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Tensions entre l’Est et l’Ouest (1ère partie)

Article publié par : Procope.

J’aimerais revenir d’une façon plus détaillée sur la question des tensions entre la Russie, d’une part, et les États-Unis et leurs alliés, sujet sur lequel j’avais déjà consacré un article il y a quelques semaines, mais qui me semble de première importance.

Les étapes de la dégradation des relations

Au début des années 1990, après la chute de l’URSS, la Russie semblait être entrée sur la voie d’un déclin quasiment inéluctable. Le pays était non seulement plongé dans une gigantesque crise économique, avec une inflation dépassant les 2 000% par an, mais il était agité par divers mouvements sécessionnistes ou autonomistes, dans le Caucase bien sûr, mais aussi au Tatarstan, en Carélie ou dans certains territoires de l’immense Sibérie.

La situation était telle que certains experts du Département d’État tablaient sur une implosion pure et simple de la Russie. Et il semble bien qu’en sous-main le gouvernement Clinton soutenait ces forces centrifuges, en particulier en Tchétchénie. (((Madeleine Allbright))), secrétaire au Département d’État durant la deuxième présidence Clinton, souhaitait ainsi ouvertement le démembrement de la Russie.
L’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 1999 a mis fin à cette longue période de chaos.

La criminalité qui déjà durant la dernière décennie soviétique avait pris une ampleur considérable a été jugulée. Les oligarques qui s’étaient emparés des richesses du pays au début des années 1990, ont eu le choix entre rallier le nouveau chef d’État ou être liquidés. L’économie, après plus de vingt ans de dépression, a connu une réelle reprise, alors que le président russe usait habilement de la politique de la carotte et du bâton pour mettre fin aux divers mouvements sécessionnistes qui détruisaient la Russie de l’intérieur. Il choisit habilement de s’appuyer sur certaines élites locales pour éliminer impitoyablement les indépendantistes les plus décidés.

Au départ les relations de Poutine avec le bloc occidental furent dans l’ensemble correctes. L’affaiblissement de la Russie était néanmoins tel, après la période Gorbatchev, suivi du chaos de l’époque d’Eltsine, qu’elle semblait plus ou moins hors-jeu pour un long moment.

Le premier signe d’une dégradation entre le bloc occidental et la Russie apparut en 2005-2006 à l’occasion du conflit gazier entre la Russie et l’Ukraine. Sans rentrer dans les détails, la Russie qui jusqu’alors accordait un tarif préférentiel à l’Ukraine annonça sa volonté de mettre fin à cette situation, d’autant plus que Kiev prélevait au passage une partie du gaz à destination de l’Europe, pour le revendre avec un important bénéfice. Faute d’un accord, le 1er janvier 2006, Moscou coupa le gaz à l’Ukraine, ce qui déclencha une véritable panique en Europe centrale et balkanique, suite à la forte diminution du débit des gazoducs. Les pays de l’OTAN protestèrent avec véhémence à Moscou.

Le blocage ne dura en définitive que trois jours, mais la méfiance était désormais de mise entre les deux parties. Depuis cette date, presque chaque année des problèmes devaient surgir avec l’approvisionnement en gaz de l’Ukraine et, par ricochet, du reste de l’Europe, qui prenait tout à coup conscience de sa dépendance par rapport aux hydrocarbures russes… C’est une des raisons pour lesquelles la RFA demeure toujours en retrait dès qu’il s’agit de prendre des mesures contre Moscou. Depuis cette date, le gouvernement russe joue régulièrement la carte du chantage aux fournitures de gaz pour faire plier les Européens.

La deuxième étape de cette détérioration fut la crise d’Ossétie et d’Abkhazie. Ces deux provinces avaient fait sécession de la Géorgie en 1991-1992, avec le soutien de la Russie. Après des affrontements de basse intensité, une sorte de modus vivendi fut trouvée : les deux régions séparatistes restaient théoriquement sous la souveraineté géorgienne mais obtenaient dans les faits une autonomie complète garantie par des troupes d’interposition russes. Cette trêve cessa brusquement après 2004, lorsque Mikheïl Saakachvili arriva au pouvoir en Géorgie à la suite d’une « révolution » orchestrée par la CIA. Le nouveau dirigeant géorgien affirma aussitôt son intention de rejoindre l’Union « européenne » et l’OTAN, de même que sa volonté de reconquérir les deux provinces sécessionnistes.

