Hélène Blanc : Le Nuremberg du communisme, Le procès interdit (Russie 1917-2017), publié aux éditions Bleu et Jaune

Article publié par : Procope.

Spécialiste de la Russie et de l’Ukraine, la politologue Hélène Blanc, qui publia plusieurs ouvrages passionnants sur l’époque de Gorbachev et d’Eltsine, consacre son dernier livre à un épisode méconnu  : la tentative d’organiser, en Russie, au début des années 1990, un procès du communisme destiné à montrer les dérives de cette idéologie mortifère. Une tentative qui a vite tourné court.

Ce sujet ne manque pas d’intérêt à l’heure où en France les idées communistes, qu’on aurait pu croire définitivement renvoyées aux poubelles de l’Histoire, connaissent un étonnant regain de popularité comme le montre le succès des Insoumis du sinistre métèque Mélenchon. D’une façon générale, la plus grande amnésie continue à régner sur les innombrables crimes commis par le bolchevisme. Amnésie qui contraste fortement avec l’hypermnésie qui entoure tous les méfaits réels ou supposés du national-socialisme ou du fascisme.

Dans les années 1990-1995, après la chute de l’URSS, s’est déroulé un débat international sur le bien-fondé d’organiser un procès du communisme soviétique, l’idée étant de s’appuyer sur le « modèle » de Nuremberg. Pour moi, il évident que s’inspirer de Nuremberg constituait en soi une grave erreur, car les procès d’après-guerre représentent à coup sûr tout ce qu’il ne fallait pas faire. À titre personnel, je doute fort qu’un procès, de quelque façon que ce soit, puisse faire avancer la cause de l’Histoire. Car un procès par nature, c’est du spectacle et de l’émotionnel.

Pourtant, cet épisode historique avorté mérite d’être étudié. Ce projet de procès avait été lancé par célèbre dissident Vladimir Boukovski qu’Hélène Blanc a personnellement connu. Au début des années 1990 beaucoup d’intellectuels russes, et pas seulement issus des cercles dissidents, étaient favorables à un tel procès afin d’exorciser, une fois pour toutes, les démons totalitaires, de « décommuniser » et de « dé-KGBiser » le pays non pas en paroles, mais en actes.

En 1991, Boris Eltsine, devenu l’homme fort de la Russie, avait interdit le PCUS (Parti communiste de l’Union soviétique) au lendemain du putsch manqué de Moscou. Un acte fort que Gorbachev n’aurait évidemment jamais osé accomplir, dans la mesure où il était le Secrétaire général du Parti au même temps que le président de l’URSS. Le patron du Parti ne pouvait pas commettre un « particide » ! Le procès voulu par Boukovski et ses amis devait non pas juger des coupables, mais démonter un système, révéler les dérives d’une idéologie. Et surtout dévoiler les terribles crimes commis par le KGB – bras armé du régime – contre les peuples des quinze républiques de l’URSS. Sans compter les pays appartenant au Bloc soviétique.

Finalement, le procès n’eut pas lieu pour plusieurs raisons. Au début, Eltsine et son équipe avaient accepté l’idée. Boukovski se lança dans un véritable parcours du combattant pour arriver à concrétiser son grand rêve. Mais, en définitive, il échoua sur toute la ligne. En Russie, les anciennes élites dirigeantes, qui continuaient à contrôler de vastes pans du pouvoir, ne voulaient, bien sûr, pas entendre parler d’un tel déballage de leur linge sale. À l’étranger non plus, ce projet ne rencontra qu’un écho limité. Si l’on excepte le formidable « Livre noir du communisme » de S. Courtois, il n’y eut guère en Occident de volonté de dénoncer les méfaits du communisme, en dehors des milieux nationalistes.

Hélène Blanc n’en parle bien sûr pas dans son livre, mais on peut aussi dénoncer l’action de la juiverie qui mit tout son poids dans la balance pour que l’oubli enveloppât les crimes bolchéviks. En parler eût nécessairement montré le rôle capital des juifs dans l’appareil de répression soviétique, en tout cas jusqu’à la fin des années 1930, la période de loin la plus meurtrière du régime.

Il est certain aussi que les youpins n’admettent pas que d’autres victimes viennent concurrencer leur monopole de la souffrance. On le voit bien aujourd’hui : lorsqu’une vieille juive est assassinée, d’une manière d’ailleurs ignoble, par une saloperie de bougnoule, on a le droit à tout un branle-bas de combat, tous les corps constitués se mobilisant pour porter le deuil, tandis que les médias accordent une couverture disproportionnée à l’événement. Quand un goy est massacré dans des conditions similaires, c’est à peine si on en parle dans la rubrique des chiens écrasés.

Finalement, Boukovski dut se contenter de publier un livre « Le Jugement à Moscou ». Un ouvrage passionnant que j’ai dans ma bibliothèque et qui se présente comme un recueil de documents. Boukovski, ayant profité de la courte période durant laquelle toutes les archives soviétiques furent ouvertes au public, réussit à numériser quelque 7 000 documents top secret provenant des fonds du KGB et du Parti communiste. Chaque page de ce livre illustre à quel point le bolchevisme fut une perversion de l’esprit.
L’ouvrage d’Hélène Blanc mérite d’être lu ou au moins parcouru. Il souffre malheureusement de ses a priori systématiques contre Poutine.

Comme je l’ai déjà écrit plusieurs fois sur Blanche Europe, il convient ni de diaboliser ni d’idéaliser le président russe. Certes Poutine vient du KGB, qui est certainement tout sauf une organisation de bienfaisance, mais dire que la Russie d’aujourd’hui est un « régime national-tchékiste » relève manifestement de l’exagération.

2 comments

  1. oui; c est bien evident que la juiverie ne voulait pas d un proces du communisme, confer l acceuil glacial des medias en France au livre de Courtois sur les crimes du communisme, cela aurait montre le nombre incroable de juifs parmi les criminels d e l appareil de repression en urss entre autres

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