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Pas de gouvernement stable en vue pour la Grèce

Rappel rapide du contexte : lors des élections de janvier 2015, le parti d’extrême gauche SYRIZA avait remporté quasiment la moitié des sièges de l’assemblée, sur la promesse de cesser la destruction sociale du pays. Il a formé un gouvernement avec l’aide des quelques sièges du parti ANEL, dit d’extrême droite.

Il a bien entendu, comme on aurait pu l’attendre d’un parti gauchiste, trahi les espérances de ses électeurs, en cédant face aux créanciers. Le point d’orgue aura été la convocation du référendum sur un accord, qui y sera rejeté par le peuple grec, pour ensuite accepter des conditions plus humiliantes encore.

Une partie des députés de SYRIZA ont alors fait sécession. Puisqu’aucune majorité n’a pu être ensuite formée, de nouvelles élections ont été convoquées pour le 20 septembre.
L’article de Jeune Nation :


À quatre jours des élections législatives en Grèce, le scénario déjà connu lors des derniers scrutins d’une assemblée ingouvernable semble devoir se répéter. Selon les derniers sondages, la Coalition de la gauche radicale (SYRIZA, Synaspismós Rhizospastikís Aristerás) et le parti libéral Nouvelle Démocratie (ND, Néa Dimokratía) sont au coude à coude, avec un dernier avantage pour ce dernier dans une enquête réalisée après un débat télévisé entre les chefs des deux partis lundi.

Les deux partis sont donnés aux alentours de 30 % (non compris les nombreux abstentionnistes et indécis) : aucun des deux n’obtiendrait donc la majorité absolue.

L’Aube dorée, 3ème parti de Grèce

L’Aube dorée (XA, Χρυσή Αυγή) est donnée comme le troisième parti de Grèce avec entre 7 % et 8 % selon les dernières estimations, à égalité avec le Mouvement socialiste panhellénique (PASOK, Panellínio Sosialistikó Kínima) selon l’une d’elles. Le parti social-démocrate obtient généralement entre 1 et 2 points de moins que l’Aube dorée, estimé entre 5 et 7%.

La Rivière (to Potami) est donné entre 5 % et 6 %, le Parti communiste de Grèce (KKE, Kommounistiko Komma Elladas) entre 5 et 7,5 %.

L’Unité populaire (LAE, Laiki Enótita), créée par des dissidents de SYRIZA ne semble pas en mesure de créer la surprise, et pourrait, avec des sondages ne lui accordant qu’entre 2,5 % et 4 % des voix, ne pas être représentée au Parlement. L’Union des centristes (EK, Enosi Kentroon) obtiendrait entre 3 % et 4,5 %.

L’extrême droite libérale et prosioniste « dédiabolisée » soutenue par le Front national, les Grecs indépendants (ANEL, Anexartitoi Ellines), s’effondre, payant logiquement sa participation au gouvernement d’Alexis Tsipras, qui a non seulement cédé devant les banquiers, mais encore ouvert les vannes de l’invasion.

La prime (inutile ?) au vainqueur

Arriver en tête, même de quelques voix, n’est pas anodin dans le système électoral grec. Si 250 des 300 députés sont élus à la proportionnelle parmi les partis ayant obtenus plus de 3 %, cinquante autres sont accordés au parti ayant recueilli le plus de suffrages.

En pratique, cela permet à un parti ayant obtenu plus de 40,4 % des voix d’obtenir la majorité absolue. En deçà de ce seuil, cela permet d’obtenir une confortable avance.

Ici, si deux partis obtenaient 31,6 %, celui, obtenant même quelques centaines de voix d’avance, qui arriverait en tête obtiendrait environ 131 députés, contre environ 80 au second. Pour autant, faute de majorité absolue, il n’est pas certain que cette « prime » permette à l’un des deux grands partis de former un gouvernement.

Dans tous les cas, c’est une fois encore un gouvernement sans majorité qui devrait être constitué, fondé sur une coalition instable, si un gouvernement de coalition peut-être constitué. La coalition sortante extrême gauche/extrême droite ne semble pas en mesure de pouvoir être reconduite.
Le dirigeant de SYRIZA Alexis Tsipras a annoncé qu’il refuserait de participer à un gouvernement dirigé par la ND. Les centristes de La Rivière ne veulent pas travailler avec SYRIZA, tout comme le KKE.

Et pendant que l’instabilité démocratique mine le pays et donne un spectacle déplorable au monde, divisant la population et affaiblissant le pays face à l’étranger et aux fonds rapaces, les Grecs étouffent sous l’invasion.


La première réflexion qui me vient est que les prévisions des sondages tant pour Aube Dorée que pour LAE sont étonnamment bas, et des manipulations ne me surprendraient guère.

Que près d’un tiers des grecs soit prêt à remettre Tsipras aux commandes après sa double-trahison tant sur la question de la dette que sur les moyens déployés pour aider les envahisseurs, et qu’un autre tiers des grecs soit prêt à remettre ND, parti ultra-corrompu, au pouvoir ; est difficile à avaler.

Si les résultats des élections confirmaient les sondages, et la prime au vainqueur pouvant pousser certains à un « vote utile » inutile, on pourrait dire que le peuple grec mérite son terrible sort…

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