L’armée rééquipée de matériel américain fut entraînée par des officiers de l’OTAN alors que son budget était multiplié par deux ou trois. De leur côté, les Russes massèrent plusieurs divisions aux frontières de l’Abkhazie et de l’Ossétie, tout en aménageant des routes stratégiques.

De violents incidents eurent lieu dès août 2004 entre l’armée géorgienne et des groupes paramilitaires ossètes et abkhazes, armés et formés par la Russie. Moscou réagit à cette situation en délivrant des passeports russes aux habitants d’Abkhazie et d’Ossétie qui en faisaient la demande. Jusqu’en août 2008, les combats restèrent limités à des accrochages sporadiques. À cette date Saakachvili, après avoir probablement reçu le feu vert de Washington, tenta de reprendre l’Ossétie ; La guerre s’étendit rapidement aussi à l’Abkhazie. Au bout de cinq jours de combat, vaincue sur tous les fronts et menacée d’invasion, la Géorgie dut quémander, la queue entre les pattes, un cessez-le-feu, alors que Moscou reconnaissait unilatéralement l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie.

Cette crise géorgienne fut considérée par beaucoup comme le point de départ d’une nouvelle guerre froide. Elle montrait surtout que l’armée russe, que certains « experts » américains présentaient comme une cohue de soldats sous-entraînés, mal équipés, mal commandés et totalement démoralisés, conservait toutes ses capacités opérationnelles.

La crise ukrainienne et ses suites

Cependant le véritable point d’inflexion demeure la crise ukrainienne de 2013-2014. Tous ceux qui s’intéressent quelque peu à l’Europe post-communiste ont toujours pressenti que c’est d’Ukraine que viendrait la crise la plus sérieuse. Ce territoire qui couvre une surface légèrement plus importante que la France, mais avec une population plus faible, est un pays éminemment complexe.

La partie ouest n’a été incorporée à l’Union soviétique (et au monde russe) qu’en 1939, quand Staline et Hitler se sont partagés la Pologne. Lvov (Lemberg en Allemand, Lviv en ukrainien), la métropole d’Ukraine de l’ouest, apparaît comme une ville typique de l’Europe centrale, avec ses églises baroques et ses immeubles en style Art nouveau. Quant à la Crimée, dont 60 % de la population est Russe et dont le chef lieu, Sébastopol, tient dans la mémoire russe un rôle équivalent à celui de Verdun pour nous, elle n’est devenue une province ukrainienne qu’en 1954, suite à un caprice de Nikita Khrouchtchev.

L’ouest est majoritairement catholique, l’est est majoritairement orthodoxe. L’ouest parle ukrainien, une langue plus proche du polonais ou du slovaque que du russe ; l’est parle essentiellement russe. On compte aussi diverses minorités ethniques : Tatares en Crimée, Grecs dans la région d’Odessa, Cosaques dans l’est, dans les provinces de Kharkov et Poltava, Hongrois dans les Carpates. Le maintien de l’intégrité du pays suppose qu’un subtil équilibre entre ses deux composantes soit maintenu. Si l’une l’emporte ouvertement sur l’autre, guerre civile et sécession deviennent inéluctables.

Il est enfin à noter que la juiverie continue à peser d’un poids considérable dans cette région, même si les youpins ont émigré vers l’entité sioniste (ou les États-Unis et l’Union « européenne »), par dizaines de milliers durant les années 1990. On cite, par exemple, le chiffre de 250 000 youtres ukrainiens partis pour Israël au cours de la seule décennie 1990-2000.

