevé est dû, comme nous l’avons indiqué plus haut, à la série d’épidémies de typhus qui éclatèrent à la fin de l’été 1942, ainsi qu’il est facile de le prouver. S’il y avait eu 2.000 morts par jour en 1942, le nombre des Äbgange se serait élevé à 730.000 au moins.

Les chiffres décodés à Bletchley Park ont de toute évidence embarrassé les historiens. Le nombre officiel des victimes d’Auschwitz s’élève, comme chacun sait, à un million. Mais comment fait-on pour arriver à un chiffre aussi élevé en s’appuyant sur les messages radio des SS décodés par les services de renseignement britanniques ?

S’efforçant de confirmer le chiffre officiel des victimes d’Auschwitz, Breitman prétend que le vrai nombre des victimes faisait l’objet de mesures de censure et de secret particulièrement strictes lorsqu’il était évoqué par radio :

Bien que protégée par Enigma, la SS s’inquiétait également de la confidentialité des communications. Les informations classées « top secret » n’étaient transmises que par courrier et non par radio (R. Breitman, op. cit. p. 132)

Cette affirmation n’est pas vraiment convaincante. Pourquoi les gazages massifs d’Auschwitz n’auraient-ils pas été mentionnés après encodage par Enigma, alors que les fusillades massives se déroulant sur le front de l’Est l’étaient ? Sans se préoccuper de savoir s’il s’agissait vraiment d’exécutions de masse à Riga, Minsk ou Kiev – curieusement, le livre de Breitman s’appuie constamment, dans ces cas-là, sur les rapports de Bletchley Park et l’auteur a l’air, de toute évidence, de les considérer comme fiables.

La machine Enigma (clique sur l’image)

S’il est notamment une chose qui démontre bien le caractère arbitraire de l’affirmation susmentionnée de Breitman, c’est le fait que les Allemands confiaient à Enigma des informations cruciales, voire décisives, sur leurs opérations militaires, comme la position de leurs sous-marins ou encore le calendrier exact des futures offensives aériennes allemandes.

Manifestement pas tout à fait convaincu par ses propres arguments, Breitman a recours, quelques pages plus loin, à une autre explication. Cette fois-ci, il écrit :

« Ces statistiques recouvraient uniquement le nombre de prisonniers enregistrés dans les camps d’Auschwitz. […] [Le total des morts] ne tenait pas compte des Juifs (ni des Tziganes, en nombre plus réduit) envoyés, dès leur arrivée, à la chambre à gaz. » (ibidem p. 135)

Sur quelle preuve repose cette hypothèse ? Comme Breitman l’a déjà signalé, « Himmler voulait savoir combien de prisonniers avaient peuplé chaque camp, une année après l’autre, et combien étaient morts » (ibid.). Mais si Himmler avait donné l’ordre à tous les camps de faire connaître le nombre de décès, pourquoi le commandant d’Auschwitz n’aurait-il pas communiqué ce nombre ? L’affirmation de Breitman semble n’être qu’une hypothèse de circonstance, simplement destinée à permettre à l’auteur de continuer de s’accrocher au chiffre officiel des victimes d’Auschwitz.

Une autre étude sur Bletchley Park et l’Holocauste a paru en 2004. Dans les Yad Vashem Studies, l’historien Nicholas Terry a publié un article intitulé « Conflicting Signals » (vol. 32, 2004, p. 351-396), où il prend la défense des services de renseignement britanniques contre les accusations de Breitman : selon lui, ces services n’ont en fait découvert aucune preuve évidente de l’extermination des Juifs dans les messages radio déchiffrés à Bletchley Park.

En premier lieu, Terry dissipe un malentendu imputable à Breitman. Il est vrai, c’est un fait, qu’un ordre a bien été donnée, le 13 septembre 1941, interdisant désormais de transmettre tout décompte des victimes par radio et demandant que ces statistiques ne soient à l’avenir plus communiquées que par courrier ; mais cet ordre ne concernait que les trois commandants supérieurs de la SS et de la Police (HSSPf) .