Parmi eux, l’actuel ministre des Affaires étrangères de l’entité sioniste, Avigdor Liberman, l’homme qui aimerait noyer tous les Palestiniens dans la Mer morte… Une simple remarque : il est quand même curieux de constater qu’il demeure tant de youpins en Ukraine (autour de 500 000 officiellement, mais j’ai entendu des chiffres encore plus élevés), puisque leurs grands-parents sont tous censés avoir été tués pendant la « Shoah par balles »… Mais nous entrons là dans les mystères insondables de la religion de l’Holocauste. Dans la crise actuelle, les juifs ukrainiens se sont en général alliés aux nationalistes ukrainiens (qu’on présente pourtant comme des antisémites fanatiques).

[Il ne faut bien évidemment pas confondre les nationalistes ukrainiens et les nationalistes du bataillon AZOV. Les nationalistes du groupe paramilitaires veulent se retourner contre les autorités de Kiev (soutenues par l’Ouest) car ils ont trahi la révolution du Maïdan.]

À l’heure actuelle, aussi bien le Président (((Petro Porochenko))), que le Premier ministre, (((Arseni Iatseniouk))), ukrainiens appartiennent d’ailleurs au soi-disant « peuple élu ». À travers toute l’Ukraine, on restaure ou on bâtit de nouvelles synagogues et dans la ville de Dnipro, on vient d’achever la construction du plus grand « complexe multifonctionnel juif » du Monde, un bâtiment aussi gigantesque que laid qui permet d’affirmer la supériorité de la (((communauté))).

Mais il existe aussi des exceptions : la grande communauté juive de Crimée a rejoint le camp des séparatistes. Quant à la très influente communauté juive en Russie, elle a affirmé un soutien unanime à Poutine. Pour le grand rabbin de Russie, un certain (((Lazare))), le Président russe, en intervenant en Ukraine, s’est affirmé comme le protecteur de la juiverie menacée par les méchants fascistes de Svoboda et Pravy Sektor, les deux principaux partis nationalistes ukrainiens en 2013-2014, qui rêveraient de commettre une nouvelle Shoah (décidément, on y revient toujours).

Soldats-Ukrainiens-Gros-Plan-Tatouage-Aigle-Nazi-Ukraine

Je ne vais pas revenir sur les événements qui ont conduit à la crise de 2013-2014. Disons simplement que la « révolution » orchestrée par la CIA, avec l’aide des services spéciaux de l’entité sioniste (ceux-ci prétendent avoir « seulement » offert un appui technique à leurs alliés américains), a conduit à une rupture de l’équilibre qui existait tant bien que mal. Les États-Unis portent une lourde responsabilité dans cette affaire, car ils ont véritablement joué avec le feu. La riposte de Poutine a bien sûr été foudroyante.

Si la Crimée a fait sécession et a rejoint la Fédération de Russie, la tentative de détacher toutes les provinces russophones de l’est et du sud de l’Ukraine a largement échoué, en particulier à Kharkov et à Odessa, où les tentatives séparatistes ont été écrasées dans le sang par des groupes paramilitaires ukrainiens. Il convient à ce sujet de relever que la grande majorité des russophones d’Ukraine ne se sent pas du tout russe et ne veut pas d’un rattachement à la Russie.

En définitive, seuls deux provinces, celles de Donetsk et de Lougansk, ont partiellement fait sécession, avec l’appui de « volontaires » venant de Russie. Poutine a dans l’ensemble plutôt choisi la prudence. Seule la Crimée importe véritablement pour lui. J’aurais tendance à penser qu’il soutient les séparatistes russophones de l’est de l’Ukraine comme la corde soutient le pendu. Il se contente de leur fournit un minimum d’aide pour éviter leur effondrement. Il en a aussi profité pour se débarrasser de toute une masse de braillards, qui pouvaient le gêner, en les envoyant combattre en Ukraine. Les enclaves de Donetsk et de Lougansk ne sont pour lui qu’une monnaie d’échange.

Toujours est-il que l’est de l’Ukraine est devenu un véritable abcès. En dépit d’un cessez-le-feu signé le 5 septembre 2014, les escarmouches n’ont jamais véritablement cessé. Poutine ne veut manifestement ni d’un écrasement des séparatistes ni de leur victoire complète. C’est pourquoi les combats s’enlisent, aucun camp ne réussissant à remporter un succès définitif. Plus que des troupes régulières, d’un côté comme de l’autre, les affrontements opposent surtout des milices et des groupes paramilitaires, aussi mal équipés que commandés.

Dans les deux camps, on croise une poignée de volontaires français qui, à mon avis, ont choisi de risquer leur vie pour une cause totalement étrangère à notre destin.

Chez les Occidentaux, cette crise ukrainienne a réveillé les souvenirs de la Guerre froide. Dans les pays d’Europe centrale, et encore davantage dans les pays baltes, la peur de la Russie a été réactivée. Dès l’intervention de Poutine en Crimée, toute une série de sanctions a été prise contre la Russie. Sanctions qui, en définitive, se sont montrés totalement inefficaces. On se souvient de l’annulation de la vente des porte-hélicoptères de la classe « Mistral » par Hollande, qui a probablement coûté plusieurs centaines millions d’euros au Trésor français.

Dans cette toute affaire, les Occidentaux ont multiplié les maladresses et ont fait preuve d’une inconséquence totale. Un diplomate m’a affirmé ainsi récemment que Poutine était disposé à lâcher les séparatistes de l’est de l’Ukraine contre la reconnaissance officielle du rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie et la neutralisation de l’Ukraine. Au lieu d’accepter cette offre raisonnable, les Occidentaux ont choisi l’escalade et l’affrontement. L’aveuglement de nos dirigeants apparaît inexcusable en tout point.

Il faut enfin relever le rôle plus que trouble de l’entité sioniste, et de la juiverie d’une manière générale. Cette engeance maudite joue sur les deux tableaux et jette systématiquement de l’huile sur le feu. La stratégie de Vladimir Poutine a aussi de quoi dérouter. Allié des plus grands ennemis d’Israël (la Syrie et l’Iran), il entretient dans le même temps, des relations très suivies et particulièrement cordiales avec Benjamin Netanyahou.

Désormais acteur incontournable au Proche-Orient, il a récemment déclaré au Premier ministre israélien qu’il comprenait ses positions. Le président russe se présente aussi régulièrement comme le défenseur de la communauté juive russe. Une communauté qu’il souhaite florissante… et qui compte plusieurs conseillers dans son entourage directe. Je vous recommande à ce sujet un article très intéressant du site on ne peut plus casher « torah-box ». Comprenne qui pourra…

À suivre…

0 Replies to “Tensions entre l’Est et l’Ouest (1ère partie)

  1. Salut á tous nos camarades français, et á Nico et Procope.
    D’abord, desolé d’avance s’il y’a quelques erreurs dans ma langue ècrite. Je suis un ‘rosbif’ qui a lu cet blog depuis quelques temps.
    Merci beaucoup pour cet article tres informatique. Bref, je voulais vous demander si je pourrais le traduire (et peut-être des autres) en anglais pour notre blog britannique, Morgoth’s Review (http://nwioqeqkdf.blogspot.co.uk)? Je crois que notre communauté l’apprécierait beaucoup. Bien sûr, je vous y donnerai plein credit, et un lien á ce site pour nos francophones (s’il y’en a!).
    Merci et bonne chance et courage á vous tous,
    RWJ

    1. Pas de soucis pour la traduction de l’article !
      Il est bien sur possible de traduire nos articles si cela peut permettre de diffuser nos idées dans le monde anglophone. Je demande juste de citer notre site et l’auteur de l’article en question.
      Je ne sais pas si j’aurais le temps mais il serait peut être intéressant que je traduise, de mon côté, en Français certains de vos articles. Merci de votre intervention, prévenez moi quand ce sera fait.

  2. Article très intéressant. Poutine est un sioniste, n’en déplaise aux pro-palos débiles qui croient dur comme fer à RT et Sputnik. Pour moi, le scénario du gentil occident face à la méchante Russie n’est que de la comédie pour nous faire tomber dans l’opposition contrôlée. Car (((ils))) savent que les versions officielles sont de plus en plus remises en cause. Et je me répète mais les séparatistes russes sont communistes donc ils doivent tous mourir. L’Ukraine doit rester unifiée et souveraine.

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