Le 24 août 1941, Winston Churchill avait commis l’erreur, dans une allocution radiodiffusée, de dénoncer les fusillades de masse perpétrées sur le front russe par l’Ordnungspolizei (police régulière du Reich) allemande. Les remarques de Churchill restaient bien sûr très vagues, mais elles éveillèrent les soupçons du chef de l’Ordnungspolizei, Kurt Daluege, qui en vint à penser que les Britanniques interceptaient les messages radio allemands. En conséquence de quoi, Daluege donna l’ordre aux chefs de l’Ordnungspolizei – ordre décodé par les Britanniques – de ne plus mentionner, pour le moment, le nombre de victimes à la radio. A la suite d’une suggestion du SS-Obergruppenführer Friedrich Jeckeln, les statistiques relatives aux victimes ne furent toutefois pas supprimées mais plutôt simplement camouflées, c’est-à-dire réunies dorénavant sous le titre de « Action en vertu des coutumes de la guerre ». (Ibidem p. 366)

Le point capital, c’est que l’ordre signé par Daluege était adressé aux HSSPf et non aux SS. Les services du commandant d’Auschwitz continuèrent donc à communiquer de façon régulière les chiffres de leurs Abgänge. Le 28 janvier 1943, Bletchley Park signalait même que le bureau d’Orianenburg avait donné l’ordre de fournir des statistiques détaillées et de communiquer le nombre exact des détenus décédés et des nouveaux arrivants. (BPSR ZIP/OS6 du 28 janvier 1942).

A l’instar de Richard Breitman, Nicholas Terry prétend lui aussi que les gens assassinés dès leur arrivée n’étaient pas inclus dans les listes d’Abgänge, cars ils n’étaient jamais enregistrés mais conduits directement vers les chambres à gaz. Cela est évidemment tout à fait plausible. Mais en l’absence de tout document ordonnant expressément de ne pas comptabiliser les détenus assassinés dès leur arrivée dans les chambres à gaz, l’affirmation demeure simplement une conjecture de circonstance.

Que cette hypothèse avancée pour les besoins de la cause ne soit qu’une affirmation tirée par les cheveux est clairement démontrée par quelques remarques simples. Comment le Reichsführer SS était-il supposé savoir de quelle façon évoluait la « solution finale de la question juive » si le commandant d’Auschwitz ne rendait pas régulièrement compte du sort de chaque convoi entrant ? Il va sans dire que Himmler devait être informé du nombre de détenus arrivant à Auschwitz, de ceux qui étaient transférés vers d’autres camps de concentration ou de ceux qui étaient tués dans les chambres à gaz. La direction de l’administration économique SS (SS-Wirtschaft-Verwaltungshauptamt) devait elle aussi insister pour recevoir des statistiques précises. Étant donné qu’elle était responsable de tous les camps de concentration, elle avait certainement besoin d’être informée, non seulement du nombre de détenus en bonne santé et aptes au travail, mais aussi des prisonniers non enregistrés et invalides, ne serait-ce que pour justifier des quantités de Zyklon B nécessaires aux chambres à gaz, ainsi que des quantités de coke nécessaires aux crématoires.

En somme, ce serait sous-estimer gravement la bureaucratie allemande que de supposer qu’elle ne tenait pas des comptes précis de toutes les opérations. A Auschwitz, pas une seule naissance, libération, punition, exécution, crémation ou pas un seul décès, épouillage en cas de maladie ne pouvait survenir sans faire l’objet d’un rapport du bureau du commandant du camp au Groupe de bureaux D [Amtsgruppe D] du SS-WVHA d’Orianenburg.

Pour finir, Jürgen Graf et Carlo Mattogno ont découvert aux archives de Moscou de nombreux documents qui illustrent non seulement l’étendue de l’emprise de la bureaucratie allemande, mais également l’invraisemblance de tout Holocauste. A titre d’exemple, je voudrais citer le rapport du Dr Horst Fischer au Dr Eduard Wirths. Dans une lettre en date du 13 avril 1943, le Dr Fischer, médecin du camp de Buna, écrivait au Dr Wirths, médecin de garnison, pour l’informer de l’arrivée au camp d’Auschwitz de 658 détenus. Sur ces 658 prisonniers, 109, après examen médical approfondi, avaient été déclarés inaptes au travail. Et sur ces 109 individus déclarés invalides, 25 avaient été envoyés vers l’un des quartiers de repos et de convalescence de Buna, 33 vers l’infirmerie des détenus de Buna, et 51 transférés vers l’hôpital des détenus d’Auschwitz  qui était mieux équipé.

En résumé, on peut considérer comme établi que les messages déchiffrés à Bletchley Park constituent indubitablement l’une des sources les plus fiables en ce qui concerne les événements survenus durant la Seconde Guerre mondiale. Ils fournissent des informations sur les opérations de l’armée de terre, de la marine et des forces aériennes allemandes. Ils donnent un aperçu de ce qui se passait sur les arrières du front russe et sur les conditions de vie dans les camps de concentration. Étant donné que les rapports en provenance d’Auschwitz ne renferment aucune information sur des tueries de masse, il n’y a qu’une réponse possible à donner à la question de savoir si les services de renseignement britanniques « étaient au courant de l’Holocauste », et cette réponse tient en un seul mot : « Non ! »

Compte tenu du fait que les messages d’Auschwitz ne renferment aucune mention de chambres à gaz ou de tueries de masse, la vraie question est la suivante : qu’y avait-il là-bas de particulier que l’on aurait dû savoir ? Ou, pour dire les choses autrement : y a-t-il vraiment eu un Holocauste ? En dépit de l’opinion générale selon laquelle il n’existe pas de fait historique qui ait été si minutieusement « prouvé », force est de constater, une fois de plus, que l’on n’a pas trouvé jusqu’à présent la moindre preuve matérielle ou documentaire qu’il y ait jamais eu des tueries de masse à l’aide de chambres à gaz. La seule chose qui existe, au mieux, ce sont des « témoignages oculaires » qui se contredisent mutuellement et des « aveux », aveux dont on peut facilement prouver qu’ils ont été obtenus sous la contrainte.

Les documents les plus sérieux sur Auschwitz – le Sterbebücher von Auschwitz, les Kommandanturbefehle von Auschwitz et les « messages radio, déchiffrés par les Alliés » (in Les Services Secrets et la Shoah. Actes du colloque tenu au Graduate Center de l’université de la ville de New York, Nouveau Monde ed., Paris, 2007) – ne contiennent pas la moindre référence à des tueries de masse à l’aide de gaz toxiques. Cela s’ajoute au fait que le nombre des victimes relevé par les services de renseignement britanniques correspond en grande partie au nombre de victimes porté sans les « registres mortuaires » d’Auschwitz.

Comme nous l’avons déjà dit, le camp de concentration d’Auschwitz fit état, pour l’année 1942, d’un total de 52.996 Abgänge. Selon les « registres mortuaires », il y aurait eu 36.958 décès à Auschwitz en 1942. Le fait que le nombre d’ Abgänge recouvrait, comme nous l’avons mentionné, non seulement les morts naturelles et les victimes d’exécution, mais aussi les détenus qui avaient été libérés ou transférés ailleurs. Il est donc parfaitement concevable que le nombre de 36.958 décès inscrit dans les registres mortuaires pour l’année 1942 soit tout à fait exact. La différence de 16.038 individus pourrait correspondre au nombre de détenus transférés vers d’autres camps ou remis en liberté. Dans l’attente de la découverte d’un document prouvant sans ambiguïté le gazage de milliers d’êtres humains à Auschwitz à l’aide de Zyklon B, nous sommes parfaitement en droit de mettre en doute la version officielle de l’ « Holocauste ».

15 Replies to “Que savaient les services secrets britanniques au sujet de l’Holocauste ?

  1. Merci Basile ! Cet article est un énorme pavé ( de la taille des terrasses de Baalbek ! ) dans la mare des mensonges youtres.
    Il la pulvérise et l’assèche à jamais !
    Voilà de quoi clore définitivement le bec des jobards qui refusent de prendre connaissance des travaux du professeur Faurisson et des autres démonstrations de l’inexistence de ce prétendu holocauste !
    Ou des autres documents qui prouvent que Hitler voulait chasser les juifs d’Allemagne mais en les exilant, pas en les transformant en savonnettes ou abat-jours ! Là, ce sont les données recueillies par les Britanniques eux-mêmes. Nul ne peut donc les contester en affirmant que ceux qui les ont archivées et publiées étaient des sympathisants du nazisme ou du fascisme : ces mecs faisaient partie de la machine de guerre anglo-saxonne lancée contre le Troisième Reich et ils en étaient l’un des fers de lances. Autant accuser Churchill de rouler pour Tonton !

  2. A ceci près que si Churchill a commis la grosse boulette de denoncers les fusillades sur le front de l’est il est possible que les allemands aient communiqué les statistiques spécifiques aux juifs, ceux des ghettos notamment, par courrier
    l’extermination de civils était un crime de guerre et il valait mieux etre discrtet a ts niveaux
    Entre eux Ils les appelaient des stucks
    c’est une hypothèse c’est tout, bien sûr

    1. C’est à croire que vous n’avez pas lu l’article, ou alors en diagonale.
      Si les Allemands communiquaient sur leurs plans d’attaque grâce à Enigma, c’est qu’ils avaient une confiance absolue dans ce système de cryptage. Dès lors, pourquoi auraient-ils communiqué par courrier sur cette prétendue extermination des juifs ? Dont il a été démontré qu’elle n’a jamais existé. Là encore, j’ose espérer que vous êtes au courant…
      En plus, quand on commet un crime de guerre, on n’envoie pas un rapport écrit !

  3. Merci Basile ! Cet article montre en youtre que les Britanniques ont été complices du mensonge rapporté par les Soviétiques à Nuremberg. Les chambres à Gaz sont, de toutes les méthodes invraisemblables qu’a brillamment dénoncés Carlos Whitlock Porter, le seul qui ait été retenu, on ne sait trop pourquoi… Ou plutôt si, sans doute parce que c’était, semblait-il celui dont la fausseté serait le plus difficile à prouver. L’adresse du site de Carlos :
    https://www.cwporter.com/

    Les British avaient tous loisirs de contrer la propagande rouge et n’en ont rien fait. Les archives étaient aux mains des Rouges, de l’autre côté du rideau de fer, très commode pour en rajouter à l’envi comme l’ont si bien fait des Elie Wiesel ou Martin gray et consorts ! Comme, d’ailleurs, ont été tenues secrètes les tueries contre les Allemands après la guerre ainsi que les saloperies commises par les Soviétiques (Lire Tempête infernale de thomas Goodrich) La mort clinique du mythe holocaustique justifie la sévérité de la répression implacable pour le faire tenir vaille que vaille et obtenir la soumission intégrale et sans réserve des goyim soumis.

    NB : pour s’abonner à la revue Tabou de l’excellent éditeur Jean Plantin :
    Akribeia 45/3 route de Vourles 69230 Saint Genis Laval.

      1. Le révisionnisme n’est qu’une facette du combat .
        Ce cher Reynouard donne des cours particuliers à domicile aux petits youtres . Ces petits rats seront nos ennemis de demain !
        Pour ma part c’est une faute impardonnable . J’en ai rien a cirer qu’il soit révisionniste . Je n’ai pas attendu Reynouard pour comprendre la supercherie des chambres a gaz .

          1. Je cherche la vidéo mais je ne la retrouve pas . En gros , il se vante de donner des cours à domicile a des petits youtres , photos a l’appui . Des youtres qui habitent en Angleterre , je précise . Je crois que c’est le français qu’il enseigne .
            Je poste le lien dès que je trouve .

            1. Je suis ignorant au sujet de cette vidéo.
              Reynouard donnait des cours avec Acadomia, pour des Français en France, mais s’est vite fait renvoyer.

              Si quelqu’un en sait plus, qu’il n’hésite pas.

              1. Je suis un têtu . Je vais y passer toute la fin de journée et jusqu’à demain matin si nécessaire . je vais la retrouver cette putain de vidéo ! ! J’avais vu ça sur DP c’était un camarade qui avait mis le lien . Youtube a fait le manage entre temps Bitchute pareil mais Il doit bien avoir une base de donnée quelque part le concernant . A demain camarade ! mdrr

                1. VR donne des cours particulier de math à des juifs « français » vivants à Londres.

                  Il y a cette vidéo sur la blog de VR :
                  https://blogue-sc.com/2018/11/quand-un-eleve-juif-me-montre-ses-bonbons-kascher
                  Il y dit qu’il aime ses élèves juifs. C’est pas une surprise il répète souvent qu’il n’a pas de haine, ni envers les juifs, ni envers personne.
                  Je ne suis pas aussi « zen » que lui. Je devrai peut être essayer le yoga.

                  Mais il est vrai qu’il y en avait une autre datant du début de l’hiver où il avait filmé en cachette l’un de ses élèves israélite en train de lui expliquer le fonctionnement d’une de ses escroqueries sur internet. Il créait un site servant d’intermédiaire entre des fabricants chinois et le client final ce qui lui permet de revendre 10 ou 20 fois plus cher ces produits que sont coût réel. Les produits ne passent même pas par lui mais le chinois expédie directement au client final. Du coup il n’y a aucun SAV ou retour possible. Il annonce des remises exceptionnelles bidons ou des réductions sur les prochains achats, bidons aussi.
                  Même sur le blog cette vidéo est introuvable.

                2. Earl Turner 31 : C’est celle la . Merci camarade tu me sauve la vie ou du moins tu m’évite de passer pour un con (enfin si un peu quand même ) . il est 20:26 et je n’ai toujours pas trouvé . LLOOL .

                  Il n’y a pas a être « zen » . La haine qui est l’accumulation des colères exacerbées est un sentiment plus qu’humain . Ceux qui disent je hais personne , j’aime tout le monde , ce sont des escrocs ou des fiottes ! Aujourd’hui la saine haine c’est un devoir pour tout Aryen qui se respect.

                  Laisse moi 2 minutes dans une pièce avec ces petits youtres et je briserai leurs nuques comme je brise une baguette de pain !

                3. C’est le côté très accentué du christianisme qui ressort.
                  Pauvre religion de merde.

                  VR dis des choses justes, mais il est totalement aveuglé par cette religion sémitique.

                  Merci à nos deux camarades de nous avoir retrouvé l’info sur les cours donnés aux juifs !

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